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Faits Divers
Pour avoir protesté contre une expulsion «musclée»: Une Française débarquée d’un vol Aigle Azur
 22 Septembre, 03/11/2011 Commentaires [ 28 ] E-mail Imprimer

Le 28 octobre dernier, une passagère française a été débarquée, ainsi que d’autres témoins, d’un vol Aigle Azur à destination de Bamako, pour avoir protesté contre le traitement dégradant infligé à un homme manifestement en train d’être expulsé violemment contre son gré. Elle croyait à tort qu’au pays des droits de l’homme la liberté d’expression (et celle d’indignation) était un acquis. En conséquence, c’est au porte-monnaie qu’on la frappera ensuite, la forçant à acheter un nouveau billet auprès d’une autre compagnie pour pouvoir prendre part aux Rencontres photographiques qui se tiennent actuellement à Bamako. Lisez plutôt son récit hallucinant.

Vendredi 28 octobre 2011. Vol Aigle Azur ZI 0521. 15h20: le Commandant de bord nous souhaite la bienvenue. Les ceintures s’attachent, le moteur tourne et l’avion commence à rouler tranquillement. Sur cent vingt passagers, trois ou quatre Blancs seulement, dont moi. Soudain, un remous à l’arrière, au dernier rang. Des cris et, surtout, des gestes violents.

Les gens se retournent. Deux rangs derrière moi, une passagère s’écrie: «Il est attaché! Non, pas de ça! Ce n’est pas un chien! C’est scandaleux!»

Très vite, plusieurs personnes se mettent à crier. Je distingue alors mieux la présence au dernier rang d’un homme aux mains effectivement attachées, qui gesticule dans tous les sens et se fait violemment maîtriser par deux hommes portant un brassard où est inscrit «Police». La scène est cruelle et intolérable. Très vite, la tension monte. Les ¾ des passagers sont debout. Des cris surgissent de toutes parts. Cinq ou six passagers commencent à frapper sur les coffres à bagages, certains avec leurs chaussures. Le couloir central est encombré. Les hôtesses tentent de se frayer un chemin et hurlent aux passagers de s’asseoir. J’en interpelle une: «on peut avoir des explications?». Elle me dit de garder mon calme et nous explique, montrant le sans-papiers reconduit, que «c’est une personne malade, qui fait des crises. On n’a pas d’autre solution que de l’attacher». Je redouble de colère, comme l’ensemble de mes voisins, aussi stupéfaits que moi de cette réponse.

De toute évidence, on court vers l’émeute si l’avion ne fait pas demi-tour. Le Commandant de bord fait irruption et nous hurle l’ordre de nous rasseoir. Face au refus général, il repart. Les hôtesses nous disent de nous calmer: «l’avion va revenir à la case départ et le passager va être débarqué». La tension ne baisse que légèrement et, alors que l’avion roule à nouveau, la moitié des passagers au moins restent debout. Le mot scandale fuse.

L’avion s’arrête finalement et les policiers en descendent, encadrant la personne expulsée. Des conversations plus apaisées s’engagent.

Les passagers assis côtés hublots racontent ce qui se passe en bas. L’homme a bien débarqué et est monté dans un fourgon. Puis plus rien. Aucune explication. Une hôtesse s’avance enfin et nous explique que ce qui s’est passé est grave: «On s’est fait frapper.

Des portes de rangements de bagages sont abimées. On ne sait pas si l’avion repartira». Au bout d’une demi-heure, peut-être, trois policiers remontent et interpellent les passagers qui ont assisté au plus près à la scène. De ma position, je ne vois pas grand-chose. Je ne m’aperçois donc pas qu’ils font descendre deux passagers, avec leurs bagages à main. Puis les mêmes policiers s’avancent vers nous et demandent son passeport à la femme qui, la première, s’est aperçue que l’homme avait les mains ligotées et a crié. Elle le leur donne, en demandant ce qu’elle a fait. Le policier près d’elle ne répond pas et lui dit de prendre son bagage à main.

Je l’interpelle et lui demande ce que cette personne a fait. Il m’intime l’ordre de me taire et de ne pas poser de questions. Je lui réponds que la femme n’a fait qu’exprimer son désaccord face à un acte illégal et qu’à ma connaissance la liberté d’expression existe encore dans notre pays. J’ajoute que, quelques secondes après qu’elle ait dénoncé la violence de la scène, 50 personnes tenaient les mêmes propos qu’elle, restaient debout et refusaient de s’asseoir, comme elle. Le policier me fustige du regard et me conseille une nouvelle fois de me taire. Je lui dis que nous avons le droit de savoir pourquoi ils débarquent cette personne, qui n’a rien fait de plus que les autres et que, si elle descend de l’avion, ce sont 50 personnes, dont moi-même, qui doivent descendre. Les policiers m’ignorent, encadrent la femme et descendent avec elle.

Il est alors annoncé au micro qu’«il semblerait que des personnes souhaitent débarquer de leur plein gré» et celles-ci sont sommées de faire vite. Après quelques secondes, je me lève, espérant que mon geste en encouragera d’autres et que les personnes injustement débarquées seront ramenées dans l’avion. J’explique à mes voisins que tout le monde devrait se lever. Voyant que je reste seule debout et que les autres passagers m’incitent à me rassoir, je me dis qu’en descendant de mon plein gré, je serais immédiatement séparée des personnes débarquées sans raison, dont le sort m’inquiète. Je me rassois. L’avion ne redémarre pas.

Quelques minutes plus tard, les trois policiers remontent dans l’avion et se dirigent vers moi.

Le scénario se reproduit. Je leur montre mon passeport et ils me disent de récupérer mon bagage à main. Je tiens les mêmes propos que quelques minutes auparavant. Un policier m’explique alors que c’est le personnel de bord qui ne désire pas que je reste dans l’avion et demande à ce que je sois débarquée. Lui ne fait qu’accomplir sa mission. Je me plie à ses ordres. Les voitures de police nous conduisent au commissariat de l’aéroport, selon un découpage racial. Dans la première, plusieurs policiers et les trois passagers noirs débarqués. Dans la seconde, une hôtesse de l’air qui veut déposer plainte pour coups et moi. Elle blague avec les policiers, expliquant que c’est bientôt la pleine lune. Je me tais.
Arrivée au commissariat, je suis assise dans le couloir à côté des trois autres personnes débarquées. Des policiers nous entourent. Je demande à téléphoner, ce qui m’est refusé. Nous sommes tous appelés dans des bureaux différents. Je m’assois et un policier, relativement jeune, m’explique les accusations portées à mon encontre. La première, je crois, est d’avoir troublé l’ordre public. La deuxième, d’avoir entravé le bon déroulement du vol. La troisième, enfin, d’avoir incité les autres passagers à la rébellion. Je fais un long récit des scènes hallucinantes auxquelles j’ai assisté, relis ma déposition bourrée de fautes et la signe. Un second policier arrive. J’ai alors droit au quart d’heure moralisateur et à un discours visant à me prouver l’inutilité de mon acte. «Ce que vous ne savez pas, Madame, c’est que les sans-papiers qu’on reconduit chez eux sont des délinquants». Ou encore «Vous avez une solution pour accueillir tous les sans-papiers, vous? Si vous avez un grand jardin, alors parquez-les dedans». Je décide de ne pas répondre à la provocation et tente de garder mon calme. Les policiers finissent par me dire que c’est terminé et me demandent de quitter les lieux. Je sors, me disant que j’aurai plus tard des nouvelles du sort des autres car j’ai récupéré le n° de téléphone de la femme débarquée juste avant moi. Je suis exaspérée et pense avec horreur au sort que pourraient nous réserver les futures élections…
Ramata DIAOURE

22 Septembre, est seul responsable du contenu de cet article  
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28 réactions (3 en attente de modération)1 2  
Posté par bonheur-pourtous.com  152,  le 08 Nov 2011 11:07:43 GMT
 
Bizarrement, l'africain fait partie de la race la plus égoïste! L'africain proteste tant
qu'il pense qu'il n'y a rien, mais il suffit qu'il sent qu'un danger se pointe pour qu'il
"mette sa queue entre les jambes" (excusez-moi de l'image). Par contre, je peux aisément
imaginer la déception de cette française, prête à prendre des risques pour un africain
qu'elle ne connait ni d'Adam ni d'Eve, surtout si elle pense au fait que c'est d'autres
africains qui n'ont pas voulu lever moindre petit doigt (oui, on peut crier et chanter tant
que l'on pense que l'on ne craint rien!). Comment pensez-vous que l'Afrique a été
colonisée? Ce sont des africains qui ont livré l'Afrique aux colonisateurs (comme c'est le
cas même aujourd'hui)!
 
  Répondre à < bonheur-pourtous.com >
Posté par htoure82535  171,  le 07 Nov 2011 20:04:30 GMT
 
en tout moi jai honte d'etre depuit ce soutient a kadhafi
 
  Répondre à < htoure82535 >
Posté par capy  43,  le 04 Nov 2011 16:47:48 GMT
 
Il faut tout simplement boycotter Aigle Azur.
 
  Répondre à < capy >
Posté par boulanger  80,  le 04 Nov 2011 15:00:08 GMT
 
Ce qui prouve que les Maliens ne pensent qu'à soi-même. La Solidarité n'est pas "malien".
 
  Répondre à < boulanger >
Posté par Colorado  608,  le 04 Nov 2011 12:41:04 GMT
 
c'est triste,l'immigration cladestine est une conséquence de la colonisation.
 
  Répondre à < Colorado >
Posté par Sentinelle  2549,  le 04 Nov 2011 11:34:22 GMT
 
Ingénieur japonais, Médecin malien
DROIT différencié,
ou LOI à la carte???

Dans mardi politique de RFI, monsieur Guéant
était l'invité du 01 novembre. Dans la deuxième partie entre la 10ème et 15éme minute on
parle de l'immigration, fameux sujet MOBILISATEUR de la plèbe.
    " (...)
    j'attendais un ingénieur japonais qui veut rester en France, OK.
    Mais un médecin malien
    (...) il a son avenir au Mali (...) où il manque de médecin."
    Dixit,
    l'excellent SINISTRE de l'intérieur.
Dites moi votre nationalité, je
vous dirais quel traitement la République française vous réserve!
Bravo pour la qualité
de la réflexion dont est capable un haut fonctionnaire de la France, de surcroit CHANTRE DE
LÉGALITÉ et de LIBERTÉ.
On ne me comprends pas, quand je déverse une glaire
d'indignation sur ces gens qui agissent et s'agitent à notre nom depuis des siècles.
 
 
Réponse de < Sentinelle  2549 > à < Sentinelle >,  le 04 Nov 2011 11:42:01 GMT
 
d'acquérir de l'expérience et d'exprimer son savoir et savoir faire là où il DÉSIR ???

Vous pouvez tarder à mettre ce téméraire médecin dans SON DROIT voire l'éconduire, mais sachez que sa détermination est grande et il ne se soumettra JAMAIS!

Vous savez Guéant Le"croisé"? L'Afrique et les africains ne vous demande que le respect de vos lois , et éventuellement de faire sauter les droits de brevet à la kon qui empêche les africains de s'équiper et d'avoir des molécules avec leurs maigres revenus, et le reste coulera de source.
 
  Répondre à < Sentinelle >
Réponse de < Sentinelle  2549 > à < Sentinelle >,  le 04 Nov 2011 11:37:25 GMT
 
Il n'ont rien compris de l'Afrique et des africains.

Il y a tant balourdises, autant sur la forme que sur le fond :
    Il pouvait interdire au MEDEF d'aller investir hors de la mère patrie, car la misère ÉMERGE GRAVE dans les banlieues lisières urbaines, il pouvait interdire au ONG à la KON de rester dans l'Hexagone pour s'occuper des papis et des smicard affamés et déprimés,
Il aurait fait œuvre utile, mais bon en tant que GRAND MAITRE des africains il veut indiquer au médecin malien, incapable de savoir ou se trouve son avenir, d'aller s'occuper ces frères. OK!

Mon cher grand manitou, je vous informe que le Mali fait partie des nations où des médecins sont employés comme infirmiers, aide soignant dans les CSCOM,...s'il ne sirote pas du thé sous l'arbre à palabre. Alors est ce vraiment de bonne fois d'empêcher à ce médecin malien , qui a décrocher au prix d'une immense abnégation,
 
Posté par fanga fing  275,  le 03 Nov 2011 23:51:48 GMT
 
Voici les agissements d'un Pays soit disant berceau de droits de L'homme et de liberte!
 
  Répondre à < fanga fing >
Posté par 666  754,  le 03 Nov 2011 14:55:02 GMT
 
Maliweb you suck
 
  Répondre à < 666 >
Posté par foudkg  20683,  le 03 Nov 2011 14:23:47 GMT
 
une chose me fait quand meme rire ; ce sont tous les maliens qui se sont fait expulser de
Libye par le regime de Kadhafi !!!! les expulsions devaient certainement etre plus musclées
que celle decrite , et pourtant 80% des maliens sont encore entrain de pleurer leur guide
 
 
Réponse de < kalaban  61 > à < Broulayi >,  le 03 Nov 2011 20:26:53 GMT
 
C'est un f.i.l.s de p.u.t.e, ils sons sans morale ce type c.o.n.
 
  Répondre à < kalaban >
Réponse de < Broulayi  2647 > à < foudkg >,  le 03 Nov 2011 17:57:25 GMT
 
Tu aimes rire, toi, hein ! ... de la misère des autres........ quand les jeunes se noient dans les océans... tu ris... quand de pauvres femmes se font expulser manu militari... tu éclates de rire... quand même un ^tre humain... se fait lyncher ... devant toutes les caméras du monde... tu ris........... tu aimes rire... tu aimes rire............ ............ jamais un mot de compassion... quand il s'agit des maliens.............
 
Posté par hamza-lybia  24,  le 03 Nov 2011 12:48:03 GMT
 
ramata tu aurais du rajouter 2 choses : les vols aigles azur sont des vols combines aigle
azur et air mali demander aux gens de protester contre air mali qui signe des contrats (
meme sils n ont plus le choix ) avec ce genre de compagnie
 
  Répondre à < hamza-lybia >
28 réactions (3 en attente de modération)1 2  

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