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Fidèle à sa tradition de jeter l’anathème sur les corporations, le président malien n’a pas raté l’occasion le vendredi dernier devant les enfants venus assister au 20eme anniversaire de la signature de la Convention des droits des Enfants pour vilipender les enseignants. Leur tort, les élèves étaient dans la rue au moment où passait son cortège.
Au lieu d’offrir des perspectives aux enfants venus nombreux l’écouter, le général président, dans son français approximatif, s’en prend aux enseignants comme s’il lui avaient été conseillés par les jeteurs de cauris que son troisième mandat passe par le lynchage médiatique de ce corps. Si tel est le cas, il se trompe de combat. Sa réaction à chaque geste des enseignants n’est guère surprenant. Parce que ATT entretient la vision erronée de l’enseignant que son général d’armée Moussa Traoré a conçue pour vouer aux hégémonies.
Rien au monde ne saurait justifier cette sortie hasardeuse du président de la République. Ni le lieu ni le moment ne s’y prêtaient. Les propos injurieux qu’il a voulu partager avec le peuple n’ont même pas fait la durée de vie d’une bulle de savon. Ils sont tombés dans les oreilles d’un sourd.
Les Maliens ne sont plus dupes. Ils savaient désormais et cela à travers les différentes voltes faces de leur président ce qui est critique objective et acharnement. Tout le monde sait aujourd’hui que le président malien, enseignant de surcroît, la preuve est à établir, à notre connaissance, personne ne connaît ses anciens élèves, entretient des rapports difficiles avec ses collègues.
Le président se dit sidérer par la présence des élèves dans la rue. Et sans chercher à comprendre le pourquoi, le général président déverse ses venins sur les enseignants qu’il qualifie de tous les noms d’oiseau. Ce que le président ATT assimile à une grève d’un groupe d’individus n’était autre que la récréation. Et si généralement cela coïncide avec le passage d’un cortège surtout présidentiel, les élèves, attirés par les sirènes, se massent le long de la route.
Après le discours haineux du président ATT, nous avons tenté de savoir au près des syndicats. Les responsables syndicaux, interrogés par nos soins, ont tous affirmé qu’ «aucun syndicat n’est présentement en grève et se disent surpris et choqués par les propos du premier responsable du pays». On se demande maintenant d’où ATT tient son information. Les enfants avaient besoin de tout sauf ces diatribes.
Les grèves des enseignants ne sauraient hypothéquer l’avenir de l’école malienne. Contrairement au gouvernement qui refuse d’orienter les enfants du pays, au nom d’un prétendu accord signé avec les partenaires.
Si ATT avait annoncé publiquement devant ses amis que tous les admis au DEF seraient désormais orientés, son discours allait avoir une portée historique. Mais s’attaquer gratuitement à la notoriété d’un corps aussi digne que celui des enseignants, relève de la méchante et de la cécité politique.
Yoro SOW
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