|
Avec la validation de sa liste - l'une des trois listes de Bamako - Amadou Djigué, PDG des Entreprises Djigué et Frères, qui exploite des mines au Mali depuis plus d'une décennie avec des partenaires étrangers, bénéficiant surtout du soutien actif des orpailleurs - les plus nombreux parmi les votants - est considéré par nombre d'observateurs du microcosme des miniers comme favori dans la course pour la présidence de la Chambre des Mines. D'autant qu'il se posiationne comme le candidat de la paix et du rassemblement devant l'inimitié tenace que se vouent les présidents de l'UNOMIN, Abdoulaye Pona et Oumar Diallo dit Birus, dans le cadre d'une irréductible guerre de leadership.
Avec la fin des opérations de recensement et la validation des différentes listes de candidatures par la Commission d'organisation des scrutins, la voie est largement ouverte pour les élections des membres consulaires - au nombre de 240 titulaires et suppléants compris - puis du Bureau de cette nouvelle structure appelée à gérer aux mieux les intérêts des acteurs évoluant dans le secteur des mines. Toutes les régions ont droit chacune à deux listes, sauf les régions de Mopti, Tombouctou, Gao et Kidal, qui se contentent, chacune, d'une liste au regard de la faiblesse numérique de leur population.
Quant à Bamako, elle compte trois listes : la liste de Abdoulaye Pona, président de l'Union Nationale des Opérateurs Miniers du Mali (UNOMIN) la liste de Oumar Diallo, président du Conseil National des Opérateurs Miniers du Mali (CNOM) et Amadou Djigué, membre de l'UNOMIN. Ces listes viennent d'être validées par la Commission d'organisation des scrutins. Ce qui constitue un cinglant démenti aux fausses informations savamment distillées naguère et qui faisaient état d'une prétendue disqualification de la candidature de Amadou Djigué.
Au contraire, à cause de l'impitoyable guerre de leadership que se livrent les présidents de l'UNOMIN, Abdoulaye Pona, et du CNOM , Oumar Diallo dit Birus, ils sont beaucoup d'opérateurs miniers à penser qu'Amadou Djigué est l'homme qu'il faut pour amener l'unité et la paix au sein de la corporation.
Les orpailleurs, en particulier, craignent que la mésentente entre les deux " chefs " ne soit dommageable à la défense de leurs intérêts et à la prise en charge de leurs préoccupations, eux qui sont les plus nombreux et, malheureusement, les plus faibles. Des sources crédibles estiment qu'au moins 80% de ces orpailleurs sont prêts à soutenir que la candidature de Amadou Djigué pour la présidence de la Chambre des Mines, alors que, justement, le plus grand nombre d'inscrits se recrutent en leur sein. Ce qui fait la chance de Djigué. Malgré le fait que son profil de commerçant et d'industriel bien connu de la place ait, quelque peu, éclipsé, au niveau du grand public, sa facette de minier, il n'est pas un illustre inconnu dans ce secteur d'activité. Loin s'en faut.
Détenteur de plusieurs permis de recherche (pour le métal jaune et d'autres métaux de base) et d'exploitation, il y opère depuis belle lurette et exploite des mines d'or avec des partenaires étrangers - notamment sud-africains et ghanéens - au Mali aussi bien qu'en dehors de nos frontières. Sa dimension d'hommes rompus aux arcanes des affaires, de pionnier qui a mis le Conseil Malien des Chargeurs sur les rails, avant de lui conférer ses lettres de noblesse, est plutôt rassurante et lui offre un atout majeur pour prétendre à la présidence de la Chambre des Mines.
Yaya SIDIBE
|