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La Situation politique et sécuritaire au Nord
Plan d’urgence pour la région de Kidal : L'appui salvateur du trio PIDRK - DDC – FIDA
 22 Septembre, 24/05/2010   E-mail Imprimer

La Région de Kidal fait face, de nos jours, à une crise d'envergure qui tend malheureusement vers la catastrophe. Ayant injecté, depuis janvier 2010, plus de 100 millions de FCFA pour venir en aide aux populations frappées par la sècheresse et aux nombreux éleveurs, le Programme Intégré de Développement Rural de la Région de Kidal (PIDRK), grâce aux ressources du FIDA, à un financement de la Direction du Développement et de la Coopération Suisse au Mali (DDC), vient de lancer les activités d'un Plan d'urgence qui prendra en compte le transport de l'eau, de biomasse résiduelle et de compléments nutritifs. Sans oublier le financement de 85 projets de réinsertion socioéconomique.

 La cérémonie de lancement de cette action vitale, qui s'est déroulée le vendredi 14 mai dans la salle de conférence de l'Hôtel Krutel, avait comme point d'orgue la remise symbolique des conventions qui lient désormais le PIDRK aux associations des différents cercles de la région de Kidal.

Mais, tout d'abord, le plan d'urgence. L'intervention du PIDRK dans l'atténuation des effets de la crise actuelle qui frappe l'Adrar des Ifoghas s'est traduite par la mise en œuvre du Fonds des Initiatives Génératrices de Revenus (FIGR), à travers des ressources du FIDA et des ressources issues du partenariat avec la Coopération suisse au Mali (DDC).

Certaines activités ont été réalisées sur financement du FIDA, pour un montant total de 8 641 000 FCFA, pour répondre aux sollicitations d'intervention d'urgence des populations, à travers les responsables communautaires et ceux des Collectivités Territoriales. Il s'agit, entre autres, de l'appui au transport d'eau par citernes, pour l'approvisionnement des populations et du cheptel dans les communes de Kidal et d'Adiel Hoc (3 convention d'appui pour un montant de 4 600 000 FCFA); du surcreusement de 2 mètres en roche dure d'un puits à Abiyou dans la Commune de Tinessako (pour un montant de 1 950 000 FCFA); de la réparation d'une pompe électrique de 16,5KVA, de la fourniture et pose d'une pompe immergée à Ashibogho (Commune d'Intédjédit) pour un montant de 700 000 FCFA; du surcreusement de deux puits dans la commune de Kidal (puits Hydro sahel, à Aliou et puits dit AG Elher, à Etambar), pour un montant de 850 000 FCFA...

Le PIDRK a apporté une contribution financière de 40 millions de FCFA, pour participer aux efforts du CSA dans l'assistance aux populations de la Région (mise à disposition de tourteau à prix abordable, frais de transport des dons en céréales sèches). Avec le fonds de la DDC, le PIDRK a mis un montant de 26 000 000 F CFA  à la disposition des quatre Conseils de cercles de la Région, sous forme de subventions en appui d'aide d'urgence, à raison de  6 500 000 F CFA pour chacune desdites Collectivités Territoriales.

Ces différentes opérations contribueront à résorber, pendant au moins un mois, les besoins des populations de l'ensemble des cercles de la région dans la participation au transport d'eau, de biomasse résiduelle et de complément nutritif (tourteau).

 

85 projets pour près de 42 millions de FCFA

Aider les populations à parer au plus pressé, c'est bien. Mais leur donner les moyens de se développer, afin de subvenir à leurs besoins sur les moyen et long terme, c'est encore mieux. C'est dans ce cadre que le PIDRK, sur fonds de la DDC, a initié le financement de micro-projets, dont 85 ont été retenus pour la bagatelle de 41 800 000 FCFA (25 690 000 FCFA remboursables à court terme, soit 61,45% et  16 110 000 FCFA  sous forme de subventions, soit 38,55% de l'appui). Il est important de souligner que 43 projets sont portés par des femmes, soit plus de 50%.

Ces projets profiteront à plus de 7 000 personnes. Les domaines d'activités concernées par cette action sont la fabrication de produits artisanaux, l'approvisionnement, la vente de produits et biens essentiels, la commercialisation du bétail, l'embouche de petits ruminants, la valorisation des produits agropastoraux (viande, peaux et cuirs) et l'aviculture.

Huit des 11 communes de la région de Kidal, soit 70%, ont été concernées par ces micro-projets. Les trois communes non couvertes par cette première vague (Timtaghène, Boghassa et Tinzaoutène) seront la priorité de la seconde phase des appuis. 

Afin de garantir une exécution correcte des micro-projets, les 85 promoteurs ont bénéficié d'une session de formation technique et en gestion simplifiée, à Kidal, du 10 au 13 mai 2010. Un dispositif de suivi sera mis en place et en œuvre avec les Collectivités Territoriales et les services techniques compétents. Le Programme a apporté divers appuis techniques et conseils aux administrations, aux Collectivités (propositions, divers avis et participations aux réunions et actions d'échanges et de synergie) et à de nombreux éleveurs, dans le cadre de la gestion de la crise actuelle.

Toutes choses qui ont poussé le Gouverneur de la Région, Yaya Dolo, à exprimer toute sa satisfaction lors de la cérémonie de clôture de l'atelier de formation des promoteurs de projets. Sans oublier de les exhorter à honorer leurs engagements et de rembourser à échéance les prêts. Même son de cloche chez le Président de l'Assemblée régionale, Abdoul Salam Ag Assalat : "Nous, à Kidal, sommes réputés être mauvais payeurs. Je crois que, cette fois-ci, nous en ferons mentir plus d'un". En tout cas, l'engagement a été pris par Dadiya Walet Moussa, porte-parole des promoteurs: "Nous sommes déterminés à mener à bien les actions qui viennent de commencer. Pour le bonheur des femmes et des jeunes".

En somme, une enveloppe de plus 100 000 000 FCFA a été investie par le PIDRK, depuis janvier 2010, dans la gestion de la crise. Il reste entendu qu'un des éléments essentiels d'une gestion adéquate de ladite crise est la définition des mesures à court et moyen terme. Dans ce sens, le PIDRK a dégagé et placé en réserve une enveloppe financière importante pour parer aux urgences au fur et à mesure que la période de soudure tirera vers sa fin.

Le Programme, financé par le FIDA et piloté par le Commissariat à la Sécurité Alimentaire, dont l'objectif est de contribuer à réduire la pauvreté et l'insécurité alimentaire dans la Région, reste convaincu que la meilleure façon d'y parvenir est de limiter le nombre des ménages vulnérables.

Il s'agit donc pour le PIDRK d'allier urgence et développement durable. L'espoir placé en lui étant grand, il ne saurait être indifférent face aux crises. Tout en ne perdant pas de vue que sa mission principale est le développement durable de Kidal.

Paul Mben, Envoyé spécial

 


DAOUDA MAIGA, DIRECTEUR DU PIDRK

 "Ce n'est pas en endettant les bénéficiaires qu'on peut les aider"

22 Septembre: Comment êtes-vous parvenu à mettre en si peu de temps un programme d'urgence aussi bien huilé, comme on l'a constaté à travers l'atelier qui a consacré le lancement dudit programme?

 Daouda Maïga: Au PIDRK, nous avons une zone d'intervention qui connaît une année exceptionnelle. Cela est consécutif à une très mauvaise pluviométrie, d'où une couverture pastorale très faible. Cette faiblesse a provoqué une sorte de désorganisation du tissu économique de nos bénéficiaires. Si nous voulons atteindre les objectifs qui nous sont assignés, il faut une certaine stabilité socioéconomique. Heureusement, nous avons, au PIDRK, une composante nommée Fonds d'Initiatives Génératrices de Revenus (FIGR). Ce fond prévoit la prise en compte des situations comme celle que nous vivons actuellement. Nous avons donc fait rapidement une prévision budgétaire qui prend en compte les différents cas. C'est dans ce cadre que nous avons surcreusé certains points d'eau qui, au départ, n'avaient que 10 cm de profondeur. Aujourd'hui, nous atteignons les 2,5 m. Nous avons aussi un autre fonds, d'environ 26 millions, négocié par le PIDRK auprès de la Coopération suisse, que nous avons réorienté vers les Conseils de cercle dans cette situation d'urgence. Cet argent a servi au transport de l'eau, à l'achat du foin et de l'aliment bétail pour les ménages et les éleveurs extrêmement démunis. Ajoutez à cela les 85 projets qui s'occupent essentiellement de l'embouche bovine, de la transformation des produits d'élevage, de  l'artisanat… Si nous comptabilisons tous les investissements faits face à la crise entre fin avril et début mais, nous atteignons les 100 millions de FCFA.

 22 Septembre: Vous évoquiez tantôt le chiffre de 85 projets. Techniquement, sur quelle base sont-ils financés et gérés?

 Daouda Maïga: Les 85 projets ont été sélectionnés dans une masse d'environ 140. Pour nous, les activités éligibles sont celles qui sont consacrées à la production en élevage ou à l'agropastoral. Ce sont aussi des activités dites de petit commerce. Beaucoup de femmes et de jeunes arrivent à améliorer leurs revenus en faisant circuler l'argent. Ces petites activités permettent aussi de réduire le chômage. Le mécanisme consiste à financer les associations de notre zone d'intervention reconnues, avec l'appui des Conseils de cercles. Ces associations ouvrent des comptes dans les institutions financières. Cela peut être dans les SFD ou dans les banques. Lesdits comptes sont à double signature, le Président de l'association et le Trésorier ou autre personne. Mais, en tout cas, à double signature. Une fois que le projet est retenu, validé, par les services techniques du PIDRK, notamment l'opérateur spécialisé dans les FIGR et la collectivité, il passe une dernière fois devant l'Unité de gestion du programme. Après ce circuit, l'argent quitte nos fonds pour ceux de l'association. Il n'y a ni chèque ni intermédiaire. C'est à travers ce mécanisme que nous somme sûrs que l'argent sera utilisé réellement par les bénéficiaires.

 22 Septembre: Dans les déclarations des différents Présidents des Conseils de cercle, il était clair qu'une partie de l'argent sera remboursé…

 

Daouda Maïga: C'est vrai. Mais, pour nous, le FIGR n'est pas un fonds de crédit. Comme son nom l'indique, il est là pour appuyer les activités génératrices de revenus. Et ce n'est pas en endettant toujours nos bénéficiaires qu'on y arrivera. Nous sommes logiques: lorsqu'une association fait de l'embouche, il y a de l'investissement. Il y a un fonds de roulement. Ces associations s'installent sous des hangars, elles achètent des mangeoires…etc. Il y aussi un fonds pour acheter le bétail. Il faut savoir que, pour la plupart des associations, nous concédons entre 30 et 40% du fonds pour l'installation. Les 60% qui restent sont considérés comme un prêt sans intérêt, remboursable sur une période allant de 6 à 12 mois, suivant les cas. Ce qui permet de rendre visible l'impact du projet et évite l'endettement, qui conduit souvent à d'autre débats.

 22 Septembre: Pour revenir un peu sur la situation qui prévaut actuellement dans la région de Kidal, pouvez-vous dire à nos lecteurs s'il y a réellement une mort massive d'animaux?

 Daouda Maïga: Bien sûr qu'il y a mort d'animaux sur le terrain. Tous les ans, pendant la période dite de soudure, il y a des animaux qui meurent d'épuisement. En année normale, cela est circonscrit à quelques vaches, à quelques moutons…

Mais, cette année, ce sont des proportions de sécheresse. Je crois aussi que ce qui a limité les mortalités, c'est l'évolution du système pastoral. Aujourd'hui, les éleveurs ont des centaines de pick-up, qui transportent de l'eau, quelques dizaines de citernes. Certains forages sont exploités au moyen de moteurs installés par des individus… Certains observateurs comparent cette année à celles de sécheresse de 1973 ou 1984. La réponse du gouvernement a été, il faut le reconnaître, rapide en ce qui concerne le riz et l'aliment bétail. Il faut surtout accepter que le gros lot des éleveurs se trouve dans la précarité. Et c'est là que la sècheresse frappe le plus.

Propos recueillis par

Paul Mben, envoyé spécial à Kidal

 

22 Septembre, est seul responsable du contenu de cet article  
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