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Portrait
Mohamed Cheick Tabouré : Artiste engagé dans les luttes sociales
 Le Républicain, 10/12/2009   E-mail Imprimer

Mohamed Cheick Tabouré, directeur de publication du journal «Sanfin» et animateur principal de l’émission «Sanfin» sur la radio Kayira, est plus connu au Mali pour son engagement dans les luttes sociales. Mais, ce que bon nombre de ses concitoyens ignorent, il a été, il est et il restera encore pendant longtemps un artiste très talentueux. Tous ceux qui ont eu la chance de voir jouer le groupe «Tarasynco» ont pu apprécier le talent exceptionnel du doyen au microphone. Militant engagé dans les luttes sociales au Mali, présent sur tous les fronts, Mohamed Cheick Tabouré, n’est pas moins un chanteur exceptionnel de la musique Salsa.

Nombreux sont les Maliens qui seront surpris d’apprendre que le doyen Mohamed Cheick Tabouré du journal «Sanfin» est un émérite chanteur depuis sa tendre jeunesse. Sociétaire de l’orchestre «Tarasynco», plus connu sous le nom de groupe Taras, Mohamed Cheick Tabouré a été piqué par le virus de l’art, notamment de la chanson lorsqu’il était au lycée Askia Mohamed de Bamako. «Ma passion pour la musique remonte à l’époque où nous étions au lycée Askia de Bamako. J’ai commencé dans l’orchestre du lycée Askia que nous appelions à l’époque Askia Jazz et qui a une histoire particulière», se souvient Mohamed Cheick Tabouré.

Selon lui, avec la reforme de 1962, les élèves et étudiants du Mali se sont trouvés dans un environnement favorable à l’éclosion des talents. «Avec la reforme, les élèves et étudiants du Mali ont été mis dans des conditions d’égalité de chance. Tout était réuni pour les uns et les autres pour développer leurs aptitudes», a-t-il indiqué. Selon lui, cette reforme qui visait le développement d’un enseignement de masse et de qualité, avait institué la somme de 1000 F que tous les élèves sans exception devaient payer au titre de la masse de garantie. «En ce qui concerne le lycée Askia, c’est cette somme qui dormait dans une caisse qui a été utilisée pour aller acheter le matériel de l’orchestre à Abidjan», a-t-il révélé.

Avant d’ajouter qu’à cette époque, les établissements scolaires étaient de véritables pépinières d’artistes et de sportifs. «Les élèves avaient plusieurs aptitudes et tout était mis en œuvre pour les aider à les développer. C’est ainsi, qu’au moment où certains de nos camarades ont choisi de s’exprimer dans le domaine du sport que nous avions choisi la musique», a-t-il déclaré. Mais, il reste beaucoup redevable à Moussa Traoré dit Taras, qui selon lui, a joué un grand rôle dans la mise en place de l’orchestre Askia Jazz.

«Enfant de cheminot expulsé du Sénégal avec l’éclatement de la fédération du Mali, je me suis retrouvé au lycée Askia Mohamed où j’ai intégré l’orchestre qui allait se spécialiser dans la musique Salsa», a-t-il noté. A cette époque, le Mali était sous le règne du régime socialiste. Le pays avait une relation renforcée avec Cuba et les jeunes aimaient la musique salsa que nombreux appellent musique cubaine. Dans ses souvenirs de cette période, Mohamed Cheick Tabouré dira que l’existence de l’orchestre Askia Jazz va pousser les autres lycées de Bamako à créer leur orchestre. Selon lui, c’est dans la foulée que le lycée technique va se doter de l’orchestre «LT Band» et Bamako assistera à la naissance de l’orchestre du lycée de jeunes filles. Et mieux, des orchestres vont naître un peu partout dans les quartiers.

C’est dans cette ambiance faite de saine émulation entre les jeunes de Bamako que le jeune Mohamed Cheick Tabouré va rallier Dakar pour la suite de ses études. Arrivé à Dakar en 1967, le jeune étudiant va y détourner le temps d’une année, avant d’être expulsé en direction de Bamako en 1968, à la faveur de la grande grève de Mai 1968. Son séjour bamakois sera de brève durée, il va bénéficier d’une bourse pour rejoindre la France. Arrivé en France en décembre 1968, Tabouré va séjourner à Poitiers de 1968 à 1970. Mais à la faveur d’un mouvement de protestation contre le régime militaire qui sévissait au Mali, en compagnie d’un certain nombre d’étudiants maliens, ils vont occuper l’ambassade du Mali.

Cette action n’a pas été du goût des militaires au pouvoir à Bamako et la sanction fut sans appel. «Il a été décidé de couper la bourse à tous les étudiants qui ont participé à l’occupation de l’ambassade du Mali en France», s’est souvenu Tabouré. Etudiant sans bourse en France, à une époque où il n’était pas permis aux apprenants de travailler, Mohamed Cheick Tabouré a dû recourir à ses talents de chanteur pour arrondir ses fins de mois. «Avec la perte de ma bourse du fait des militaires au pouvoir à Bamako, j’ai quitté Poitiers pour m’installer à Aix en Provence. Non boursier, j’ai été obligé de vivre de musique de 1971 à 1972, parallèlement à mes études.

Accompagné d’un autre étudiant antillais du non de José, très bon guitariste», a-t-il déclaré. Avant d’ajouter qu’ensemble avec cet antillais ils avaient mis en place un système pour faire la publicité pour une boîte de nuit auprès des étudiants. «Sur le billet qui coûtait 7 francs français, nous avions une ristourne de 2 francs français sur chaque entrée et en compagnie de mon ami antillais, j’assurais une animation de quelques minutes», a-t-il ajouté. Mais, comme, il était pratiquement difficile de bien vivre dans ces conditions, en 1973, Mohamed Cheick Tabouré a pris la décision de s’installer à Paris. «A Paris, je n’ai pas fait la musique pour vivre.

Mais, j’ai souvent joué avec des amis pour nous remémorer la vieille époque du lycée Askia de Bamako», a-t-il révélé. Rentré de Paris en 1996, Mohamed Cheick Tabouré a retrouvé Taras qui était déjà rentré au Mali avant lui. A son retour, Taras s’était évertué à monter plusieurs formations dans des conditions difficiles, pour maintenir le flambeau de la musique salsa au Mali. Si Tabouré était l’un des plus fidèles qui ne ratait aucune prestation du groupe Taras, il a mis quelques mois pour commencer à rejouer avec celui qu’il a toujours considéré comme son maître.

C’est à la faveur du départ de Raymond Fernandez de nationalité capverdienne du groupe de Taras que Mohamed Cheick Tabouré est devenu chanteur de la formation «Tarasynco». De cette date à aujourd’hui, parallèlement à son engagement dans les luttes sociales au Mali, Tabouré ne rate aucune prestation du groupe qui se produit tous les vendredis et quelques samedis au «Tempo» et les jeudis au «Patio». Ceux qui se souviennent de l’époque où l’espace «Akwaba» était le lieu de rendez-vous le plus sûr de Bamako, seront de notre avis que les prestations du groupe Taras ont énormément contribué à la renommée du lieu.

En attendant de voir Taras et son groupe mettre sur le marché malien un album, Mohamed Cheick Tabouré est convaincu qu’en Afrique, les éléments du groupe sont ceux là mêmes qui ont assez maîtrisé la salsa de façon puriste dans le maniement des instruments et des chansons.

Assane Koné

 

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