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Loin d’être un crash, le «mystérieux cargo de Bourem» s’est normalement posé avant d’être incendié par les membres de l’équipage eux-mêmes et pour un but évident: faire disparaître toutes traces compromettantes de leur passage. Ils ont réussi. La très puissance organisation, CAMORRA est, semble-t-il, passé par là.
Il suffit qu’un indice de stabilité s’annonce au Nord-Nord pour qu’il soit remis en cause et balayée par la survenance d’événements peu encourageants. Une semaine à peine après une rencontre intercommunautaire initiée à Kidal dans le cadre de la consolidation de la paix au septentrion, la confusion et l’incertitude pointent à nouveau le nez par des signaux annonciateurs de la tâche de Sisyphe qui sous-tend un retour définitif de la sécurité au Nord-Mali. Tenez : dans la journée du jeudi dernier, une scène inédite et jamais vécue a dû perturber la quiétude des paisibles populations de Bourem. Leurs curiosités furent en effet attirées par la puissante déflagration produite par un engin qui venait d’atterrir dans les environs. Il s’agit, selon nos sources, d’un avion-cargo que les témoins ont trouvé complètement calciné avant d’en venir à la déduction hâtive d’un crash.
Ce qui paraissait aux yeux de tous comme un accident aérien avait toutefois la particularité d'être dépourvu de toute âme humaine à son bord. Pas la moindre victime aussi bien à l’intérieur de l’engin que dans les environs. Cette spécificité ne pouvait passer anodine pour les observateurs et connaisseurs avertis au fait des opérations criminelles qui commencer devenues depuis un certain le quotidien du Sahara malien. À la différence du commun des mortels, ces derniers sont convaincus, en effet, qu’il s’agit d’un redécollage raté de l’un des multiples cargos qui atterrissent souvent sur les pistes naturelles du Tilemsi où des cargaisons illicites de tout acabit sont larguées. Il s’agirait, pour ce qui concerne l’événement survenu à Bourem, jeudi dernier, de l’équipage de narcotrafiquants colombiens, en l’occurrence des connexions maliennes de la Camorra, pour les activités desquels le Sahara malien est devenu un eldorado incomparable ces dernières années.
Après les opérations de largage de son contenu illicite (drogue et armes éventuellement), l’engin a connu des difficultés à reprendre son envol, d’où l’obligation de s’en débarrasser. Et, dans le but de détruire tous les indices de repérage possibles des origines de leur engin, les trafiquants ont choisi, comme cela est d’usage, de l’incendier avant de s’évaporer dans la nature désertique. La Mauritanie pourrait leur servir de connexion maritime avec l’Europe pour la consommation de laquelle leurs marchandises sont généralement destinées.
Cet épisode intervient quelques jours seulement après qu’une rencontre intercommunautaire a fait naître les espoirs d’un retour définitif de la stabilité au septentrion. Il survient aussi dans le sillage d’une initiative du chef de l’État malien de parvenir à une lutte concertée contre la criminalité dans la sous-région, à travers notamment une grande rencontre des états sahélo-sahariens sur la problématique.
A. Keïta
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