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« Au Mali, on ne met pas en œuvre les vraies politiques de développement, mais les directives des institutions de financement parce qu’on veut l’argent ». Cette déclaration qui explique en grande partie notre sous développement, a été faite, le 31 octobre 2009, au centre Awa Keita, par Bakary Coulibaly, Président de la coordination des organisations paysannes du Mali (CNOP), lors de la conférence de presse qui a clôturé l’atelier préparatoire de la participation de la société civile malienne au sommet mondial de l’alimentation qui se tiendra du 16 au 18 novembre 2009 à Rome.
Le Sommet mondial de l’alimentation aura lieu du 16 au 18 novembre 2009 à Rome. La société civile malienne, à l’instar de celle des autres pays du monde, compte se faire entendre lors de ce forum. Elle l’a matérialisé par l’organisation d’un atelier préparatoire sur le sommet qui s’est soldé, le 31 octobre 2009, au centre Awa Keita, par la production d’une déclaration qu’elle compte remettre aux autorités maliennes. Face à la situation généralisée de la crise alimentaire dans le monde, la FAO a décidé d’organiser, du 16 au 18 novembre 2009, à Rome, un sommet mondial sur la sécurité alimentaire. A travers ce sommet, la FAO compte inscrire le défi de l’insécurité alimentaire dans le haut de l’agenda international.
Selon Bakary Coulibaly, Président de la coordination des organisations paysannes du Mali (CNOP), dès l’annonce du sommet, les mouvements sociaux, ONG et autres organisations de la société civile ont commencé à dialoguer avec la FAO pour organiser un forum parallèle de la société civile comprenant les agriculteurs, les populations autochtones, les jeunes ruraux, les femmes et autres organisations sociales. « Le forum des organisations de la société civile du Mali, dont la CNOP est membre a décidé de faire entendre la voix et la position de la société civile du Mali sur les questions de l’agriculture et l’alimentation au sommet de Rome », a-t-il déclaré. Avant d’ajouter que l’atelier a été organisé pour préparer une déclaration commune sur la position de la société civile du Mali sur la question de l’alimentation en prélude au sommet de Rome.
Pour la circonstance, Bakary Coulibaly, Président de la CNOP, tête de file de la thématique développement rural au niveau du forum des organisations de la société civile du Mali, était accompagné par Hamidou Diarra, Président du forum des organisations de la société civile malienne, Bakary Doumbia de la Fecong et Mamadou Lamine Coulibaly, secrétaire général de la CNOP. Malgré les résultats mitigés de l’Initiative riz du gouvernement, Bakary Coulibaly de la CNOP l’a salué. « L’initiative riz est un courage politique. C’était pour la première fois, dans l’histoire du Mali que l’Etat a accepté de subventionner les intrants agricoles comme l’engrais et les semences », a-t-il déclaré. Avant d’inviter l’Etat à continuer dans cette lancée qui est une pratique répandue dans le monde occidental. Il le dit parce qu’il est convaincu que les problèmes de l’alimentation dans le monde ne relèvent pas des questions techniques, mais plutôt du manque de volonté politique.
« A Rome, la société civile mondiale va tenter de faire pression sur les gouvernements pour que les choses changent », a-t-il indiqué. Il a déclaré qu’avant d’aller à Rome, la société civile malienne, dans une déclaration, va attirer l’attention des autorités sur le fait qu’elles ne doivent défendre que les intérêts du peuple malien à Rome. « Nous le demandons, parce que nous sommes convaincus qu’au Mali, on ne met pas en œuvre les vraies politiques de développement, mais, les directives des institutions de financement parce qu’on veut l’argent », a-t-il déclaré. Il a estimé qu’à la mi-novembre, les chefs d’Etat et de gouvernement du monde vont se retrouver à Rome pour faire une déclaration insipide, incolore, inodore et sans saveur.
« Nous souhaitons que nos chefs d’Etat y aillent avec des positions claires. Ils doivent clairement indiquer à Rome qu’ils ne veulent pas des politiques imposées. Ils doivent aussi dire qu’ils refusent les surplus agricoles qui nous viennent de l’Europe et qu’ils ne sont pas d’accord avec les techniques d’agriculture non durable », a-t-il conclu. Pour sa part Mamadou Lamine Coulibaly, secrétaire général de la CNOP, a estimé que les projets et programmes dans le secteur agricole ne sont pas au service du développement agricole du pays. « Comment le pays peut être encore à la traîne avec 90 projets de développement agricole actuellement opérationnels, pour plus de 400 milliards de FCFA et 20 autres au stade de la formulation », s’est-t-il demandé. Il pense que le moment est arrivé pour que les Maliens se réveillent pour prendre en main leur développement agricole.
Assane Koné
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