|
Il n’est un secret pour personne que l’école Malienne et particulièrement l’enseignement fondamental est confronté à de sérieux problèmes qui ont pour noms : manque d’infrastructures, les effectifs pléthoriques, insuffisance du corps enseignants etc …Ces problèmes entravent l’atteinte des objectif de l’EPT (Education Pour Tous) d’ici 2015.Ces informations sont issues du rapport d’une étude faite par le SNEC (Syndicat national de l’éducation et de la culture) dans le cadre de son programme EPT-VIH SIDA en partenariat avec l’internationale de l’éducation. L’étude a porté sur l’état des lieux des infrastructures scolaires publiques du 1er et du 2ème cycle de l’enseignement fondamental dans le district de Bamako. La présentation de ce rapport a été faite hier mercredi 11 novembre à la maison du partenariat.
D’entrée de jeu, c’est le secrétaire général du SNEC, Tibou Telly qui a campé le décor de cet événement. Selon lui, l’école malienne souffre d’un manque d’infrastructures, les conditions de travail sont loin d’être réunis et à cela s’ajoute le problème d’effectif pléthorique.
« Est-ce que ces conditions de travail permettent de dispenser un enseignement de qualité pour de bons résultats », se demande M. Telly.
Lequel, d’ajouter que les enseignants n’ont pas demandé beaucoup de choses, juste de bonnes conditions de travail. Pour l’atteinte des objectifs de l’EPT dira t-il, il faudrait que les uns et les autres conjuguent leurs efforts.
Dans une projection faite sur l’étude, il ressort que les résultats ne sont pas réconfortants avec à la clé des établissements vétustes, non hygiéniques, le manque de classes, d’enseignants etc.…dans toutes les zones couvertes par l’étude à travers le district de Bamako.
Ainsi, dans certains quartiers comme Banankabougou, il ya le manque de classes, des toilettes inadéquates.
Dans le même quartier, cette étude a relevé la présence d’un effectif pléthorique (110 à 115 élèves par classes), des mobiliers incomplets et des classes qui datent des années 70 et ne sont plus dignes de ce nom comme en témoigne Alassane Haidara, Directeur de l’école E de Banankabougou.
Même constat à l’école de Kalabancoro où l’eau coule par les toitures des classes pendant l’hivernage, rendant impossible le travail sous la pluie.
Aussi à l’école de Djicoroni, les enseignants ont témoigné qu’il n’ya aucune condition d’étude, un manque d’hygiène criard, de table bancs et d’enseignants. Selon les témoignages de certains enseignants, des poissons sont souvent péchés dans la cour de cet établissement après la pluie et les classes sont vétustes avec des trous de rats, le manque de latrines. Ainsi, la cour est inondée à la moindre pluie et les classes souvent inaccessibles.
Le constat est amère à l’école de Lafiabougou C1 où il ya un effectif pléthorique avec des élèves qui s’asseyent à quatre par table-banc. Ce qui les empêche d’écrire aisément.
Même constat à Djicoroni Para où les classes sont en mauvais état ainsi que les équipements et mobiliers.
A l’école de Toroko C, sur l’autre rive, le constat est qu’aucune toilette n’est utilisable, la cour est délabrée et les classes défectueuses à en croire le directeur de cet établissement.
A l’école de Djelibougou A, la scène est triste, en plus des salles de classes qui sont délabrées, la cour de cette école sert de lieu de repos pour les animaux et de dortoir pour les fous.
Certains élèves de l’école de Doumazana diront qu’ils sont trop nombreux dans leurs classes, ce qui fait qu’il leur est souvent pratiquement impossible de comprendre certaines explications des maitres et qu’ils ont des difficultés à écrire au regard du nombre d’élèves qui s’asseyent sur le même banc.
Ce constat est le même dans toutes les écoles publiques que l’étude a concerné partout à travers le district de Bamako.
L’étude montre ainsi que l’état des infrastructures constitue un véritable frein à l’éducation de qualité.
Les propositions du SNEC
Pour accélérer le développement quantitatif et qualitatif des infrastructures de l’enseignement de base à Bamako, le SNEC a ainsi proposé un plaidoyer actif avec toutes les organisations de la société civile notamment la coalition des EPT autour des recommandations suivantes :
A l’endroit des partenaires techniques et financiers, le SNEC propose l’augmentation des dépenses en éducation au cours des 10 prochaines années pour permettre au système d’absorber plus d’un million d’enfants qui ne fréquentent pas actuellement l’école primaire. La réduction de la taille des classes pour le moins à 40 élèves par enseignant au lieu de 90.
A l’endroit des élus, le SNEC propose l’implication effective de tous les acteurs concernés dans l’élaboration du budget de l’éducation car celle-ci doit être participative et tenir compte des besoins exprimés par tous les échelons de l’administration scolaire.
Aussi le SNEC estime qu’un transfert des ressources aux communes permettra aux collectivités décentralisées d’assumer les compétences qui leur sont transférées ainsi que la mise en place d’un cadre de concertation et de coordination des interventions des partenaires.
En ce qui concerne les élus, le SNEC estime que si les communes veulent remplir les taches éducatives, il leur faut chercher non seulement de nouvelles sources de financement mais aussi faire un emploi plus judicieux de leurs budgets.
Le SNEC est convaincu que pour l’atteinte de l’éducation pour tous, le défi ne consiste pas seulement à garantir l’accès universel à l’éducation, mais qu’il s’agit également d’offrir une éducation de qualité à travers l’interaction enseignant-infrastructures et équipement.
La cérémonie a pris fin par la remise du rapport au représentant du ministre de l’éducation, de l’alphabétisation et des langues nationales.
Dieudonné Diama
|