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En 2008, le gouvernement du Mali a lancé le processus de privatisation de la SOTELMA. Cette opération a pris fin en 2009 avec la vente de 51% du capital de cette société à Maroc Télécom pour un montant de 180 388 175 000 F CFA, soit 4% du Produit Intérieur Brut du Mali. La semaine dernière, l’opposition a demandé des explications sur l’utilisation des recettes générées par la vente de la SOTELMA. Puisqu’il n’y a rien à cacher quant à l’affectation des 180 milliards de F CFA pour soutenir la croissance économique du Mali, du moins selon le discours officiel, le président de la République, M. Amadou Toumani Touré s’est prononcé sur le sujet dans l’après-midi du 6 novembre 2009 dans la salle de banquet du Palais présidentiel. Comment les autorités comptent affecter ces milliards aux différents secteurs de l’économie malienne ?
L’exercice de rendre compte, gage de transparence du 6 novembre dernier a enregistré la présence du Premier ministre, des membres du gouvernement, des présidents d’institutions de la République, les représentants des forces vives de la nation, des partenaires techniques et financiers du Mali.
180 MILLIARDS POUR SOUTENIR LA CROISSANCE ECONOMIQUE ?
“Les recettes générées par la cession d’une partie des actions de l’Etat dans le capital de la SOTELMA, représentent 180 388 175 000 F CFA, soit environ 4% du produit intérieur brut. Ces recettes, je le répète, sont des recettes exceptionnelles car, elles ne sont pas récurrentes. C’est pourquoi, elles doivent servir à soutenir les actions concourant à conforter notre stratégie de croissance économique. C’est la finalité de notre vision traduite dans le Projet de Développement Economique et Social (PDES), pour porter progressivement le Mali au rang de pays émergents. Il s’agit en effet, de transformer nos potentialités en véritables sources de croissance durable, en investissant dans les infrastructures, les ressources humaines, et en créant les conditions de développement du secteur privé. Nos partenaires techniques et financiers partagent et soutiennent cette vision et la démarche qui la sous-tend”, a affirmé le président de la République.
Au sortir de la rencontre, le secrétaire général du parti SADI, le député Oumar Mariko (opposition) nous a déclaré qu’il ne partage pas cette vision du Chef de l’Etat. Selon lui, les 180 milliards ne seront pas injecté dans des secteurs dits de croissance économique du Mali. Il s’agit plutôt de les injecter dans les secteurs de consommation, donc non productifs.
CLE DE REPARTITION DES 180 MILLIARDS PAR SECTEUR
Les 180 milliards de la vente de 51% du capital de la SOTELMA seront injectés dans 8 axes ou secteurs. Ce sont :
- l’assainissement des finances publiques pour 40 milliards, le développement des ressources humaines pour 17 508 000 000 F CFA ;
- le développement des infrastructures et équipements pour 14 610 000 000 F CFA ;
- le développement de l’agriculture et de l’élevage pour 15 900 000 000 FCFA ;
- l’amélioration du cadre de vie pour 23 913 000 000 F ;
- le soutien au financement du développement des PME-PMI pour 10 milliards ;
- la réforme économique et l’amélioration de la gouvernance pour 6 900 000 000 F CFA ;
- les investissements publics en partenariat avec les bailleurs de fonds pour 36 556 000 000 F CFA ;
- et enfin le financement du plan social de la SOTELMA pour 15 000 000 000 F CFA.
De la résorption partielle de la dette publique : selon le président de la République, l’enjeu étant d’appuyer les efforts faits, pour ramener les instances de paiement à un niveau économiquement soutenable. L’Etat va donc accélérer le paiement de ce qu’il doit aux agents économiques, pour améliorer notamment la trésorerie des entreprises et assainir le portefeuille des banques dans la perspective de la relance des investissements privés.
A cet effet, 40 milliards de F CFA seront dédiés à ces paiements dans les prochains jours, dont 24 milliards pour les opérateurs économiques et 16 milliards pour les banques. Il s’agit du coût des dépenses de réformes structurelles dans lesquelles le Mali est engagé dans le cadre des programmes, et accords avec les partenaires au développement.
La restructuration de la BHM entre dans ce cadre ; elle bénéficiera de 5 milliards pour ses besoins de trésorerie liés à la relance des activités de crédit, afin que cette banque puisse servir d’outil efficace, pour la mise en oeuvre de la politique de réalisation des logements sociaux en particulier et de la promotion de l’habitat en général.
Du financement des investissements publics. Dans ce secteur, le premier obstacle auquel se heurtent les investissements publics, c’est le financement. ATT annonce que l’Etat va consacrer d’importantes ressources au financement des travaux d’infrastructures et d’équipements dans le domaine de l’éducation, de la santé, de l’agriculture, des transports, de l’accès à l’eau potable et à l’énergie.
Dans le cadre de la mise en oeuvre des recommandations du forum national sur l’éducation, d’importantes ressources seront investies dans le secteur de l’éducation sur la période 2009-2012. Ces investissements se traduiront dès cette année par la connexion et l’interconnexion de l’Université de Bamako et des établissements d’enseignement supérieur à Internet haut débit. Elle permettra aux professeurs et étudiants d’accéder aux bibliothèques numériques et faciliter l’enseignement à distance.
Plus de 7 000 000 000 seront également affectés à la construction d’infrastructures universitaires à Bamako et à Ségou en termes de cités universitaires, d’amphithéâtres, de salles de classes et de laboratoires. 500 000 000 de F CFA seront alloués pour la mise en place d’un fonds compétitif de la recherche scientifique.
Pour soutenir le programme de construction et d’équipement de lycées et d’instituts de formation professionnelle : 5,4 milliards seront consacrés à la construction de : 04 lycées d’enseignement général, dont 02 lycées techniques dans les régions, et 01 institut de formation professionnelle à vocation industrielle.
Aux dires du président de la République, le souci est d’offrir aux jeunes une formation technique et professionnelle, susceptible de faciliter leur insertion dans la vie active. C’est dans cette optique que 1,5 milliard de F CFA seront mis à la disposition de l’Agence pour la Promotion de l’Emploi des Jeunes (APEJ) pour renforcer ses capacités d’intervention.
En matière de santé, 2 milliards seront destinés à couvrir les gaps de financement de la construction de l’hôpital régional de Sikasso et de l’hôpital régional de Mopti. L’autre chantier prioritaire, en matière d’action sociale est l’Assurance Maladie Obligatoire, pour la mise en oeuvre de laquelle 953 millions de F CFA seront affectés en 2010.
Au total, l’Etat va consacrer 17,508 milliards de F CFA à la jeunesse et aux secteurs sociaux.
“Quand on a l’ambition de faire du Mali un pays émergent, il faut naturellement penser à accélérer la cadence des investissements dans le secteur de l’agriculture et des infrastructures, améliorer la compétitivité économique et lutter contre la pauvreté et l’emploi rural. Aussi, en plus des efforts déjà en cours à travers différents programmes, 15,9 milliards supplémentaires seront investis dans le secteur agricole sur la période 2010/2012.
Des bas-fonds seront aménagés pour un montant de 6 milliards au profit des communes qui disposent d’un potentiel avéré. Je pense en particulier aux communes les plus vulnérables. Il s’agit de promouvoir l’irrigation de proximité et relever le défi de la souveraineté alimentaire. Dans le même sens et pour permettre à l’Office du Niger de donner la pleine mesure de toutes ses capacités opérationnelles, 4,1 milliards de F CFA seront investis dès 2010, pour les travaux d’entretien et d’aménagement des infrastructures et d’assainissement des canaux. La préservation de cet outil majeur de notre stratégie de puissance agricole est essentielle pour asseoir notre souveraineté alimentaire sur une base durable”, a précisé, ATT.
Pour le développement et la valorisation de la production laitière au Mali, le projet conçu à cet effet bénéficiera de 800 millions de F CFA en 2010. Ce qui permettra de généraliser l’utilisation des équipements performants dans le secteur agricole, soutenir le développement des industries agricole, animale et halieutique, et appuyer la valorisation des filières porteuses. Aussi, une enveloppe de 5 milliards sera affecté au fonds national de développement agricole, dont 1,5 milliard dès 2010.
Le chef de l’Etat annonce la poursuite du développement des infrastructures et des équipements, avec des ressources additionnelles de 14,610 milliards. Cela va concerner notamment :
- le bitumage de la route Bafoulabé-Mahina ;
- le bitumage de 5 km de voirie à Koulikoro ;
- le bitumage de 5 km de voirie à Kidal ;
- la construction de voie d’accès à l’hôtel national de Yirimadio ;
- la construction du pont sur le Baoulé entre Manankoro-Tienfinzo, qui permettra l’accès sur le port de San Pedroe en Côte d’Ivoire ;
- l’acquisition d’équipements pour l’ORTM, en vue de renforcer les capacités de reportage, et l’acquisition de 2 bateaux à fonds plat, pour la Compagnie Malienne de Navigation.
En faveur des collectivités locales, l’Etat va doter le Fonds National d’Investissement des Collectivités Territoriales (ANICT) de 10 milliards. Cette dotation est destinée notamment, au financement dans chaque région et le District de Bamako : de projets de construction d’équipement collectif et de réhabilitation de puits et forages dans les villages démunis, de projets d’équipement des villages et centres socio-économiques en équipements d’énergie solaire. Une telle action contribuera à renforcer les capacités d’investissements des collectivités en vue d’améliorer de manière substantielle les conditions de vie des populations.
Le programme des logements sociaux bénéficiera d’un effort conséquent de 6,5 milliards en 2010. Dans le même ordre d’idée, une attention sera portée à l’amélioration des conditions de vie et de services des personnes militaires. L’Etat engagera à cet effet, d’ici 2012, cinq milliards dans la réhabilitation des casernes.
LE SOUTIEN AU DEVELOPPEMENT DES PME-PMI
En tant que partenaire traditionnel des pouvoirs publics et principal vecteur du développement, le secteur privé doit être encouragé.
L’Etat s’est engagé donner au secteur privé les outils et moyens nécessaires, pour créer la croissance. L’occasion était bonne pour ATT d’adresser un signal fort aux jeunes chefs d’entreprises, qui développent des idées innovatrices et porteuses et qui osent, pour faire décoller une entreprise.
“Le Mali a besoin de ces jeunes créateurs d’entreprises. C’est pourquoi, l’Etat a décidé de donner les moyens d’encourager aussi bien les chefs d’entreprises que les porteurs de projet notamment dans le domaine agro-industriel, à travers la création d’un Fonds National d’Investissement et d’un fonds de garantie du secteur privé. Chaque fonds sera doté de 5 milliards de F CFA .
Nous nous sommes engagés, dans le cadre du PDES à la réalisation de projets innovants, appelant des capitaux importants et un Savoir-faire avéré”, a rappelé le chef de l’Etat.
Il s’agit entre autres de : constituer une provision de garantie pour la Sotelma, la création d’un techlopôle, le raccordement de villes secondaires au réseau national, la construction d’un second Pont à Kayes, l’aménagement et le développement du système Faguibine, la mise en place d’un cadastre moderne pour les villes de Bamako et de Kati. La réalisation de ces projets nécessite des études techniques et financières approfondies, pour en évaluer les coûts.
Il est prévu également d’affecter 36,5 Millards de F CFA à l’Exécution de ces projets, en complément des contributions qui seront mobilisées auprès des partenaires techniques et financiers.
Ce sont là des investissements qui rejailliront sur la qualité de vie des populations et sur la croissance économique en termes de formation, d’emploi et d’insertion des jeunes dans le circuit.
Dans la mise en oeuvre de ces actions de soutien à la croissance économique, il est important de veiller à garantir la plus grande transparence, quant à la pleine utilisation des ressources, pour les objectifs visés.
C’est à ce titre que le président de la République instruit au premier ministre la mise en place d’un comité de suivi de l’utilisation de ces ressources regroupant les représentants de différents départements ministériels concernés.
Daba Balla KEITA
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