|
Ces technologies pourraient améliorer les productions agricoles et la santé animale.
Les biotechnologies ont depuis des décennies apporté des améliorations notoires dans la vie de l’homme comme la fabrication des vaccins, du pain,
du vin et du fromage. Elles constituent un outil important pour le développement durable des productions agricoles. Elles contribuent dans une large mesure à la satisfaction des besoins en produits alimentaires d’origine animale d'une population de plus en plus nombreuse. L’extension des possibilités des biotechnologies conduisant au génie génétique soulève un certain nombre de préoccupations liées à la méconnaissance des organismes génétiquement modifiés (OGM), à l’éventail de leur application et surtout aux risques potentiels sur la santé et l’environnement qu’ils peuvent engendrer.
De nombreux aspects des biotechnologies et de leurs applications ne prêtent guère à controverse, cependant les organismes génétiquement modifiés (OGM) sont devenus l’objet d'un débat très serré et parfois passionné. Ces préoccupations sont d’actualité du fait de la mondialisation et de l’interdépendance d’une part et de l’apparition dans un passé récent de problèmes sanitaires liés à l’alimentation humaine (vache folle, poulet à la dioxine...) d’autre part. Une partie du public est persuadé que des dangers multiples, fruits des technologies nouvelles le menacent. Certains risques sont ressentis plus fortement que d’autres (OGM dans l’agriculture et en santé par exemple). Les applications des biotechnologies sont multiples et variées et la part du génie génétique dans ces applications représente à ce jour une proportion assez faible au regard des possibilités réelles.
En génétique, l’utilisation de la sélection assistée par marqueurs moléculaires basée sur l’exploitation des gènes d’intérêt est une méthode de sélection plus précise et plus rapide (économie de plusieurs générations de sélection ou de croisement). Ces gènes d’intérêt préalablement identifiés à l’aide de marqueurs moléculaires peuvent contribuer à améliorer des traits de production ou conférer une résistance contre une ou plusieurs maladies particulières.
MIEUX GéRER LA REPRODUCTION. En reproduction animale, l’insémination artificielle (I.A) a été la méthode de biotechnologie qui a connu un grand essor au Mali. Les premiers essais remontent à 1949 à Sotuba avec deux méthodes : la méthode du spéculum et la méthode dite recto cervicale. L’insémination artificielle se pratique soit avec les semences congelées ou fraîches et soit sur chaleurs naturelles ou synchronisées (avec l’acétate de chlormadinon, la Prostagl.F2, des implants et des PRID-spirales à base de progestérone et d’oestradiol).
Le transfert d’embryons est aussi une application des biotechnologies. Il consiste à féconder des ovules in vivo ou in vitro et à transférer ces ovules fécondés au stade d’embryons chez des femelles appelées porteuses. C’est une forme de diffusion du progrès génétique. Il peut se faire à partir d’embryons fraîchement récoltés ou conservés à long terme dans de l’azote liquide à moins 180°. D’autres applications en reproduction existent comme le clonage qui est l’introduction du noyau d’une cellule (cellule donneuse) dans un ovule préalablement énuclé prélevé sur une femelle de la même espèce (cellule receveuse). Il existe deux types de clonage : le clonage reproductif (à partir des cellules souches et des cellules différenciées) et le clonage thérapeutique (uniquement à partir des cellules somatiques).
La gestion de la reproduction demeure une des priorités dans l’intensification des productions animales. Dans ce contexte le diagnostic précoce de la gestion reste l’élément essentiel.
Les biotechnologies offrent des outils de diagnostic précis à savoir l’échographie à partir de 28 jours, le test de progestérone à partir de 19-23 jours (avec le sang ou le lait), le test de progestérone rapide à partir de 19-23 jours (avec le lait et disponible 15 minutes après) et le test de mise en évidence de la glycoprotéine spécifique à la gestation (Pregnancy associeted glycoprotein, PAG-test). La détection précoce de la gestation permet une meilleure prise en charge des parturientes et une gestion rationnelle de l’exploitation. En santé animale, l’utilisation de gènes de résistance contre des maladies est une des opportunités du moment. Le diagnostic des maladies est basé essentiellement sur le diagnostic de suspicion (axé sur la symptomatologie), les diagnostics bactériologique, sérologique et histopathologique.
Les outils de biologie moléculaire permettent aujourd’hui d’offrir des conditions d’analyse plus précises. Ils permettent une meilleure connaissance des maladies, un diagnostic plus fiable et une efficace traçabilité de l’origine des infections.
OUTILS PRéCIEUX à MAITRISER. En matière d’amélioration de la qualité des vaccins on fait recours à la production de vaccins par génie génétique. Il s’agit de vaccins recombinants à vecteurs (transfert de gène d’intérêt dans un vecteur à faible virulence pour la production de l’antigène), de vaccins knock-out ou délités (délétion d’un ou de plusieurs gènes d’intérêt associés à la virulence et à la pathogenèse pour atténuer le germe en question) et les vaccins ADN (Vaccins constitués d’Acide désoxyribonucléique purifié).
Il faut rappeler que l’acide désoxyribonucléique ou ADN est une molécule, retrouvée dans toutes les cellules vivantes, qui renferme l'ensemble des informations nécessaires au développement et au fonctionnement d'un organisme. C'est aussi le support de l'hérédité, car il est transmis lors de la reproduction, de manière intégrale ou non. Il porte donc l'information génétique, il constitue le génome des êtres vivants. Les vaccins marqueurs (positifs ou négatifs) sont des outils précieux pour aider à différencier sur le terrain les animaux vaccinés des animaux guéris naturellement de maladies.
Les applications des biotechnologies comme le clonage et la transgenèse dans le domaine des productions animales permettent : l’utilisation de témoins quasi-identiques dans les expériences scientifiques (suppression de la variabilité inter individu), l’amélioration du taux de réussite de la transgenèse avec le clonage utilisant un noyau transgénique, la production et la reproduction d’animaux performants, l’amélioration des performances des animaux d’élevage à travers l’accélération de la croissance (hormone de croissance chez porc, poisson), la production de molécules thérapeutiques ( comme les protéines humaines comme l’erythropetin, esteraseinhibitor C& facteur VIII, l’antithrombine III, la lactoferin etc ) à partir des animaux (vaches, chèvres ou lapines) génétiquement modifiés et l’amélioration de la qualité du lait, de la laine.
D’autres applications des biotechnologies comme celles du clonage et de la transgenèse dans le domaine de la recherche fondamentale permettent aussi de mieux comprendre le fonctionnement du génome c'est-à-dire la régulation de l’expression des gènes, la détermination des fonctions de certaines portions du génome, la reprogrammation du noyau lors du clonage et les modalités de la différenciation des cellules souches.
Les biotechnologies restent des outils précieux à maîtriser. Le renforcement des capacités en terme de formation et d’équipement doit demeurer une de nos priorités. La mise en place de cadres réglementaires au niveau national et sous régional doit se poursuivre afin de permettre les recherches dans les différents domaines des biotechnologies. Une importance particulière doit être accordée à la collaboration sous régionale pour une meilleure exploitation des ressources disponibles.
L’appropriation de la biotechnologie moderne pourrait constituer une alternative pour une exploitation durable de nos ressources génétiques locales.
Dr Mohamed N’DIAYE coordinateur scientifique, IER
|