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ATT ne convainc toujours pas en définissant une programmation sur trois ans, 2009, 2010 et 2011, pour l'utilisation des fonds. En attendant, cette somme doit se trouver au jour d'aujourd'hui sur le compte du Trésor Public au niveau de la BCEAO. Tout autre domiciliation de ces fonds constitue un faux en écritures publiques. Dans tous les cas un projet d'investissement comme celui du 2ème pont de Kayes évoqué par le Président de la République nécessite au moins deux ans pour finaliser les études préliminaires et de faisabilité pour la mise en œuvre dudit projet.
Pendant ce temps que fera-t-on des intérêts générés par cette importante somme placée dans le système bancaire. Il convient de rappeler que le Mali est un pays pauvre où l'espérance de vie ne dépasse pas quarante six (46) ans. Sept enfants sur dix ne savent ni lire ni écrire et souffrent de malnutrition chez ATT. Il n'y a plus de sociétés et entreprises d'Etat au Mali. Elles ont toutes été cédées à vil prix à des privés.
Chez ATT, les jeunes ruraux ont abandonné leur village au profit des capitales africaines à la recherche de la pitance quotidienne. Ceux des capitales régionales et de Bamako tentent inlassablement de partir en Europe afin de satisfaire les besoins vitaux de leur famille.
Dans le pays d' ATT, c'est grâce à l'apport financier des Maliens de l'extérieur que beaucoup de familles maliennes de l'intérieur vivent décemment. Avec une balance de paiements déficitaires, le panier de la ménagère connaît lui aussi un déficit sans précédent. Constat : éclatement des grandes familles.
Classé 174è sur 177 pays de la planète par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Le gouvernement cède en baille les terres cultivables de l'Office du Niger à des étrangers sans se soucier de l'intérêt réel de cette forme de mise en valeur dans le long terme puisque le risque existe de se retrouver avec des terres appauvries.
Enfin, il est incontestable que c'est sous le régime ATT que la délinquance financière a été érigée comme un système de gouvernance : plus de 305 milliards de FCFA détournés des caisses de l'Etat, selon les rapports, 2005-2006- 2007 et 2008, du Bureau du Vérificateur Général.
A quelques encablures du vote du projet de budget d'Etat 2010, les honorables de Bagadadji ont sonné le tocsin de ne pas voter la loi de Finances tant que les montants des cessions, de la BIM SA et de la SOTELMA, ne sont pas inscrits, soit 220 milliards de FCFA, surtout que la plupart des programmes annoncés sont déjà inscrits dans le Budget Spécial d'Investissement 2010. "Ces sommes n'apparaissent nulle part dans le projet de loi de Finances". C'est en réponse à cette grogne des membres de la deuxième Institution du Mali que le président de la République ATT a invité au palais de Koulouba son gouvernement, les représentants des huit (8) Institutions du pays, les partenaires au développement et la société civile pour une rencontre d'information.
On se rappelle que le ministre de l'Economie et des Finances, Sanoussy Touré, interrogé par nos confrères de l'ORTM par rapport à l'utilisation des fonds de la SOTELMA, avait lâché : "il y a une voix plus autorisée que la mienne pour répondre à cette question". Cette voix plus autorisée était celle du général Amadou Toumani Touré.
Dans la nuit du samedi 7 novembre, les téléspectateurs ont vu ATT se substituer au ministre de l'Economie et des Finances, pour énumérer les propositions de répartition des 180 milliards issus de la cession de la SOTELMA. A ce niveau, il faut rappeler que l'orthodoxie budgétaire préconise que le Gouvernement présente un projet de loi de finances rectificatif qu'il défend auprès de l'Assemblée Nationale, mais qu'en aucun cas il ne peut anticiper l'exécution d'une quelconque utilisation des fonds, quelque soit l'urgence ou l'opportunité des affectations.
En clair, toutes les recettes de l'Etat, même exceptionnelles, devraient être présentées aux élus de la nation, qui donnent l'autorisation ou pas à l'Exécutif sur les modalités de leur utilisation.
En ce qui concerne l'utilisation des 180 milliards de FCFA, ATT et son ministre délégué, auprès du ministre de l'Economie et des Finances, chargé du Budget n'ont convaincu aucun malien sur la sécurisation des fonds, toute chose qui constitue l'essentiel du débat.
Dans la mesure où, les Maliens ignorent toujours l'utilisation faite des 40 milliards issus de la vente de la BIM SA.
Le Président de la République n'a pas convaincu, était-il obligé d'engager ce débat en ce moment précis ? Etait-il la personne la mieux indiquée pour le faire ?
La seule chose qu'il faut souhaiter, c'est que ces importantes sommes restent sous la maîtrise de nos Autorités dans un environnement financier à haut risque.
Amy Sanogo
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