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L’hépatite est une maladie du foie qui devient de plus en plus fréquente et endémique dans notre société.
De ce fait, une association a vu le jour pour lutter contre ce fléau qui constitue, de nos jours, une menace aussi importante que le VIH/SIDA au Mali.
Mme Touré Djénéba Samaké, Présidente de SOS Hépatites Mali, accorde un entretien au journal le « Relais ».
R : Mme la Présidente quel type d’association est SOS Hépatites Mali ?
Mme Touré DS : L’association SOS hépatites Mali est une association à but non lucratif, apolitique, laïque. Elle regroupe des malades, les conjoints des malades, des orphelins de l’hépatite, des personnels du corps médical et toutes autres personnes qui s’y intéressent. En un mot les personnes affectées ou infectées par la maladie. L’association a été créée en janvier 2006. Elle a pour but d’informer et de sensibiliser pour éradiquer toutes les formes d’hépatites, réduire la fibrose et le cancer du foie au MALI.
R : Qu’est-ce qui vous a inspiré l’idée de créer cette association ?
Mme DS : L’historique de l’association est un peu lié à ma situation personnelle. Tombée malade, j’ai suivi beaucoup de traitements, au Mali sans résultat probant. C’est alors que mes enfants ont décidé d’organiser mon évacuation sur la France pour des soins plus appropriés.
En France, j’ai subi une opération chirurgicale. Malgré ce traitement, je continuai de ressentir des malaises. Un jour, à la faveur d’une consultation et au regard des symptômes (maux de tête, fatigue générale, douleur au niveau des articulations), le médecin m’a alors prescrit un examen sérologique qui a révélé l’existence de l’hépatite C en stade avancé.
Pendant mon traitement, j’ai pris l’engagement devant Dieu, que si je venais à guérir de cette maladie, je consacrerais le reste de ma vie à la lutte contre les hépatites dans mon pays, le Mali, dans la sous région et en Afrique si j’en ai les moyens.
Mon traitement s’est étalé de 2003 à 2006 en France. Au retour au Mali en janvier 2006, j’ai lancé l’initiative de la création de l’association SOS Hépatites Mali dans le but d’épargner à mes compatriotes ce qui m’était arrivé.
R : L’intervention de votre association se limite-t-elle à Bamako ?
Mme Touré DS : Non c’est une association qui a vocation à mener des activités sur tout le territoire du Mali. A Bamako se trouve le siège à Kalaban Coura Rue 204 Porte 152 en Commune V.
A ce jour elle dispose d’antennes et notamment à Bougouni.
R : Quelles sont vos perspectives ?
Mme Touré DS : D’abord nous voulons couvrir tout le territoire du Mali. De même nous avons en vue l’implantation d’un centre de dépistage pilote à Bougouni. Nous souhaitons y faire beaucoup de prévention, en effectuant une prise de sang à toutes les femmes enceintes (sérologie) et de vacciner tous les nouveaux nés contre le virus de l’hépatite B. L’idéal étant de vacciner tous les nouveaux nés ce qui offrirait une protection élevée. Nous souhaitons que ceci fasse tâche d’huile dans tout le MALI, afin qu’un jour notre pays puisse bouter les hépatites hors du pays à l’instar de la polio.
Nous nous sommes assigné pour mission de sensibiliser les populations à l’existence de l’hépatite, par une campagne intense de dépistage, de traitement et de vaccination.
R : Quel appel avez-vous à lancer à la population et aux autorités ?
Mme Touré DS : En premier lieu, je m’adresse à la population en demandant à chacun de bien vouloir se soumettre au dépistage de l’hépatite et de se faire vacciner pour ce qui est de l’hépatite B.
Le virus de l’hépatite B est 100 fois plus contagieux que celui du VIH. Il résiste à l’Alcool, et à l’éther.
Il résiste à une température de 60° pendant quatre (4) heures de temps.
Par exemple, en ce qui me concerne j’ai été contaminée à la suite d’une transfusion sanguine. Beaucoup de personnes sont contaminées dans des conditions similaires.
Nul n’est sans savoir que le traitement est très difficile au Mali avec l’inexistence de médicament.
C’est pourquoi, ceux qui sont relativement nantis se font soigner à l’extérieur : (France, Maroc, Tunisie), etc.
C’est vous dire combien la prévention est essentielle. Le dépistage est le moyen d’agir vite sur la maladie avant les complications.
Aux autorités, je demande de prioriser aujourd’hui la lutte contre les hépatites au Mali, maladie endémique pour nous éviter une pandémie demain.
Le taux de prévalence au niveau national se situe à 17%. Comparé à celui du VIH/SIDA (inférieur à 2% au Mali) même si comparaison n’est pas raison. Les conséquences sont aussi très graves, et on se rend facilement compte qu’il s’agit d’un problème de santé publique majeur et de développement au Mali et dans le monde.
R : Je vous remercie Madame Touré Djénéba Samaké et je vous souhaite beaucoup de courage pour la poursuite de votre œuvre.
Il s’agit de la première interview du journal Le Relais sur le thème des Hépatites. Nous aurons l’occasion, étant donné l’importance de cette question de santé publique, de réaliser d’autres interviews avec des médecins spécialisés sur les hépatites.
Nous tenons à informer nos lecteurs que s’ils souhaitent obtenir plus d’informations sur SOS Hépatites Mali, ils peuvent contacter l’association par l’email suivant : soshepatitesmali@yahoo.fr. Par ailleurs ; des bulletins d’information sur l’hépatite B peuvent être téléchargés gratuitement sur le site de l’association « Développement & Santé » à partir du lien devsante.org
Seydou Koné
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