Mardi 21 Novembre 13:38 GMT 
à Bamako [La Météo]
maliweb.net
 Accueil  Politique Sports Économie Faits divers Musique Régions Monde Contributions Gastronomie Annonces   Nord-Mali Immigration 
Rechercher un article sur maliweb.net: 
La Situation politique et sécuritaire au Nord
Kidal : Le bétail meurt comme les mouches
 22 Septembre, 24/05/2010 Commentaires [ 4 ] E-mail Imprimer

Dans un de nos précédents articles, nous évoquions la mort massive d'animaux au Nord du Mali et plus particulièrement dans la région de Kidal. Nous sommes allés sur le terrain pour voir de visu ce qui se passe. Cinq jours de spectacle écœurant, frustrant, à la limite révoltant. Reportage.

 Quand nous quittions Bamako dans la matinée du mardi 11 mai 2010, les éleveurs de Kidal que nous avions contactés, nous l'avait déjà fait savoir : "Si vous ne supportez pas certaines situations, nous vous conseillons de rester à Bamako où dans la ville de Kidal. Si vous êtes cardiaque, mieux vaut rester où vous êtes, car des carcasses et des animaux récemment morts jonchent un peu partout".

Arrivés dans la capitale de l'Adrar de Ifoghas, nous nous sommes rendu compte de cela.

Jeudi 13 mai 2010. Il est 8 h 30. Il fait déjà plus de 30 degrés à l'ombre. Au forage fait par le président de l'Assemblée régionale (à la sortie nord de Kidal), c'est la ruée vers l'or, pardon vers l'eau. Les citernes sont prioritaires, car elles servent les gros de la population de Kidal et même ceux qui se trouvent dans les villages. Mais certaines personnes venues sur place ne veulent pas l'entendre de cette oreille : "Nous nous sommes déplacés et nous sommes là depuis des heures. Il faut que nous regagnons nos hameaux avant que le soleil ne se couche". Après des échanges très houleux, la situation revient au calme à travers des plaisanteries de cousinage.

C'est un avant goût de ce qui nous attend en brousse. Déjà sur le chemin, nous apercevrons de carcasses desséchées d'animaux. A 10 km à la ronde, nous en compterons une trentaine.

Direction vers Tekankante, une localité qui souffre beaucoup en cette période de sècheresse et qui bénéficiera bientôt d'un point d'un point d'eau à la hauteur des attentes.  En cours de route, nous rencontrons plusieurs cadavres de chameaux. Tous sur le chemin qu'empruntent en général les bêtes pour aller s'abreuver. Le diagnostic d'un Docteur qui se trouve à nos côtés est claire : toutes ce bêtes que nous venons de voir sont mortes, il y a au moins deux jours. Pour s'approcher il faut se boucher le nez à l'aide d'un turban ou d'un mouchoir.

A Tagorast, Djounahn, Achibogo ou Tinezet, le spectacle est le même. Des cadavres d'animaux. Cependant, une scène nous est restée gravée dans la mémoire. A jamais. Djounhan, environ 50 km de Kidal sur l'axe Kidal-Anefif.

Une vieille dame, la soixantaine bien sonnée, lutte depuis plus d'une heure sous 47 degrés à l'ombre pour la survie de son veau. Elle l'encourage avec des cris, le tapote, l'aide souvent à se relever quand il tombe. Elle veut que le seul capital qui lui reste parvienne à un puits ou à un quelconque point d'eau. Fatigué, épuisé, la jeune bête s'effondre pour la dernière fois. Malgré un baroud d'honneur de la vielle dame, la bête ne se relèvera plus. Elle tiendra le veau par les cornes et les caressera jusqu'à ce qu'à ce qu'il rende l'âme, non sans avoir énormément bavé. Le cœur lourd comme une grosse pierre, nous quitterons la femme avec un sentiment que la nature est souvent plus forte que l'homme.  Combien de ces scènes se répètent à longueur de journée dans toute la bande sahélo-sahélienne du Mali allant de Nioro à Kidal en passant par Gogui, Nara, Tombouctou, Bourem, Tabankort ou Rhaoussalkite ? On ne le saura jamais tant que nous resteront cloîtrés dans nos bureaux climatisés.

 

Le bradage à tour de bras

Pris de court par cette sécheresse, plusieurs éleveurs n'ont pas cherché loin. Ils vendent aux premiers venus et à un prix dérisoire. A In Halil, frontière Mali-Algérie, certains éleveurs échangent trois chameaux contre un ou deux sacs de riz.

 Il faut savoir qu'en temps normal, un chameau coûte entre 350 000 et 400 000 FCFA. Quant aux petits ruminants, ils n'ont pas de prix fixe (entre 10 000 et 30 000 FCFA pour les moutons qu'on ne trouve, en temps normal qu'à 75 voire 80 000 FCFA).

Cet état de fait, nous l'avons vérifié quelques jours auparavant dans la cité des Askia. A Gao, au bord du fleuve, qui jouxte le quartier de Dioulabougou, un petit marché à bétail a été improvisé, crise oblige.

Le mercredi 12 mai 2010 à 8 heures, la chaleur atteignait déjà les 35 degrés. C'est Mohamed Izetiegouma Maïga, éleveur, qui nous a servit de guide ce jour-là. Alors qu'il nous expliquait comment les choses se sont détériorées avec la sécheresse, arriva un client qui voulait acheter un mouton. Après vérification des bêtes, il a fait son choix. La discussion avec Mohamed n'a été que de courte durée et le client a emporté la marchandise. "Je n'ai pas le choix. Si je ne donne pas à un prix bas, quelqu'un d'autre le fera. Les prix de nos moutons oscillent entre 10 000 et 25 000 FCFA. Les veaux se vente à 30 000 FCFA, au plus" nous a-t-il confié la gorge nouée.

Il ajoutera que sur la route de Bourem, un autre marché de bradage du bétail a été ouvert par les éleveurs qui n'ont plus les moyens d'alimenter leurs bêtes. Notons que le prix de l'aliment bétail a considérablement pris l'ascenseur atteignant les 7 000 voire 8725 FCFA pour les 50 kg. Quant au bourgou, la botte est passée de 300 à 700 FCFA à Gao. A Kidal, il faut débourser 1 500 FCFA.

 

Malgré les nombreux rapports…

Dans la capitale de l'Adrar des Ifoghas, Kidal, nous nous sommes rendus dans les deux services techniques du ministère de l'Elevage et de la Pêche (Directions Régionales des Productions et Industries Animales (DRPIA) et des Services Vétérinaires (DRSV). Malgré l'absence des deux chefs de services- le DRSV étant sur le terrain et le DRPIA ayant préféré aller se taper quelques jours de frais de mission à Bamako- nous avons été reçu par leurs collègues.

A la DRSV, il nous été clairement signifié que certains agents sont constamment sur le terrain et font des rapports pour informer Bamako de la situation qui prévaut. Ici, on affirme avoir demandé des remontant et des médicaments pour déparasiter certains animaux qui, à cause de leur fébrilité, se voit attaquer par toutes sorte de maladies. Mais aucun feed back.

A la DRPIA, même son de cloche. Les rapports ont été envoyés à Bamako depuis des mois, mais on attend encore la réalisation des différentes promesses faites, notamment l'aliment bétail. D'ailleurs, le Directeur Régional, M. Yalcouyé, qui se trouvait à Bamako, ne se serait jamais déplacé sur le terrain pour voir ce qui se passe, nous a révélé un haut cadre de l'administration à Kidal. Son ministre, n'en parlons pas.

A ce rythme, il n'est pas étonnant que la région de Kidal, qui compte environ 120 000 habitants et dont les 85% de la population est éleveur, ait perdu plus de 20 milliards de nos francs de janvier à nos jours.

Paul Mben, Envoyé spécial

22 Septembre, est seul responsable du contenu de cet article  
2062 hits
Autres Articles dans la même catégorie
Plan d’urgence pour la région de Kidal : L'appui salvateur du trio PIDRK - DDC – FIDA  
Remonter

Vos commentaires Modifier mon avatar 
Posté par can2010  480,  le 26 May 2010 15:29:06 GMT
 
bien fait sa c'est le resultat du haram ke vous etes venu prendre aux mains des musulmans ki
voulai un mouton pour tabasky dieu ne dors jamais je prens mon cas en 2006 quand jetai au
mali jai payer un mouton la vraiment bien gros a 150.000 le matin memem de la fete car il y
en avait pasqui m avait plus et le monsieur a bien profiter donc je le redis very well
 
  Répondre à < can2010 >
Posté par tidiane  635,  le 24 May 2010 12:07:55 GMT
 
M MBEN, une image, une seule nous aurait permis de tout comprendre
 
  Répondre à < tidiane >
Posté par kakoun  115,  le 24 May 2010 08:24:02 GMT
 
OU EST PASSEE LA POLITIQUE GOUVERNEMENTALE DE RECONSTITUTION DU CHEPTEL AU NORD DU
MALI? IL N'Y A PLUS DE FABRIQUE D'ALIMENTS DE BETAIL AU MALI. VOILA UNE DES CONSEQUENCES
DE LA DISPARUTION DE HUICOMA. MESSIEURS LES RESPONSABLES DU MALI, ARRETEZ LA DESTRUCTION
DE NOTRE CHEPTEL AU NORD, PAR LA REMISE SUR PIED DE HUICOMA DANS LES PLUS BREFS DELAIS.
 
 
Réponse de < foudkg  20683 > à < kakoun >,  le 25 May 2010 05:26:54 GMT
 
ce n'est pas une question de fabrique d'aliments du betail dont il est question ,mais tout simplement de ce qu'il y a de plus vital pour l'Homme et l'animal ,c'est à dire le manque d'eau du à la secheresse !........alors si meme des chameaux ne resistent pas ,comment veux tu que du betail ou des moutons resistent ?
 
  Répondre à < foudkg >

 Réagir à cet Article !
Afin d'améliorer la qualité du débat sur maliweb.net, nous vous proposons de nouveaux  outils :
  • Devenez membre et votre commentaire apparaîtra immédiatement
  • Sinon, indiquez votre Pseudo (requis), et votre commentaire apparaîtra après modération
  • Pour pouvoir poster un commentaire, veuillez obtenir un compte.
    Poster un commentaire  
     
    NB. La rédaction de Maliweb vous demande d'éviter tout abus de langage en vue de maintenir le sérieux et de garantir la  crédibilité de vos interventions dans cette rubrique. Les commentaires des visiteurs ne reflètent pas nécessairement le point de vue du Groupe Maliweb et de ses membres. Votre adresse IP est enregistrée. Vos commentaires n'engagent que vous, et non Maliweb ou ses membres.
     
     
    Autres Titres de l'Actualité
    Pour la défense de la république Codem en appelle à l'union sacrée
    Mali: réaménagement du gouvernement, négociations à Alger avec les rebelles touareg
    Dialogue Politique sur la recherche agricole pour le développement en Afrique de l’Ouest : Donner la parole aux vrais acteurs
    Kati : Des jeunes en colère lancent une expédition punitive contre les familles touareg
    Attaques rebelles au Mali : Bamako a–t-il perdu le Nord ?
     
     
    Forums Rencontres Archives Horoscope Musique Petites Annonces Cuisine Portraits Etudiants Jeux
    © MALIWEB 2002-2011