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Huit heures d’horloge, c’est le temps que le Vérificateur général, Sidi Soss Diarra a passé mercredi dernier au Pôle économique pour répondre au feu roulant des questions des gendarmes-enquêteurs. Huit heures au cours desquelles, Sidi Sosso Diarra, contrairement à ce que prétendent ses thuriféraires, a cafouillé, bafouillé et raconté des salades qui ne sont pas de saison. L’homme, selon des sources proches du BVG, serait sorti complètement lessivé vers les coups de 19 heures. Pour la circonstance, il était entouré. par deux de ses nombreux avocats: Me Magatte Séye et Me Mamadou Konaté.
Dès qu’il a reçu, le lundi dernier, la convocation du Procureur en charge du Pôle économique, Sidi Sosso Diarra s’est battu comme beau diable pour ne pas répondre à « qui de droit », comme il l’a dit dans l’interview qu’il a commanditée auprès d’une radio internationale après la publication dans « Le Sphinx» N° 260 du 13 mars dernier, de la lettre qu’il a envoyée au président de la République. Il a fait le pas de grue devant la porte du Ministre de la justice et Garde des sceaux, Maharafa Traoré, lequel a fini par le recevoir le mardi.
Le lendemain mercredi, il était face aux gendarmes du Pôle économique suite à la lettre de dénonciation de l’un de ses collaborateurs, mais pas n’importe lequel, car il s’agit d’un homme doublement assermenté, le Vérificateur Général Adjoint, Modibo Diallo (Voir document page 2). Sidi Sosso Diarra a été ensuite écouté sur sa gestion 2005 et 2006. Toujours selon les mêmes sources, le Vérificateur général aurait répété les mêmes réponses qu’il a données lors de sa catastrophique interview. Comme une leçon bien apprise.
La longue épreuve orale supervisée de main de maître par le Procureur anti-corruption, Sombé Théra, aurait été très éprouvante et humiliante pour Sidi Sosso Diarra qui était doux comme un agneau, selon les mêmes sources près du BVG. Ambiance !
Répondant à la question relative au loyer de sa résidence à la cité du Niger, Sidi Sosso Diarra aurait dit qu’il a une indemnité de logement de 500 000 Frs, pour se loger dans des conditions de sécurité suffisantes avec sa famille, il a opté pour une résidence à 850 000 FCFA TTC. Qu’il en a parlé avec le chef de l’Etat, qui a pris l’engagement de payer le différentiel de 350 000 Francs sur le fonds de souveraineté de l’Etat.
Alors pourquoi, le DAF prélève-t-il chaque mois les 850 000 FCFA sur les ressources du Bureau comme il ressort dans les écritures alors que le différentiel (350 000 FCFA) est pris en charge par l’Etat?
Réponse de Sidi Sosso Diarra: « C’est moi qui ai demandé qu’il en soit ainsi. »
Lors de son interrogatoire, les mêmes sources affirment que Sidi Sosso Diarra a dit aux enquêteurs que c’est le président de la République qui l’a autorisé à faire payer par le Bureau son évacuation sanitaire et ses différents frais médicaux qui s’élèvent à près de 76 millions Là aussi, sans donner la moindre preuve de la prétendue autorisation présidentielle
A la question de savoir pourquoi il a fait payer par son DAF, les factures de son téléphone portable, avec à la clé la facture salée du mois d’octobre qui s’élève à elle toute seule à 4 338 111 FCFA (Voir document), alors qu’il n’a qu’une indemnité d’eau, d’électricité et de téléphone de 400 000 FCFA notre Monsieur anti-corruption aurait reconnu avoir toujours fait payer lesdites factures par son DAF mais aurait avoué qu’il avait, cette fois-ci, un peu dépassé les bornes avant de demander l’indulgence des enquêteurs: : « J’ étais malade et à l’étranger. »
Au cours de cet interrogatoire, une première dans les annales des structures de Contrôle du Mali et même du monde, Sidi Sosso Diarra se serait indigné de voir certaines personnes émarger à plusieurs reprises. Une situation que le Directeur administratif et financier, Amadou Diop qui doit passer aujourd’hui devant les mêmes enquêteurs, se devra de clarifier. Idem pour les nombreux marchés attribués à Africsearch
Contrairement à ce qu’il a dit, le Vérificateur général a passé un très mauvais quart d’heure.
Franchement, son cas relève d’autre chose que de la justice. Comment peut-on sortir d’aussi grossiers mensonges? A moins que cela ne soit pas une sorte de chantage déguisé. La Présidence n’a jamais pris en charge le différentiel de 350 000 FCFA. Depuis son installation, en 2004, jusqu’au moment où il a été épinglé par les magistrats de la Section des Comptes, en juin dernier, son loyer a été toujours payé par son DAF, Amadou Diop qui a pris le soin de le cacher, avec son autorisation, sous le chapitre autres dépenses, location bureaux BVG (sic) (Voir document signé par les deux) Même la caution de 1 100 000 FCFA de sa première résidence de N’Tomikorobougou Extension a été payée par le Bureau. Bien que remboursée, cette caution n’a jamais été reversée par Sidi Sosso
. Si la Présidence a toujours payé le différentiel, pourquoi, notre atypique Vérificateur a-t-il attendu le 21 juillet dernier pour demander au président de la République: « la mise à disposition d’un logement de fonction dont le financement serait assuré sur le Budget du Bureau du Vérificateur général ? » (Voir extrait de ladite lettre confidentielle N° 246/2008/BVG).
Pourquoi a-t-il payé 1 500 000 FCFA de différentiel ? (voir encadré)
En réalité, voilà ce qui s’est passé. Le Vérificateur Général a été pris au dépourvu. Après cinq ans d’exercice, il ne pensait pas que la Section des Comptes de la Cour Suprême allait le contrôler, comme le stipule l’Article 19 de la loi instituant le Bureau du Vérificateur général. Et comme il sait qu’il avait commis beaucoup de malversations financières, il a tout fait pour avoir une audience avec le président de la République, le 21 juillet dernier. Lequel l’a écouté, tout en lui demandant de se soumettre au contrôle des magistrats de la Section des Comptes de la Cour Suprême, comme tout le monde. Trois jours plus tard quand ces derniers sont revenus à la charge, il a appelé le Président Touré pour réitérer sa requête. Ce dernier lui a demandé de mettre tout cela sur écrit, et c’est ce que notre chasseur de scalps a fait! (Voir document page 4)
Mieux, il a même voulu induire ATT en erreur. Non seulement, il n’a pas pipé mot sur les malversations qu’il a commises, il lui demande, dans le cas où il accéderait à sa requête, de modifier le décret N° 04-020/P-RM du 27 janvier 2004 fixant le régime de rémunération du Vérificateur général, du Vérificateur général adjoint et des vérificateurs.
Aujourd’hui, Sidi Sosso est dans une impasse, c’est sans doute la raison pour laquelle, il ment honteusement
De 2004 à nos jours plusieurs centaines de millions ont été englouties dans les méandres de la gestion catastrophique du BVG.
Il fait payer par son DAF le loyer de sa maison, ses factures de téléphone, son évacuation sanitaire, ses frais médicaux et d’hospitalisation à coups de centaines de millions et dit tout bêtement aux enquêteurs qu’il a l’accord du président de la République sans en apporter la moindre preuve ? Comme il le reconnaît lui-même dans la fameuse interview : « Ah!, je suis le premier d’accord avec vous! Il y a des choses qu’il aurait mieux valu écrire, parce que le logement, ce n’est pas le plus grave. C’est que au jour d’aujourd’hui, en terme de couverture sanitaire, ou de couverture sécuritaire, je n’ai aucun texte qui me prémunit de quoi que ce soit. Alors que je fais, quand même, un travail qui est parmi les plus exposés de ce pays.
Quelle considération porte-t-il à un accord qui n’est sous-tendu par aucun document écrit ?
Comment après 5 ans d’exercice au BVG, Sidi Sosso peut-il demander aux fonctionnaires de se mettre en disponibilité alors qu’il avait lui-même écrit au ministre du Travail, de la Fonction publique pour demander la mise en détachement des mêmes fonctionnaires (Voir document). Là aussi, notre très grand Vérificateur Général raconte des craques. C’est à la suite d’un séminaire au cours duquel un magistrat de la Cour des Comptes de France a dit à Sidi Sosso de ne pas s’en prendre à la justice de son pays mais plutôt à ses rapports qui ne sont, en fait, bons que pour la poubelle, que ce dernier, une fois à Bamako, a cherché et trouvé des boucs émissaires en la personne des fonctionnaires du Bureau. A l’un d’eux qui lui demandait pourquoi ce revirement, le Vérificateur a répondu, tout simplement: « C’est ma nouvelle vision des choses »
Que Sidi Sosso Diarra ait un delirium, passe encore. Que les autorités l’aient laissé faire, ce qui est inquiétant! Lors d’une réunion qu’il a convoquée, il a accusé les fonctionnaires, de lui avoir planté le couteau dans le dos. Il les menaça de les reverser dans leur corps d’origine. Y compris son adjoint qui a été pourtant recruté dans les mêmes conditions que lui. Ce qui provoqua l’ire de ce dernier qui lui a fait savoir qu’en tant qu’officier de police, donc doublement assermenté, il a le sens de l’honneur. Non seulement Sidi ne peut pas le relever ou le reverser dans son corps d’origine, mais qu’il allait désormais lever un pan de sa gestion calamiteuse. Et c’est ce qu’il a fait.
Tout porte à croire que notre Monsieur Propre sera bientôt sous le coup d’une inculpation. Puisque parallèlement, le sulfureux rapport sur sa gestion 2004 de la Section des Comptes, dont « Le Sphinx » a pu avoir quelques extraits, est aussi sans appel (Voir encadré)
Dans son interview commanditée Sidi Sosso Diarra a dit : « je suis né guerrier et je mourrai en guerrier »
En fait, il veut dire qu’il est fils de guerrier, comme son père Moussa Diarra se disait descendant d’une ethnie et d’une famille (Les Ngoloshi) ayant exercé le pouvoir à Ségou.
Cette allusion faite à son père dans cette interview n’est pas gratuite. Puisque c’est lui même qui en parle, pour ce qui ne le savent pas, Moussa Diarra est l’initiateur de la première tentative sécessionniste du Mali, en 1959, il créa « La République de Ségou et un nouveau parti : l’Union Démocratique Ségovienne (UDS) Cette histoire est plus connue sous le vocale de l’Affaire Sakoïba (Cf. : le célèbre livre d’Amadou Seydou Traoré dit Amadou Djicoroni : Devoir de Mémoire, Devoir de Vérité (de la page 96 à la page 111).
Atteint d’une hérésie congénitale, Sidi Sosso Diarra pense, à travers les dossiers qu’il détiendrait, selon lui, sur certaines hautes personnalités du pays, faire trembler la République, dans le cas où on tenterait de le « démissionner »
Maintenant que notre « brillant » cadre vient de réaliser la prouesse d’être le premier responsable d’une structure de contrôle au Mali à être épinglé sur sa mauvaise gestion, va-t-il toujours s’accrocher à son poste comme un radeau de Méduse? Tout laisse à le croire.
Il est grand temps que le président de la République siffle la fin de la récréation afin de mettre fin à tout ce cinéma. Il lui suffit d’appliquer l’article 5 de la Loi instituant le BVG qui stipule « Le Vérificateur Général peut à tout moment donner sa démission. Il en informe le Président de la République par écrit. Celle-ci ne peut pas être refusée.
Il peut être démis de ses fonctions en cas de faute grave ou d’empêchement absolu constatés par la Cour Suprême saisie à cet effet.
L’Etat ne peut pas continuer à s’accommoder à la schizophrénie du Vérificateur Général. Il y va de la crédibilité de nos institutions.
Adama Dramé
Extraits du Rapport de la Section des Comptes sur la gestion 2004 du Vérificateur Général.
« Le contrat de marché N°0792/DGMP/2004 d’un montant TTC de 46 987 512 FCA conclu avec la société Afric Searh pour le recrutement des Vérificateurs et Vérificateurs Assistants ne porte pas les mentions obligatoires suivantes prévues par l’article 6 du Décret N° 95-401/P-RM du 10 novembre 1995 portant Code des Marchés Publics : le rappel des exclusions et la date de notification du marché.
Ce contrat a occasionné une dépense inopportune car il n’est pas conforme aux procédures de recrutement prévues par les dispositions de l’article 7 (alinéa 4) de la loi N° 03-030 du 25 Août 2003 instituant le Vérificateur Général qui stipulent que : « Le Vérificateur général recrute les Vérificateurs et le personnel d’appui sur la base d’une procédure de sélection conformément au Décret prévu à l’aliéna 2 de l’article 3 ». Le décret annoncé par cet article est le décret N°30-553/P-RM du 30 décembre 2003, déterminant les conditions et les modalités de recrutement du Vérificateur Général et du Vérificateur Général Adjoint.
Ce décret stipule en son article 7 que la sélection des dossiers de candidature aux postes de Vérificateur et de Vérificateur Général Adjoint est assurée par une commission de dépouillement et d’évaluation des dossiers. C’est donc une Commission qui devait procéder au dépouillement et à l’évaluation des dossiers de candidature pour les postes de Vérificateurs et Vérificateurs Assistants au lieu d’une société de recrutement. Le contrat passé entre le Bureau du Vérificateur Général et la société Afric Search pour le recrutement des vérificateurs et des Vérificateurs Assistants a procuré à autrui des avantages injustifiés.
Le Vérificateur Général a par ailleurs violé les dispositions du décret sus-mentionné, ce qui constitue une faute de gestion.
c) des dépenses d\'un montant total de 3 449 950 FCFA ont été effectuées en faveur du Vérificateur Général sans fondement juridique. Il s\'agit de:
. achat de mobiliers (placards) pour la Résidence du Vérificateur Général, sur les ressources du Bureau d\'un montant de 1 375 000 FCFA (annexe 27). Par ailleurs, l\'imputation de cette dépense au chapitre « Entretien des bâtiments » est irrégulière car il s\'agit de dépenses de matériel;
.surveillance de la Résidence du Vérificateur Général par une société de gardiennage[ la SSI, Ndlr ] sur les ressources du Bureau du Vérificateur Général pour un montant de 2 074 950 FCFA (annexe 28)
d) le Vérificateur Général, bien que bénéficiant d\'une indemnité de logement, a fait signer le contrat de bail de sa Résidence au nom du Bureau du Vérificateur Général alors qu\'il n\'est pas prévu qu\'il soit logé gratuitement.
Ce contrat constitue donc une faute de gestion;
e) les paiements de la caution et des loyers de la Résidence du Vérificateur Général pour un montant total de 3 477 420 FCFA en 2004. Les remboursements effectués en 2004 par le Vérificateur Général se chiffre à 1 500 000 FCFA reste redevable de la somme de 1 977 490 FCFA dont le remboursement aurait dû intervenir avant la clôture de l\'exercice 2004;
Le montant total des avantages injustifiés concernant le Chapitre « Entretien bâtiments » est
3 449 950 FCFA
2.7. Situation de paiement de la TVA
Le montant total de la TVA sur les dépenses, tel qu’il ressort des documents communiqués par le Bureau du Vérificateur Général se chiffre à 28 058 785 FCFA.
a) La retenue à la source d’un montant de 11 232 411 FCFA au titre de la TVA n’a pas été effectuée par le Vérificateur Général conformément aux dispositions de la lettre circulaire N°OOI7/ MFC-CAB du 27 novembre 1995 (annexe 32) ;
b) le Vérificateur Général, au lieu de communiquer à la Direction Générale des Impôts, la situation de cette TVA non retenue à la source, pour recouvrement, a procédé lui-même. au règlement de la somme de 10.867.546 FCFA sur ce montant (11 232 441FCFA). Ainsi, le Vérificateur Général a payé à la place des fournisseurs sur les fonds du Trésor, accordant à ces derniers des avantages injustifiés, ce qui constitue une faute de gestion;
c) Le Vérificateur Général a reversé un montant de 21.335.985 FCFA concernant la TVA due au titre de l\'exercice 2004 comme\' suit:
• 7.226.016 FCFA le.15 février 2005
• 14.129.969 FCFA le 13 mars 2008.
Ce versement a été effectué avec un grand retard en violation des dispositions de la lettre circulaire ci-dessus citée qui stipulent, entre autres que: « le versement des retenues opérées au cours d\'une période mensuelle doit impérativement être effectué au plus tard le 15 du mois suivant. » ;
d) la preuve du versement du montant de 7.226.016 FCFA effectué le 15/02/2005 n" a cependant pas été établie en l\'absence de la quittance délivrée par les services des Impôts; le Vérificateur Général n\'ayant communiqué que la photocopie d\'un chèque; le chèque n\'étant que le moyen et la quittance la pièce justificative;
e) les versements effectués en 2005 et en 2008 par le Vérificateur Général de la TVA due au titre de l\'exercice 2004 violent le principe de l\'annualité budgétaire car il a ainsi fait supporter par ces exercices des charges imputables à un autre exercice ;
f) le Vérificateur Général reste redevable de la somme de 3.330.950 FCFA au titre de la TVA de l\'exercice 2004.
No comment !
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