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| Le siège de l’ambassade de France à Bamako |
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| | Nous ne sommes pas ici des inconditionnels de l’immigration forcée. D’ailleurs, notre cri du cœur reste l’émigration choisie et nous n’en faisons, personnellement, aucun mystère. Parce que nous savons que le dernier mot reviendra toujours aux nations, en dépit des chartes et déclarations généreuses sur la liberté de mouvement.
Or nous avons beau avoir d’elle une histoire devant la prédisposer à plus de respect envers ceux dont les grands pères sont morts pour elle, la France reste une nation souveraine. Mais ce que nous déplorons, c’est ce que beaucoup de nos compatriotes perçoivent comme la nouvelle politique de la France vis-à-vis du Mali et qu’ils expliquent par le refus de notre pays à signer les accords sur les flux migratoires. Qu’on le veuille ou non, et quelles que soient les motifs qui le sous-tendent, nos concitoyens subissent un durcissement des conditions d’entrée et d’accueil en France.
Monsieur le Consul de France, ils ne se comptent plus les Maliens qui, estimant remplir toutes les conditions pour avoir le visa étudiant, reviennent éplorés de vos rendez-vous. Ils ne se comptent plus, monsieur le Consul de France, les Maliens qui se plaignent d’avoir été déboutés ces derniers mois alors qu’il y a peu ils bénéficiaient de visas de circulations sans difficulté. Ils ne se comptent plus, monsieur le Consul de France, les Maliens qui ne supportent plus de voir leurs responsables, ministres, anciens ministres, parlementaires notables, faire la queue pour avoir le visa. Ils ne se comptent plus enfin, monsieur le Consul de France, les Maliens qui confient leur humiliation face à ce qu’ils appellent vos « nouvelles consignes ».
Viennent s’ajouter à ces couleuvres domestiques le calvaire de Roissy que viennent de subir nos artistes à Roissy se rendant aux journées maliennes de Montreuil. Nous tirons la sonnette d’alarme contre un raidissement qui n’a pas sa raison d’être. Notre intention n’est pas de mettre le feu à la poudre, mais de demander plus de souplesse, plus d’humanité, de considération.
Nous sommes d’accord d’avoir moins de Mali en France, mais de grâce, acceptez qu’il y ait plus de France au Mali. Et la France, selon sa devise, c’est d’abord les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité. Nous demandons humblement que cette France redevienne possible ici. Mais nous le demandons urgemment pour désamorcer une indignation qui a atteint son comble.
Adam Thiam
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