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Les dieux ne sont, peut-être, pas tombés sur la tête. Mais les Maliens ont vu le ciel s’écraser, littéralement, sur leur crâne. Du coup, certains perdent les cheveux. D’autres voient des cornes de bélier pousser sur leur calvitie naissante.
A dix jours de la fête de Tabaski, le prix du mouton flambe. Sur tous les marchés. Dans les villes, comme dans les campagnes. Partout, le prix du bélier fait bêler. Il varie entre 60.000 et 600.000 CFA. Des prix jugés hors de portée. Des prix, hors de prix. Surtout, pour le Malien moyen, dont le salaire est estimé à 50.000 CFA. Un Malien qui, pour joindre les deux bouts, est obligé de se livrer à toutes sortes d’activités. Licites, comme Illicites. Sans compter la crise financière internationale, qui continue de semer le bordel dans nos pays. Avec son corollaire de pauvreté ambiante. Mais aussi, de misère endémique.
Et, comme si la cherté du mouton ne suffisait pas, les voleurs se sont mêlés de la partie. Le vol du bélier est devenu le sport favori des voleurs à la tire. Des dizaines de moutons, destinés au sacrifice de l’Aïd El Fitr ont été passés à la trappe. Pour empêcher les voleurs de les dépouiller de leur mouton, acquis au prix de mille sacrifices, il n’est pas rare de voir certains chefs de famille partager leur lit avec leur mouton. D’autres, armés de leur fusil de chasse, veillent sur leur bélier jusqu’au lever du jour.
Certes, le marché du bétail est bien fourni cette année. Mais, contrairement, à la promesse faite à la ministre de l’Elevage par les marchands de bétail, les prix sont loin d’être abordables. Le mouton qui coutait 30.000 CFA, il ya une semaine, vaut aujourd’hui le triple voire plus.
Selon les marchands de bétail, la hausse sans cesse croissante du prix du mouton, s’explique. D’abord, par les conditions d’acquisition du bétail : « Nous avons acquis ces moutons au prix fort dans les régions, avant de les acheminer à Bamako. Sans compter le prix de transport, de nourriture du bétail… C’est tout cela réuni qui fait que le mouton coûte cher », explique Hama Diallo, marchand de bétail au « Garbaal » de la zone industrielle. Ensuite, vient le torpillage des prix pratiqués sur le marché par les « coxeurs ». C’est à ces boursiers du marché du bétail, que les marchands confient leur bétail. Bétail que les « coxeurs » revendent, à leur tour, plus cher en vue d’y tirer meilleur bénéfice. Enfin, la libéralisation des prix sur le marché. Le prix du bétail, comme celui des denrées de première nécessité, reste libre. Cette libre concurrence est à l’origine de la valse des cornes, pardon la flambée des prix sur le marché. Des prix, sans cesse, en hausse.
Prévue pour le 28 novembre prochain, la fête de Tabaski risque d’être, aussi, la fête de beaucoup de Maliens. Notamment, ceux qui tirent le diable par les poils de la queue.
Le Mollah Omar
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