En prélude à la phase I tenue les 11 et 16 janvier derniers qui avait pour thème « La transformation des connaissances »,la phase II de l’espace citoyen d’interpellation démocratique sur la « Gouvernance de la recherche sur l’agriculture et l’alimentation », qui se déroulait du 1er au 7 févrierau Centre Niélény de Selingué, vient de connaître son épilogue.Plusieurs constats ont été faits, dont la plupart ont trait à la marginalisation des producteurs et productrices dans les prises de décisions pendant les recherches.
Cette rencontre instaure un climat d’échanges entre différents acteurs, notamment les chercheurs, les producteurs et bailleurs de fonds pour la recherche des solutions appropriées pour une gouvernance de la recherche agricole et alimentaire. Elle regroupe des partenaires financiersvenus d’Europe, dont le Dr. Michel Pinbert, de l’Institut International de l’Environnement et du Développement (IED) de l’Angleterre, qui avait à ses côtés le représentant du Gouverneur de Sikasso, Ibrahim B. Maïga,le président du Comité de pilotage de la recherche, Souleymane Wattara. Il faut rappeler aussi que la participation de plusieurs producteurs venus de toutes les régions du Mali, a donné un éclat particulier à cette rencontre
dont objectif était de permettre aux Jury citoyens d’auditionner différentstémoins experts sur la question de la gouvernance de la recherche agricole en ayant comme toile de fond le concept de la souveraineté alimentaire.
Pour le président du comité de pilotage, Souleymane Wattara, cette deuxième phase s’est imprégnée des sous-thèmes très importants dont l’organisation, la gouvernance de la recherche agricole au Mali, le métier de chercheur, la recherche participative, le financement de la recherche agricole. Selon lui, les recommandations issues de cette rencontre expriment sans doute des préoccupations du monde paysan, mais l’enseignement majeur relève de l’espoir, de la confiance en soi, de la détermination et de l’engagement, et surtout de la prise de conscience de son rôle économique et social dans un pays qui doit désormais inscrire son destin dans la reconquête de ses propres repères.
Pour le Dr. Michel Pinbert, de l’Institut International de l’Environnement et du Développement, ils ont vécu une semaine remarquable et unique dans le monde paysan au Mali et en Afrique de l’Ouest. Selon lui, les paysans venus de toutes les régions du Mali ont montré une réelle compétence citoyenne, une capacité remarquable de comprendre, d’analyser les questions complexes, de critiquer, et surtout de proposer des conditions. Poursuivant, il dira que cet espace sera clos, mais que le processus de délibération citoyenne sur la recherche va continuer.
Les sept jours de concertation entre les acteurs ont permis aux producteurs de faire valoir leur préoccupation, notamment la constitution des groupes de travail entre autres des exploitants agro-forestière ; de transformateurs, transformatrices (agriculteurs, éleveurs, etc.). A la suite des résultats de ces groupes de travail, plusieurs constats ont été soulignés. S’agissant du financement de la recherche agricole, le constat démontre une insuffisance du financement que le gouvernement consacre à ce domaine, et que la majeure partie du financement de la recherche provient de l’extérieur ; c’est pourquoi, elle est orientée vers les besoins des bailleurs.Du côté de l’organisation de la recherche, les bailleurs et les chercheurs définissent ensemble les objets de recherche, dénoncent le faible taux d’implication des femmes dans les commissions de recherche et de prise de recherche, regrettent que les centres de recherche ne couvrent l’ensemble du territoire.
Dans les pratiques de la recherche, il a été relevé entre autres que : les producteurs ne sont pas suffisamment impliqués et informés sur les étapes de la recherche, les chercheurs travaillent avec peu de producteurs, lesrésultats de la recherche sont exprimés dans un langage que la majorité des producteurs ne comprennent pas.
Enfin, il s’est avéré que les résultats de la recherche sont émis au nom des seuls chercheurs sans tenir compte des paysans, que le plan stratégique de la recherche est élaboré sans les paysans, que le chercheur est entre le marteau et l’enclume (producteurs, chefs).
Dans son discours de clôture, le représentant du Gouverneur de Sikasso, Ibrahim B Maïga, a expliqué que la loi d’orientation agricole et la charte pastorale, élaborées par le gouvernement du Mali dans le but de lutter contre l’insécurité alimentaire, pourront satisfait les différentesrecommandationsadoptées par les producteurs.
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