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Le climat de la terre est déterminé par le rayonnement solaire et par un phénomène de régulation naturelle, l’effet de serre dû à la présence, dans l’atmosphère, de certains gaz dont principalement la vapeur d’eau, le gaz carbonique, le méthane, l’oxyde nitreux et l’ozone. C’est “l’accentuation” de ce phénomène par les activités anthropiques qui constitue le sujet de préoccupation mondiale connu sous le nom de “réchauffement de la planète”.
Les travaux du Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’evolution du Climat (GIEC) permettent de donner un aperçu peu concis du phénomène à l’intention des différentes sphères de la société. L’abondance dans l’atmosphère, le taux de variation et la durée de vie des Gaz à Effet de Serre (GES) sont influencés par les activités humaines.
L’effet de serre est lié à la concentration des GES dans l’atmosphère et ne dépend donc qu’indirectement de leurs volumes annuels d’émission. C’est pourquoi il faut distinguer l’objectif de réduction des émissions nettes généralement mis en avant par les médias et celui, plus fondamental, de la stabilisation des concentrations de ces gaz dans l’atmosphère. Autrement dit, stabiliser les émissions globales de GES à leurs niveaux actuels (ce qui constitue déjà un défi consiérable) n’empêche pas les concentrations de la plupart d’entre eux de continuer à augmenter sensiblement.
A concentration égale, les GES n’exercent pas le même forçade radiatif, c’est-à-dire l’effet de réchauffement. Les effets relatifs s’étendent sur un large intervalle de valeurs : molécule pour molécule, le méthane est d’environ 48 fois plus efficace que le CO2. Et le CFC-11 a une efficacité d’environ 4 500 fois plus forte, etc. Par ailleurs, la durée de vie de GES dans l’atmosphère est variable.
L’enjeu du phénomène
Le phénomène du réchauffement global reste un domaine d’incertitudes portant, en particulier, sur l’ampleur du réchauffement ultime, la vitesse du changement climatique, les effets du réchauffement et leur régionalisation. Mais au sein de la Communauté scientifique, un consensus s’est dégagé sur la nécessité d’une action préventive à l’échelle internationale.
En effet, d’ici la fin du 21è siècle, les différents travaux de prévision de l’ampleur du réchauffement s’accordent sur une augmentation de la température moyenne de la terre d’un ordre de grandeur de 1,5 à 4,5°C. Ce qui pourrait avoir des incidences catastrophiques sur les écosystèmes et les activités socio-économiques.
Selon les rapports du GIEC, en Afrique, ces changements se traduiront notamment par une plus grande variabilité de la pluviométrie, une détérioration des sols et une augmentation du niveau de la mer pouvant entraîner la submersion de grandes superficies des terres basses de certaines îles, tout comme sur le continent.
La meilleure stratégie de parade d’une menace aussi importante (malgré le degré d’incertitude s’y rattachant) nécessite donc une connaissance régulière du fonctionnement et de la trajectoire de la machine économique mondiale et les émissions de GES qui y sont relatives. C’est cet exercice ramené à une échelle nationale qui est soumis à tous les pays, à travers la légalité de la convention sur le changement climatique.
Au delà des émissions, on réalise à peine tous les contours de la problématique mise en branle. Par exemple, on note l’ouverture d’un vaste champ de controverses sur la nature du patrimoine environnemental commun et les modes de partage, d’acquisition ou de commercialisation de parts, des mécanismes financiers pour “nettoyer et maintenir propre” l’espace (capacité d’absorption, droits à polluer et leur commerce international), selon les responsabilités historiques reconnues et la capacité de la communauté internationale à assurer l’équité face à la complexité apparue entre environnement et développement.
Aussi, face à l’urgence que requiert la nature de la problématique du changement climatique, il est important de reconnaître ces contraintes et de les aborder suffisamment tôt dans des débats.
Impacts énergétiques
Le secteur de l’Energie (production et consommation) constitue la cause anthropique principale du forçade radiatif. La consommation d’énergie d’origine fossile (charbon, pétrole et gaz nature) à diverses fins (activités industrielles, transports, commerces, ménages, etc) dégage de grandes quantités de CO2. S’y ajoutent des émissions moins importantes de méthane provenant des mines de charbon et les dégagements de gaz naturel.
Le GIEC a estimé à 46% (avec une marge d’incertitude de 38 à 54%) la part du secteur de l’Energie dans le renforcement du forçade radiatif global, résultat des activtiés humaines. Selon ces mêmes estimations, le secteur énergétique des pays industrialisés contribue pour 74% aux émissions brutes de GES, contre 26% pour le monde en développement et 3% pour l’Afrique.
Les projections menées sur l’horizon 2055 (scénario de référence du GIEC) donnent, respectivement pour les mêmes zones géographiques, 56%, 44% et 6%. Cette répartition est dans le même ordre de grandeur que celle fournie par trois études récentes qui ont été respectivement menées par le Conseil Mondial de l’Energie (CME), La Commission des Communautés Européennes (CCE) et la Fondation Néerlandaise pour la Recherche en Energie (ECN).
Avec des émissions aussi faibles qu’il faudrait davantage fractionner à l’échelle des Etats, il est “logique” qu’avec scepicisme, les décideurs africains se demandent en quoi ce continent est sollicité pour “infléchir” l’allure de trajectoires globales dépendant si peu de ses activités.
Malgré tout, le fait abordé sous l’angle des relations internationales, l’Afrqiue ne peut rester en marge d’une stratégie mondiale vis-à-vis d’un problème aussi “global ”, dont la solution peut, à certains égards, présenter des opportunités de développement réel.
Si, malgré tout, l’aspect politique domine les raisons de l’adhésion d’une bonne partie du continent africain, des options énergétiques ne prenant pas en compte cette problématique ne devraient constituer qu’une exception temporaire.
Bakoroba COULIBALY
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