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A moins de trois années des présidentielles, le climat politique s\'échauffe petit à petit. Qui sera à Koulouba en 2012 ? Personne n\'en sait précisément. Cependant, une seule précision : des pions sont entrain d\'être placés çà et là pour le fauteuil qu\'occupe actuellement le président Amadou Toumani. Soumana Sako n\'en a pas du tout perdu son temps. En matière de pions, l\'enfant de Nyamina en a placé déjà. Mais à Nyamina son bercail, ce n\'est pas la grande joie, encore moins l\'assurance qui accueille cette affaire. Zou n\'y est pas vu d\'un bon œil.
C\'est sûr maintenant. Soumana Sako veut occuper le palais de Koulouba à partir de 2012. C\'est la conclusion à tirer de la grande rencontre d\'échanges et d\'informations que les sympathisants de M. Sako, regroupés sous le toit de CNASS, ont organisé le samedi 11 avril 2009 au centre Djoliba, en présence de l\'intéressé lui- même.
" C\'est un premier pas qui va nous conduire à des choses plus belles et plus grandes pour le Mali ". Cette phrase de Zou lors de la cérémonie du centre Djoliba, suffit largement pour lever toute équivoque sur les intentions de l\'homme. Un slogan, pardon le principal message de campagne de Zou est même déjà ficelé. Il s\'agit de : " le Mali pour tous et des chances égales pour chacun ".
Dans la foulée, les sorties à l\'intérieur du pays ne sont plus comptées. Zou ne peut plus rester sur place, car le temps presse et il lui faut séduire au maximum.
Dans tout cela, l\'impression est que Soumana Sako est entrain de faire un combat, son combat à lui, qui n\'est que d\'être président du Mali ; même si de l\'autre côté du fleuve (Nyamina) le vrai combat, le combat pour la survie, le combat pour l\'existence de son propre village est loin d\'être une priorité, pour ne pas dire un souci de Zou le nyaminaka.
Avez-vous été une fois à Nyamina ? En tous cas, les plus avertis en savent quelque chose, car c\'est un triste souvenir qu\'ils garderont longtemps de cette localité hautement historique de notre pays.
Si l\'idée vous vient une fois de visiter Nyamina, un seul conseil : ne partez jamais en saison pluvieuse, au risque de vivre le cauchemar de votre existence. Parce que rallier cette localité de moins de 180 Km de Bamako en saison pluvieuse, est un véritable parcours de combattant, particulièrement les moins de 80 kilomètres de pistes qui relient Sirakorola à Nyamina. Sur ce bout de tronçon, il faut calculer 4 à 5 heures de temps. La raison, état désastreux de la route qui n\'a rien à envier aux itinéraires d\'un contrebandier. Voilà pourquoi tout le monde se pose la même question : est ce vrai que Soumana Sako, ancien ministre des finances du Mali, ancien premier ministre du Mali et ancien secrétaire exécutif de l\'ACBF est de cette localité ? Pourtant oui, Zou est bien de Nyamina.
Curieusement, à quelques kilomètres de là, on est à Banamba et on s\'y rend sur une route bien faite, bitume à l\'appui. L\'écart entre les deux voisins (Nyamina - Banamba) est si grand qu\'on ne peut s\'empêcher de penser à une ségrégation. Il n\'en est rien, Banamba, à travers ses cadres et autres ressortissants, a forcé son développement et ça semble bien aller pour eux.
Pourtant Nyamina ne manque pas de cadres, en plus des autres il y a même Zou, un monsieur qui, seul, pèse plus lourd que tout ce que nous pouvons imaginer. Mais Nyamina semble ne rien bénéficier de cette puissance locale.
Plutôt que de s\'arrêter sur les routes, entrons dans Nyamina. Là, c\'est le comble, la désolation totale. Nyamina belle cité, Nyamina carrefour religieux et commercial, ne relève plus que d\'un passé lointain. Aujourd\'hui Nyamina est réduit à un enchevêtrement de maisons, beaucoup en abandon, laissées à la merci d\'un fleuve qui le bouffe petit à petit. Après chaque saison pluvieuse, Nyamina perd une partie de sa superficie, parce que le fleuve bouffe ses berges, entre dans le village et emporte avec lui des maisons. Même le marché du village n\'est pas épargné, sans compter les arbres légendaires qui sont petit à petit déracinés par les flots. S\'agissant d\'un entre de santé digne de ce nom, Nyamina en rêve encore. La forêt, fierté d\'hier est aujourd\'hui l\'ombre de lui - même. Bref, l\'environnement n\'est plus un souci; l\'assainissement, n’en parlons pas. D\'ailleurs, au rythme où évoluent les choses à Nyamina, des experts n\'hésitent pas à donner seulement une trentaine d\'années pour que Nyamina disparaisse sous l\'eau ; à moins que des efforts soient engagés.
A ce sujet, Soumana Sako en sait plus que nous tous. Mais qu\'a-t-il fait pour contrer le mal qui consume à petit feu son village ?
A Nyamina, les réponses ne militent point en sa faveur, même le festival international qui porte le nom de la localité, n\'est pas très content de Zou. Tout simplement parce que le développement que ce festival cherche à imposer à Nyamina n\'est pas conséquemment appuyé par Soumana Sako, quoique son frère direct soit le maire de la localité.
Pourtant, ce n\'est point la carrure, ni les opportunités, encore moins les relations qui manquent à Zou pour drainer à Nyamina tout ce dont il a besoin pour se mettre à l\'abri d\'une déchéance déjà programmée.
A Zou, nous disons ceci : " c\'est bien d\'être président, mais c\'est encore mieux de donner l\'exemple de son engagement à soutenir et à défendre les siens”. C’est cela qui semble être la seule chose qui échappe à M. Sako. Sinon, point de doute sur ses valeurs d\'homme d\'Etat.
A bon entendeur, salut !
Seybou KEITA
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