L’une des attractions de la 6ème édition du festival sur le Niger a été l’exposition d’arts contemporains éclatés sur deux sites : le hall des arts « Korè » et le Centre Animy Sculpture. Conformément au thème de cette année, la notion de l’eau transparaissait dans toutes les œuvres exposées.
Comme cela est désormais devenu une habitude, cette année à deux semaines du festival sur le Niger, Amahiguéré Dolo, artiste sculpteur malien de renommée internationale a piloté un workshop d’art plastique sur le thème de l’eau. Les œuvres de cet atelier ont constitué la trame de l’exposition éclatée qui a émerveillé beaucoup de festivaliers à Ségou. « Merveilleuse expo que nous offre le festival sur le Niger. Artistes inspirés, public attentif, des œuvres expressives, liaison avec ce que nous vivons, voyons, exprimé par l’art et la culture. Bravo et Merci ». C’est en ces termes que Tidjani Djimé Diallo, envoyé spécial du Président de la République à la 6ème édition du festival sur le Niger, s’est exprimé dans le livre d’or, après avoir présidé le vernissage de l’exposition, le 2 février 2010, au quai des arts de Ségou. De toutes les œuvres exposées, l’œuvre composée de Sinaly Tangara, intitulée « Art et politique », non pas parce qu’elle était la plus belle ou la plus sophistiquée, mais parce qu’elle était trop simple avec un message poignant de nature à faire marrer certains et à irriter d’autres a retenu l’attention. « Si les politiques étaient capables de comprendre ce que les artistes ont compris, de nos jours, ce qu’elle est l’Afrique ne serait pas ». Cette phrase qui dénote de la grande modestie de son auteur, inscrite sur une vieille natte de raphia, est le premier élément de l’œuvre composée de Sinaly qui en comporte quatre. Le deuxième est un artiste schématisé par un animal sans nom, conçu par des matériaux de récupération et traduisant la souffrance des artistes. Le troisième est une œuvre intitulée « l’œil du temps ». Histoire pour l’artiste de rappeler que l’Homme n’a pas la possibilité de tromper le temps. Et le quatrième, constitué par des vieilles paires chaussures, pour dire que seul le temps a le dernier mot. « Mon œuvre vise à interpeller les hommes politiques africains par rapport à leur comportement et à leur façon de gérer les affaires publiques », a indiqué Sinaly Tangara. Mais, Sinaly n’était pas le seul artiste dont les œuvres étaient très attractives. Yacouba Lam était présent avec son tableau « la marée noire ». Rafiy Okefolahan, peintre béninois, a exposé trois tableaux en rapport avec la déesse des eaux, « Métamorphose : Mami Wata ». Youssouf Diarra a exposé deux tableaux : « L’eau » et « la pollution des eaux ». « Bafaro » et « Mamiwata » de Alou Doumbia, « la vague » et « le festival sur le Niger » de Issa Koné, Cinq tableaux de Wren Miller de l’Angleterre, intitulés « lettres de l’eau et du feu », quatre tableaux de Modibo Doumbia, exposés sous le nom « Waati » sont autant d’œuvres artistiques qui ont trôné dans la salle d’exposition « le Korè » du quai des arts de Ségou. A côté des objets d’art d’une rare beauté, l’on a aussi admiré les trois œuvres de Sylvie Jean de la France : « Au fil de l’eau 1 et 2 » et « Partir ». Mohamed Lamine était présent avec quatre tableaux, tous intitulés « Bako ». Solomane Ouologuem qui symbolise aujourd’hui l’espoir de la peinture malienne n’était pas en reste. Il était à Ségou avec quatre de ses œuvres : les gouttes d’eau et trois tableaux très expressifs, l’eau, la famille et la connaissance. En plus des œuvres de Modibo Diallo, « Rupestre dans la grotte à Koulouba », « tête de jeune fille » et « mouvement humain », cette exposition a rendu hommage à Feu Atsou Kokou Ismaël qui, de son vivant, a été le maître décorateur de la scène Da Monzon qui abrite chaque année les grands concerts dans le cadre du festival sur le Niger. Quatre de ses œuvres ont rappelé aux festivaliers le talent d’un jeune artiste togolais qui avait jeté son dévolu sur notre pays en le choisissant comme terre d’accueil.
Assane Koné
Le Républicain, est seul responsable du contenu de cet article
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