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Il faut que l’Etat Sénégalais vienne en aide à ses opérateurs économiques… Dans les conditions actuelles, ils ne pourront pas faire face aux Maliens ». L’heure serait donc grave à Dakar ! L’on n’entend plus laisser les opérateurs économiques maliens jouir du monopole de fait dans le domaine des transports des marchandises. C’est ce qui ressort de la rencontre du Patronat avec le secteur privé Sénégalais, le lundi 09 novembre dernier.
C’est à la faveur d’une rencontre avec M Ousmane Masseck Ndiaye, président du Conseil économique et social (CES), rencontre tenue à la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Dakar (CCIAD), que les opérateurs économiques du pays ont évoqué la question, une question « très cruciale » , du point de vue du vice-président du Conseil national du patronat (CNP), pour lequel, « les transporteurs sénégalais sont confrontés à un sérieux problème de concurrence», rapporte le quotidien Walf Fadjri, dans sa livraison du mardi 10 novembre?.
A M Lamine Niang, président de la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Dakar (CCIAD), de renchérir : « Le problème du transport routier est très sérieux. Si vous allez au port autonome de Dakar, vous verrez que ce sont les camions maliens qui transportent les marchandises. Nous sommes dans un monde où la concurrence est rude. Il faut donc soutenir nos opérateurs économiques à pouvoir faire face à la concurrence».
Qu’est-ce qui justifierait cette suprématie malienne dans le secteur du transport des marchandises ? Pour les différents intervenants, la réponse à cette question et la solution y afférente se trouvent à l’école malienne : « Le Mali exonère et apporte même des lignes de crédit à ses transporteurs » a précisé M Lamine Niang. « Le gouvernement malien a exonéré ses transporteurs des taxes pour leur permettre de disposer des camions en très bon état, capable de transporter des marchandises », rapporte le Président du Conseil National du Patronat (CNP). Au Sénégal, poursuit-il, Les transporteurs ont des véhicules qui ne sont pas dans un très bon état. Alors, il faut faire comme le… Gouvernement malien: venir en aide à ce secteur d’activités.
Le Président du Conseil Economique et Social a pris bonne note des doléances : «Nous devons voir avec le ministre compétent comment sensibiliser le gouvernement pour régler ce problème. Nous pensons qu’il est du devoir de l’Etat de soutenir ses opérateurs économiques à faire face à la concurrence »…, malienne.
Le «cas malien» est pris très au sérieux au Sénégal et même dans toute la sous-région, dans le domaine des transports en l’occurrence. L’enclavement du pays ici, a profondément incité opérateurs et décideurs à développer ce secteur au point de tenir la dragée haute aux concurrents de la sous-région. Dans l’incapacité de leur tenir tête dans le secteur des transports passagers, les syndicats sénégalais sont tout simplement parvenus, avec la bénédiction des pouvoirs publics et en violation des textes intégrateurs, à interdire le territoire sénégalais aux compagnies de transports maliennes. Presque deux ans aujourd’hui que la crise perdure entre Maliens et Sénégalais dans ce domaine nonobstant les sollicitations et injonctions de l’UEMOA et de la CEDEAO !
B.S. Diarra
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