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Cinquante ans dans l’existence mérite une fête. Mais dans le cas de notre Maliba dont le sort et le devenir sont liés au bon vouloir de la puissance colonisatrice, cela relève d’une vue de l’esprit. Doit on prendre tambour et flûte pour fêter cette interdépendance ? Si ce n’est que de donner l’occasion à certains de se faire la poche sur le dos du contribuable Compte tenu de la réalité du pays (pauvreté, famine, maladie, chômage, éducation, insécurité grandissante…) ATT devra revoir la copie car le peuple à besoin du concret comme il a l’habitude de le faire.
On a l’habitude de dire que ventre vide n’a point d’oreille. Après un demi-siècle de gestion autonome, nos dirigeants ne sont pas parvenus à gagner le combat de l’autosuffisance, alimentaire malgré les immenses potentialités dont dispose le Mali. Alors qu’il est admis par tous que l’indépendance d’une famille passe par son grenier.
Tel n’est pas le cas aujourd’hui car 50 ans après, notre pays reste tributaire des importations et des dons de l’extérieur. D’où la dépendance. Si le cinquantenaire à un sens aujourd’hui ça sera de réveiller les cultivateurs du pays en leur donnant des moyens modernes pour faire au défi de l’indépendance dont nous aspirons.
Sinon le citoyen lambda ne fêtera cette manifestation que de nom. Parce que tout simplement il est confronté à d’autres crises brûlantes qui le rongent nuit et jour. Ces crises ont pour noms : famine, corruption, tensions sociales et politiques dans beaucoup de localités ; insécurité ; problèmes du nord ; éducation ; impunité ; chômage ; démagogie ; mauvaise gouvernance, bref la pauvreté matérielle et mentale.
Si les citoyens ont besoin de quelque chose aujourd’hui, ce sera une éducation réelle à la citoyenneté pour un changement de mentalité et de comportement, pour bannir le mensonge et l’impunité. Sans quoi l’indépendance ne sera jamais une réalité. Et ce que les Maliens doivent savoir, c’est que, de par Dieu, notre pays est l’un des plus riches au monde, contrairement à ce que certains voudraient nous faire croire. C’est faux de dire que le Mali est l’un des pays le pauvre au monde. Ce qui nous manque, c’est le travail, le don et l’acceptation de soi pour devenir une puissance productrice.
Et si ATT acceptait d’investir les fonds prévus pour l’organisation du Cinquantenaire (dont les montants réels ne sont connus de personne) dans l’achat d’équipements pour notre agriculture, je pense que ce geste serait mieux fêté que n’importe quel autre par les paysans qui constituent la majorité de la population et qui sont les principaux acteurs du développement et de l’indépendance. Le seul objectif fixé par le président de la commission d’organisation du cinquantenaire est de : « Faire connaître le Mali aux Maliens, faire connaître le Mali à l'extérieur, et faire connaître l'extérieur au Mali ». Comment et avec combien de centaines de millions de francs Cfa ? L’interview des témoins vivants et un simple micro-trottoir y suffiraient ! Et avant toute dépense, le mieux serait de demander l’adhésion sincère des populations, de quelque parti qu’ils soient.
Aliou Badara Diarra
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