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Ce 11 novembre, la terre de Ramallah se souvient, certainement de Yasser Arafat, disparu cinq ans plut tôt, jour pour jour. Mais à l’hôte illustre, elle ne pourrait offrir la fleur que Mahmoud Darwich a voulue de tout son être et qu’il n’aura pu faire pousser, faute de jardin sur cette terre qui lui appartenait, mais dont chaque once lui a été retirée avant d’être mise sous surveillance vingt quatre sur vingt quatre, souvent bombardée et submergée de larmes de crocodiles au rythme des sessions des Nations-Unies ou des shows de l’Amérique, ce G1 du fait du prince dont seul Israël sait bénéficier.
Certes, Yasser Arafat est parti depuis seulement cinq ans suivi plus tard de son célèbre compagnon, le poète Darwich couché près de lui. C’est peu, comparé à l’âpre vie de combat que fut la sienne pour une Palestine libre et maîtresse de sa terre spoliée. Une Palestine dont le texte de l’indépendance lu par Abou Mazen lui-même mais écrit dans son sang par le même Darwich ne lui a pas apporté la paix désirée. Qui veut aller se recueillir sur les apôtres dont elle fut le prolifique berceau mais qu’on rafale à vue.
Une Palestine voulant les choses les plus routinières mais pour laquelle tout est rendu plus compliqué. Et dont la douleur se résume dans ces vers majestueux de Darwich, encore lui : Je quête un enfant souriant au jour/Non une place dans la machine de guerre/Je suis venu ici vivre le lever des soleils/Non leur coucher. Parce que Arafat s’est battu cinquante cinq ans, a subi toutes formes de brimades et d’humiliation pour qu’un jour, ses filles puissent prendre le café sur la terrasse, sans prendre une balle perdue, dans un pays libéré et prêt à donner au monde ce qu’il a le mieux produit : la spiritualité. Hélas, le chemin est encore loin.
La bande de Gaza a connu, il y a un an, le retour de la bête. Le rapport Goldstone qui constitue la plus belle oraison funèbre pour Arafat comme Darwich pourrait être le point de départ d’une paix juste et durable pour une terre qui mérite enfin de vivre. Obama et tous les autres puissants de la terre ont l’opportunité historique de mettre fin à la tragédie d’un peuple. S’ils consentent à le faire, sans comédie et sans calcul, ils apporteraient l’éternité à un héros qui appartient désormais au patrimoine de l’humanité.
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