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Originaire du Wassoulou, née en 1972, Ramata Diakité communément appelée Ra est décédée le vendredi 30 octobre au Burkina Faso, plus précisément à Ouagadougou. Elle venait de regagner son mari Ousmane Sanou, à la fin du mois de carême.
C’était en présence du premier ministre Modibo Sidibé, Tiémoko Sangaré ministre de l’environnement et N’Diaye Bah ministre de l’artisanat et du tourisme. On notait la présence d’une délégation du président de la République.
De nombreux artistes, griottes, musiciens étaient aussi là. Tous ont accompagné Ramata Diakité en sa dernière demeure. Après l’enterrement, il y a eu les mots du chef de l’Etat transmis par son griot Lanfia Kouyaté, qui a au nom d’ATT présenté les condoléances de la nation et du gouvernement. D’après lui ATT aurait aimé être parmi eux, mais c’est le premier ministre qu’il a envoyé.
Lanfia Kouyaté a fait beaucoup de bénédictions, l’imam de Sirakoro a fait savoir que Ramata Diakité était une bonne voisine, car elle a donné 20 tonnes de ciments pour la construction de la mosquée du quartier.
Elle avait aussi pris un maître coranique pour apprendre quelques versets du Saint Coran. Selon le mari de Ramata, Ousmane Sanou venu du Burkina avec le corps, il vient de perdre la femme de sa vie, car c’est en étant malade qu’il l’a épousée. Il a remercié les autorités maliennes, la famille de sa femme pour la bonne organisation des funérailles.
M’Baye Boubacar Diarra qui a été le grand artisan de ces funérailles, a lui aussi remercié le gouvernement , qui d’après lui a tout fait pour que le corps de Ramata puisse être enterré au Mali. Il a remercié son mari, sans l’aval duquel le corps n’allait pas venir au Mali. Pour M’Baye ils ne peuvent que prier pour le repos de son âme. C’est son mari qui a mis avec l’aide d’autres personnes le cercueil en terre. Au cimetière il y a eu beaucoup de bénédictions, à la maison aussi ça été la même chose.
Amadou Bagayogo a au nom de la fédération des artistes du Mali, rendu hommage à Ramata Diakité, pour lui c’est une perte pour les artistes du Mali et pour la musique. Il a remercié le chef du gouvernement de s’être déplacé pour cette cérémonie.
Enfin il a remercié les autorités pour toutes les dispositions prises par rapport au décès de Ramata Diakité. Plusieurs artistes ont fait des témoignages et des bénédictions.
Que son âme repose en paix.
Encadré
D’après certains artistes du Wassoulou, Ra a passé une bonne partie de son enfance à Bolibana, non loin de la salle de cinéma Babemba qu’elle fréquentait. C’est avec la fréquentation de cette salle, qu’elle a été piquée par le virus de la musique, car dans sa famille personne ne chante. Vers l’âge de 12 ans, elle commence pourtant à fredonner en cachette en s’accompagnant d’une calebasse. Une de ses tantes, Djénéba Diakité, lui demande de participer comme choriste à l’enregistrement de sa première cassette. C’est le début de sa carrière musicale, bien que ses parents ne le voient pas du tout d’un bon oeil. Choriste, Ramata manifeste des potentialités vocales remarquées et cela lui permet de voyager en France et en Afrique de l’ouest et d’acquérir une grande expérience des concerts et du milieu musical. Elle est alors sollicitée par de nombreux artistes et arrangeurs pour faire les choeurs, notamment avec Samba Diallo, Yoro Diallo ou Tenin Sidibé... En décembre 1995, Ramata enregistre sa première cassette et réalise une des meilleures ventes au Mali en 1996.
Elle donne de nombreux concerts et participe avec Salif Keïta à une soirée malienne organisée en octobre 1997 à Paris. Mais c’est en 1996 que Ramata Diakité s’est révélée au grand public avec un hit : « Artiste ». Sur une mélodie hindoue, la chanson faisait l’éloge des musiciens de notre pays. Le succès populaire fut immédiat et « Artiste » se maintint en tête du classement des chansons maliennes de l’émission « Top étoiles » de l’Ortm pendant 3 mois. Ramata Diakité multiplia alors les concerts et autres manifestations populaires à Bamako et à l’intérieur. «Na» est son second enregistrement réalisé à Bamako avec la complicité d’Yves Wernert au studio Bogolan..Un album produit par MaliK7 avec des sonorités plus disco, zouk et funk, un son qui consacre une ouverture sur l’extérieur, notamment en France. Elle chante la même année à la Cité de la musique de Paris, lors d’un concert mémorable de Salif Kéïta, en compagnie de deux autres jeunes, Fantani Touré et Mariétou Diabaté.
« Na » se vend assez bien en France et en 1998, Ramata Diakité participe à l’enregistrement de «Kulanjan», l’album très remarqué du maître de la kora Toumani Diabaté et du bluesman Taj Mahal. Ra faisait parti des meilleures artistes, de cette décennie, pour bon nombre de Maliens et Maliennes, elle était une star en herbe, qui ne faisait rien comme les autres artistes de son âge. Ramata Diakité a eu plusieurs distinctions, entre autres le Tamani de la meilleure artiste féminine 2003, meilleur clip féminin Tamani 2006, ce prix de la meilleure artiste du Mali désignée par le Bureau malien des droits d’auteur (BUMDA) en 2008, le prix lui a été remis lors de la rentrée culturelle à Mopti. Avec son album « Ia Danse », elle a vendu 100 000 exemplaires en deux ans sur le marché malien. Pour M’Baye Boubacar Diarra, « Ramata Diakité était un talent à l’état pur. En plus de sa belle voix, elle avait une grande capacité d’interprétation. Elle composait ses chansons avec une facilité déconcertante tout en restant très perfectible. Ce sont aussi ces grandes promesses qui n’aboutiront plus jamais que le public pleure aujourd’hui. ». C’est une foule d’amis, parents, artistes, autorités qui a accompagné, Ramata Diakité en sa dernière demeure. Dors en paix Ra.
Kassim TRAORE
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