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Pendant que plusieurs Chefs d’Etat et de Gouvernement des pays d’Afrique se préparent à fêter avec faste les 50 ans de leur accession à la souveraineté nationale et internationale, la famine frappe une couche importante des populations africaines. N’est ce pas là un paradoxe qui étale les insuffisances des politiques agricoles, visiblement coupées des politiques du développement endogène de l’Afrique.
A en croire un chercheur agro forestier du Mali, les systèmes de production agricole rencontrent aujourd’hui des défis majeurs pour accroître les productivités et les productions agricoles afin de satisfaire les besoins humains croissants. Ces défis surtout immédiats sont davantage prononcés en zones sahéliennes où l’arridité du climat et les phénomène de désertification influencent sur la sécurité humaine, la paix, les systèmes de résidence, la conservation et l’utilisation rationnelle et durable des ressources naturelles.
L’AGRICULTURE SOUS L’ANGLE DE LA SECURITE
Selon notre interlocuteur, en allant du postulat que le Mali ne pourra jamais à l’image d’autres pays sahéliens, se développer en marge des autres pays de la région, un essai de caractérisation de cet ensemble socio-politique, économique s’avère nécessaire.
En effet, dans les régions soudano-sahéliennes de l’Afrique de l’Ouest, la dégradation des ressources naturelles, bases de la production, a atteint un niveau tel que cela affecte désormais la sécurité nationale et la stabilité au plan international. La dégradation de la ressource terre dans cette région, doit dès lors être perçue sous l’angle non pas de la production seulement, mais aussi comme une menace sérieuse à la sécurité.
Selon l’orateur, la zone soudano-sahélienne est cette région du sud du Sahara, allant de la Mauritanie, du Sénégal jusqu’au bord de l’Océan Atlantique et débouchant sur l’Erythrée au bord de l’Océan Indien, l’agriculturale est comprise dans ces zones entre les isolètes 200 mm au Nord et 800 mm au Sud. Les populations de ces zones sont les plus pauvres de la planète.
Dans la plupart des pays de cette région, environ 20 à 35% de la population est mal nourrie. Environ 80% vit en milieu rural et compte sur l’agriculture. Comme source d’emploi, de revenus et de subsistance. A cause des effets conjugués de la croissance démographique, restée importante, de la dégradation de l’environnement et des ressources naturelles, la production vivrière par habitant a fortement baissé pendant les trois dernières décennies.
A l’analyse des problèmes liés à ce phénomène, le chercheur précisé que les raisons fréquemment évoquées pour ce qui concerne la pauvreté et la dégradation de l’environnement, sont entre autres : les pluies torrentielles et irrégulières, la diminution de la pluviométrie annuelle, la pauvreté des sols et leur faible capacité de reconstruction de la fertilité naturelle, l’érosion des sols et leurs lessivages, la sécheresse récurrente et la faiblesse des rendements agricoles.
Aussi, il évoque d’autres raisons qui sont moins fréquemment cités. Il s’agit du peu d’effort d’activités de recherche sur l’agriculture paysanne de types familial, la monoculture, la détérioration des prix aux producteurs agricoles, la mauvaise utilisation de la main-d’œuvre et la tenure foncière inadéquate, défavorable à l’investissement, les politiques agricoles inappropriées et défavorables aux petits fermiers, l’absence de crédits agricoles souples et enfin l’absence de diversification agricole surtout dans les zones dominées par les cultures de rente.
Les raisons de la pauvreté généralisée de la population et de la dégradation de l’environnement jamais évoquées ont trait aux changements climatiques et leurs effets néfastes tels que les épidémies, les inondations, les sécheresses et les infestations acridiennes.
SITUER LES INSUFFISANCES
Pour lui, au Sahel, l’agriculture familiale emploi environ 70% de la population totale. Pour ces personnes, l’agriculture n’est pas seulement une activité économique, il est aussi une source d’emploi et l’une des raisons d’être. Il y a 15 ans ce secteur contribuait au Produit National Brut (PNB) de ces pays pour environ 45%.
De nos jours, précise-t-il, cette contribution au PNB est en baisse dans de nombreux pays dont le Mali. Dans ces pays, la croissance de la production agricole est en moyenne de 9¨% par an, or, la croissance démographique est du même ordre créant une situation d’insécurité alimentaire touchant environ 40% de la population.
De ce fait, les 50 ans d’existence de ces pays, plongés dans une crise alimentaire aigue nécessite une réflexion minutieuse pour situer les insuffisances de la politique alimentaire des pays.
Ousmane BERTHE
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