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Au Mali, les chargés de communication sont, de façon générale, très complexés. Parce que la plupart d’entre eux ne sont pas, en réalité, de réels communicateurs. Il est vrai que certains sont des journalistes professionnels ou sont passés par ce métier. Mais les grands spécialistes font la différence entre journalisme et communication. Tout journaliste n’est pas communicateur et tout communicateur ne peut pas, non plus, être journaliste.
Mais, au Mali, les vieux journalistes, qui ont fait toutes leurs expériences sous la dictature, «la voix de son maitre », se sont improvisés communicateurs institutionnels avec l’avènement de la démocratie. Certains d’entre eux parviennent, tant bien que mal, à assumer cette fonction. D’autres sont à la traîne et arrivent pourtant à se remplir les poches, à travers des méthodes peu délicates. C’est, en effet, ce qui se passe au niveau de la Cellule de communication de la Primature, dirigée par le doyen Cheickna Hamallah Diarra.
Au lieu de communiquer positivement pour rendre plus compréhensibles les actes posés par le Premier ministre, Modibo Sidibé, le chef de sa Cellule de communication passe toujours à côté. Et, au même moment, il saisit les médias étrangers les moins connus et les moins lus, pour leur distribuer l’argent public, au détriment, bien sûr, de la presse nationale.
Qui ne sait pas qu’aujourd’hui toutes les difficultés de Modibo Sidibé résident dans le déficit de communication de son institution?
«L’Initiative Riz», au départ louable et bien acceptée par la classe politique, a mal tourné, malgré un investissement de plus de 20 milliards de FCFA qui n’ont en rien servi aux consommateurs maliens. La Cellule de communication de la Primature a été incapable de rendre visible et lisible cette opération, qui a même failli emporter le Chef du gouvernement.
Qui ne sait pas également que le Code des personnes et de la famille a souffert d’un manque de communication ? Le Président de la République l’a reconnu et l’a répété sur TV5 Monde, dont il était récemment l’invité de l’émission: «Et si vous me disiez toute la vérité».
Qui ne sait pas encore que la dissimulation des 180 milliards de FCFA reçus de la privatisation de la Sotelma procède aussi d’un déficit de communication ?
Toutes ces situations devraient être prises en compte par le chef du gouvernement, Modibo Sidibé. Mais, sa Cellule de communication étant manifestement totalement incompétente pour trouver la bonne formule, le Président de la République a été obligé de monter au créneau pour sauver les meubles.
Dans les trois cas, Initiative Riz, Code des personnes et de la famille, 180 milliards de la Sotelma, c’était motus et bouche cousue à la Cellule de communication de la Primature. Plus grave, au même moment, le patron de cette structure (qui prépare certainement sa retraite dorée, en décembre prochain), Cheickna Hamallah Diarra, prend langue avec un journal étranger (Marché africains) pour un grand zoom sur le Mali, pour un montant estimé à des dizaines de millions de nos francs, en mobilisant les départements ministériels-clés et certaines institutions de la République. Si c’était «Jeune Afrique», personne n’y trouverait à redire, parce que le journal de Béchir Ben Yamed est bien connu et lu dans le monde entier. Mais avec un organe peu implanté dans la sous-région et surtout au Mali, on pourrait bien penser à un délit d’initié, avec, à la clé, de substantielles ristournes.
Voici comment la Cellule de communication de la Primature communique. C’est d’avance voué à l’échec, car la cible est ratée. Le canal de même.
Ce n’est ni plus ni moins qu’une grande escroquerie, tendant à soutirer de l’argent au Trésor Public sous le prétexte fallacieux de «Communication gouvernementale». Alors qu’il ne s’agit en rien de communication. A suivre.
Chahana TAKIOU
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