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Le 5 novembre dernier, à l’hôtel Radisson Blu, l’ancien ministre Zeïni Moulaye, qui paraissait très sceptique, avait déclaré qu’il n’avait pas entendu les récentes déclarations médiatisées de Ibrahim Ag Bahanga faites au cours de la rencontre intercommunautaire de Kidal. Il lui avait alors été précisé que le porte parole de ce dernier avait lu une déclaration qui faisait état des intentions de Bahanga de s’inscrire dans le processus de dialogue et de paix du gouvernement, donc, d’abandonner toute lutte armée.
L’ancien ministre avait répondu : ‘’ tant mieux, je pense que ça ne peut que logiquement rassurer tous ceux qui oeuvrent pour la paix et la sécurité, comme vous et nous d’ailleurs. Je parlais tout à l’heure de l’implication des organisations de la société civile dans la recherche de la paix et de la sécurité et cela concerne aussi les medias qui sont des relais…une déclaration de ce genre que je n’ai ni vue ni entendue parait effectivement de bonne augure pour la paix au Nord et au Mali de façon générale. Il faut probablement la prendre à la lettre et évidemment mettre à l’épreuve cet homme dont certains peuvent douter de la parole. ‘’
Faut-il donc douter de la parole de Ibrahim Ag Bahanga ? En tout cas, les évènements vont nous édifier. Toujours est- il que, dans notre pays, les questions de sécurité ont souvent engendré beaucoup de suspicions et de méfiance. Boubacar Bâ, un expert du Programme de gouvernance partagée de la sécurité et de la paix, a indiqué : ‘’ les rapports entre les services de sécurité et les citoyens ont été durant de longues années, marqués par la suspicion et la méfiance mutuelle. Pour un bon nombre d’agents en uniforme, les questions de sécurité constituent un domaine réservé aux forces armées et de sécurité dans lequel les civils ne doivent pas s’ingérer.
Les rapports entre forces de sécurité et civils ne se sont améliorés qu’après de longues décennies de méfiance et d’antagonismes. Plusieurs évènements ont contribué à opposer forces de sécurité et citoyens au Mali. ‘’ Faut-il saluer la rencontre intercommunautaire de Kidal et encourager l’émergence de la société civile dans la gestion des conflits ? En tout cas, c’est l’avis de l’expert qui a ajouté : ‘’ Jusqu’au début de la décennie 2000, la société civile malienne s’est peu manifestée par rapport à la question stratégique de la réforme de la sécurité. Alors que, de l’autre côté, les autorités (défense et sécurité) sont restées peu réceptives au besoin d’ouverture avec la société civile en question.
A la suite de plusieurs ateliers, séminaires, et forums, de nouvelles initiatives ont été développées, de part et d’autre. Dès lors, les différents acteurs (services de sécurité et société civile) réclament des espaces de débat démocratique sur la question de la sécurité au Mali. ‘’ En fait, pour Boubacar Bâ, les secteurs de la sécurité et de la défense étaient considérées, jusqu’à une période récente, comme des domaines réservés de l’Etat. Cette conception de sécurité, a-t-il dit, a montré ses limites, puisqu’elle engendrait méfiance et antagonismes.
Aujourd’hui, les populations sont-elles prêtes à lever ce voile intrigant des rebelles, en l’occurrence, d’Ibrahim Ag Bahanga, depuis la fameuse déclaration, lue par son porte parole, à la conférence intercommunautaire de Kidal? L’actualité ne manquera sûrement pas de nous édifier.
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