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Ce n'est certainement pas une révélation. Mais le Président de la République, Amadou Toumani Touré, l'a martelé, lors de l'ouverture la 13è conférence sur le négoce, le financement du pétrole, du gaz et des mines en Afrique, qui s'est ouverte le mardi dernier au CICB: "Désormais, et cela chaque année, le gouvernement rendra public tout ce qu'il a reçu des sociétés minières et où l'argent a été investi". En somme, la transparence.
Contrairement à ses habitudes, le Président de la République, Amadou Toumani Touré, ne s'est pas lancé dans un discours fleuve, du genre de ceux qu'il tient en de telles occasions. Il est allé droit au but, en dénonçant tout d'abord le paradoxe des pays africains en général, et du Mali en particulier: "On a souvent l'habitude de nous considérer comme des pays pauvres. Mais, compte tenu de nos potentialités, je crois que nous sommes extrêmement riches. C'est un paradoxe". Fait rare dans ses interventions, le côté environnemental. Le Président de la République a qualifié ce thème de "très important dans cette conférence". "On veut souvent trop exploiter les ressources, surtout minières, et on oublie que les produits laissent souvent notre environnement dans un état désastreux" a-t-il déclaré. Le troisième point de son intervention, et non des moindres, a été le fameux "Code de conduite".
ATT a insisté sur "la transparence de la production aurifère et, bientôt, sur celle du pétrole" en indiquant que, désormais, "le gouvernement sera tenu de rendre publics les fonds qui auront été versés par les compagnies minières et où ces fonds auront été injectés dans le développement du Mali". Sans omettre de signifier que "les sociétés seront aussi tenues de faire savoir aux Maliens pour combien elles ont contribué dans le développement de leur pays".
Un peu plus tôt, c'est le ministre des Mines, Abou-Bakar Traoré, qui affichait les ambitions du Mali: "améliorer la contribution du secteur minier à l'économie nationale".
Ceci à travers, entre autres, l'instauration d'un suivi rapproché et régulier de la production aurifère, le renforcement de la production artisanale de l'or, la diversification de la recherche et de l'exploitation des ressources minérales, l'intensification de la recherche et de la prospection pétrolière et la relecture du Code minier.
Un train de mesures qui, selon Abou-Bakar Traoré, reflète les stratégies nationales de développement dont la plupart des pays se sont dotées et qu'ils mettent en œuvre dans la perspective des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), en 2015.
Même point de vue chez le Coordinateur-résident des activités opérationnelles du Système des Nations Unies au Mali, Mme Mbaranga Gasarabwe. Elle a expliqué que "la mise en application des principes de transparence et des critères de l'Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) permet une gestion plus transparente des revenus provenant du secteur minier et contribuera à lutter contre la fraude et la contrebande minière … La mobilisation des recettes fiscales et parafiscales peut servir au financement des projets sociaux et des programmes de réduction de la pauvreté".
Le Secrétaire général de la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED), Supachai Panitchpakdi a, pour sa part, estimé que cette réunion vise à "booster le développement des pays les moins riches à travers leurs ressources naturelles". Cependant, a-t-il ajouté, "il faut que nous nous informions sur les réelles potentialités dont nous disposons par rapport au marché mondial".
Invité-vedette de ce 13è rendez-vous minier, le président de Sao Tomé et Principe, Fradique de Menezes, a présenté son pays et s'est dit prêt à accueillir la 14è conférence sur le négoce, le financement du pétrole, du gaz et des mines en Afrique.
Au menu de la rencontre de Bamako, qui prend fin aujourd'hui, des présentations sur le commerce et le financ
ement du pétrole, du gaz et des mines en Afrique et des échanges entre les pays, les institutions internationales, régionales et nationales ainsi qu'entre investisseurs privés.
Ils ont dit...
Mamadou Simpara, DG de l'AUREP : "La recherche pétrolière au Mali se porte bien"
"La recherche pétrolière au Mali se porte bien. La joint-venture UNICIPEX a terminé l'interprétation des données sismiques, le premier point de forage a été identifié et sera réalisé début 2010. Tout notre espoir est fondé dessus, car quand le premier forage marche, le reste va très rapidement. Nous avons d'autres sociétés qui mouillent actuellement le maillot, notamment SIPEX, dans son bloc 20 et la joint-venture AFLEX et Glenkov, dans les blocs 12 et 13. SIPEX a déjà programmé son forage pour 2011. AFLEX et Glenkov ont signé un accord avec NAGO pour l'acquisition sismique, qui démarrera très prochainement".
Cristina Maria Fernandes Diasa, ministre des Ressources Naturelles de Sao Tomé et Principe: "L'échange d'informations est primordial dans la recherche minière"
"Je voudrais tout d'abord féliciter le gouvernement malien pour la bonne organisation de cette rencontre et la richesse des exposés que nous avons suivis jusque-là. Je crois que le choix de l'information comme thème de cette conférence est très important. L'échange d'informations entre les pays producteurs et non producteurs est primordial dans la recherche minière. Cela peut aussi aider les différents pays à mieux s'occuper du domaine environnemental, un aspect très important pour les hommes. Cela permet aussi d'utiliser de façon plus rationnelle les ressources dont nous disposons. Vous savez certainement que l'Afrique est le continent qui pollue le moins dans le monde, mais qui souffre beaucoup des effets liés à la pollution".
Dramane Dembélé, Directeur national de la DNGM: "Nous travaillons dans le sens de la transparence"
"Ce genre de rencontres est capital pour la recherche minière. Qui dit partage de l'information dit développement et valeur ajoutée. C'est un espace du donner et du recevoir, qui va nous permettre, au Mali, de valoriser tout un produit. C'est très important d'être là, à de tels rendez-vous. On a beaucoup parlé de la transparence dans la gestion des ressources minières. Au Mali, les règles de jeu sont définies. Cela veut dire qu'il y a transparence. Ceci dit, nous voulons rendre ce Code de conduite plus accessible à tous. C'est dans ce cadre qu'il a été décidé de mettre à la disposition du public ce que nous recevons des sociétés minières et les sociétés minières, à leur tour, diront ce qu'elles ont donné à l'Etat. A ce moment, le contrôle citoyen va arbitrer. Il faut noter que nous adhérons progressivement à l'Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE). Nous travaillons dans le sens d'être plus transparents dans la gestion de nos ressources naturelles"
Paul MBEN
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