|
« Un mauvais arrangement vaut mieux qu’un bon procès », dit-on. Mais quand un bon arrangement tend vers un procès, il y a lieu de s’interroger ? Et c’est ce qui risque d’arriver finalement dans le scandale de détournement d’argent aux guichets MoneyGram de la Banque malienne de solidarité (BMS-SA).
Depuis deux semaines a éclaté un scandale de détournement d’argent transféré via MoneyGram dans les guichets de la Banque malienne de solidarité (BMS). La coupe pleine, des victimes ont engagé des procédures judiciaires pour entrer en possession de leurs dus. Malheureusement, l’affaire qui semblait définitivement close risque de connaître un nouveau rebondissement.
C’est ce que présagent les informations distillées dans l’entourage de certains clients dont les sous ont été détournés par un inconnu à travers les guichets MoneyGram de la BMS.
«Compte tenu des souffrances qu’elle nous a fait subir, nous n’attendons plus que l’argent nous avons transféré et qui a été détourné par quelqu’un autre, nous voulons aussi la réparation des torts causés par MoneyGram et son partenaire Banque malienne de solidarité », affirme un client désabusé.
Voyant sa responsabilité engagée d’une manière ou d’une autre dans ce détournement d’argent, MoneyGram et son partenaire, la BMS, ont remboursé les plaignants afin de clore le chapitre. Ce remboursement semble fait à contre cœur d’autant plus que l’objectif initial du duo BMS-MoneyGram était de renvoyer l’affaire devant les tribunaux.
Une décision qui a été contestée à l’interne au profit d’un règlement à l’amiable. Cette mesure aussi a fait des mécontents dans la banque au point que certains incriminent les victimes de détournement. Rencontré le 19 octobre dernier dans les locaux de l’ancien siège social de BMS, le responsable nouveau produit, Moussa Yéna affirme douter de la sincérité des victimes de détournement d’argent.
Il s’agit d’Adama Coulibaly, un Malien résidant au Gabon, dont le 1 000 5000 F CFA a été retiré par quelqu’un d’autre avec une fausse pièce d’identité. « Qu’est-ce qui nous prouve que les victimes ne sont pas les faussaires. De l’extérieur, on peut envoyer son code à quelqu’un qui va avec des pièces faites pour cela retirer l’argent transféré ? » avait-il insinué après avoir reconnu la faiblesse du dispositif sécuritaire de sa banque.
« Ces sont (Ndlr : les escrocs) des gens intelligents capables de pirater le code secret des envoyeurs par des méthodes informatiques… », avait-il reconnu.
Sans l’admettre explicitement, il venait de reconnaître que le système informatique de la BMS n’est pas assez sécurisé pour échapper aux actes de piratage. Cela se justifie par le détournement de plus de 4 millions de F CFA en espace d’un mois par un inconnu.
Le fait n’est pas pour autant banal. Que peut-on comprendre du fait qu’un escroc, fut-il savant en informatique, puisse frauduleusement retirer plus de 4 millions de F CFA dans une banque sans être repéré. Le hic est que tous ces forfaits ont été commis dans à travers la seule banque (BMS).
Au moment où la BMS et MoneyGram épiloguaient sur la sincérité même de leurs clients, la Banque malienne de solidarité a annoncé que l’auteur du détournement a été identifié. Il s’agirait d’un certain Mohamed Dao. Comme elle-même sait le faire, beaucoup s’interrogent que ce dernier n’est pas un prête-nom utilisé juste pour désamorcer la bombe ?
Le hic, c’est que la direction joue à la Sainte Nitouche pendant que disparaissent des fortunes dans les caisses de la banque. Pourtant on se borne à faire croire que la BMS est parmi les premières institutions bancaire à appliquer les mesures sécuritaires édictées par la BCEAO. Au regard de la menace des victimes de détournement à vouloir coûte que coûte se faire dédommager, un rebondissement n’est pas à écarter.
Affaire à suivre.
Markatié Daou
|