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| Photo - mouvementdessansvoix.org |
Ils sont plus de 500 travailleurs et ex travailleurs de l’Huilerie cotonnière du Mali (HUICOMA) venus de Koulikoro, de Koutiala et de Kita à élire domicile à la bourse du travail afin d’alerter l’opinion nationale et internationale sur leur situation. Très en colère, Ils jurent la main sur le cœur qu’ils ne bougeront point tant qu’un langage clair ne leur sera tenu par les autorités à propos de leurs revendications.
Les revendications des licenciés et travailleurs de l’huilerie cotonnière du Mali l’HUICOMA sont claires et précises. Ils exigent : La reprise sans délai et sans condition de l’Huicoma par l’Etat au groupe Tomota ; le paiement sans délai et sans condition du plan social 2003 de la CMDT amélioré, adopté pour les travailleurs de la CMDT et des mesures d’accompagnement à partir de la date du rachat (le 16 mai 2005) et la reprise sans délai et sans condition des activités de l’entreprise.
« Aujourd’hui, 10 novembre 2009, nous travailleurs de HUICOMA licenciés depuis 2005 et non licenciés avons décidé d’organiser un sit-in à la bourse du travail pour une fois de plus nous faire entendre auprès des autorités de la République du Mali et expliquer à l’opinion nationale et internationale la situation qui prévaut au sein de HUICOMA et des villes (Koulikoro, Koutiala, Kita), qui abritent ses différentes unités industrielles .
Ce sit-in n’est que la suite de notre lutte que nous menions depuis bientôt cinq ans contre le Groupe Tomota qui a repris 84,13% des actions de HUICOMA de la main de l’Etat suite au protocole d’accord de cession signé le 16 mai avec prise d’effet le 02 juin 2005.
Pour rappel le groupe Tomota, n’a jamais respecté un seul article du cahier de charges au grand dam du gouvernement de la République du Mali malgré les multiples avantages (non payement de taxes pendant huit ans, exonérations douanières, la baisse du prix de la graine de coton, la cession de HUICOMA à 9 milliards alors que celle-ci est estimée à plus de vingt milliards FCFA) que ce dernier lui a accordé, qui le favorisait et l’assurait le développement même de HUICOMA.
« Cette politique du silence qui ne dit pas son nom vis-à-vis du Groupe Tomota n’engage-t-elle pas la responsabilité du gouvernement de la République du Mali dans cette tragédie ? »
« Ce qui nous pousse, nous citoyens honnêtes et travailleurs intègres à nous demander si Alou Tomota et son groupe ne sont pas au dessus de la loi ? Ou Alou Tomota et son Groupe seraient-ils des mercenaires venus en missions pour fermer la machine qui est HUICOMA »
« Tant de questions que nous nous posons à juste titre et que nous exigeons des réponses de la part de ceux là qui ont cédé l’HUICOMA à coup de monnaie de singe ! » Voilà en somme la quintessence de la déclaration des travailleurs.
Lesquels et leur collectif de soutien déclarent aussi que lors de la marche du 24 septembre, à Koulikoro et celle du 06 octobre 2009 à Koutiala, des déclarations ont été remises au Gouverneur de la région de Koulikoro et au préfet de Koutiala. Dans ces déclarations, ils posaient des revendications afin que ceux-ci le transmettent à qui de droit durant un délai de deux semaines.
Malgré tout, rien de concret n’a été fait. C’est pourquoi disent-ils qu’aujourd’hui, ils sont de retour pour montrer leur volonté et leur détermination à réclamer l’implication de tous les acteurs.
Par ailleurs, ce sit-in selon les organisateurs donnera le coup d’envoi d’une série d’actions directes qu’ils projettent de mener jusqu’à ce que Tomota et l’Etat Malien se plient et remplissent leurs engagements.
« Nous appelons toutes les bonnes volontés (politiques, sociales, individuelles, collectives, religieuses, coutumières) à nous soutenir parce que cette question qu’est celle de l’HUICOMA est une question de taille nationale, et il y va de l’honneur et de la dignité du peuple Malien ainsi que son intérêt supérieur » ont déclaré les travailleurs.
Toutefois, ils se disent ouverts au dialogue et à toute initiative visant à résoudre cette question qui a assez duré.
Siaka Diakité ouvre ses bras aux licenciés !
Le secrétaire général de l’union nationale des travailleurs du Mali (UNTM), Siaka Diakité a accueilli les travailleurs licenciés de l’HUICIOMA à bras ouverts. « Vous être ici chez vous » a-t-il déclaré. Votre déplacement jusqu’ici est un soutien pour moi et pour ce que nous faisons.
Nous allons rencontrer la partie gouvernementale sur le protocole d’accord du 18 juillet 2007 qui cerne aussi le cas de l’HUICOMA a t-il laissé entendre.
Par ailleurs, le secrétaire général de l’UNTM demandera aux travailleurs de ne pas s’en prendre à Alou Tomota mais plutôt au gouvernement car c’est celui ci qui les avait recrutés au moment de leur entrée en fonction à l’HUICOMA.
Protocole d’accord du 18 juillet 2007
Le protocole d’accord du 18 juillet entre le gouvernement, le syndicat et le patronat comprend 20 points et cerne aussi le cas de l’HUICOMA:
Il s’agit de : Point N°1 : Faire avancer les fonctionnaires qui, à la veille de leur départ à la retraite, ont bénéficié au moins de la notation "BON" ;
Point N°2 : a) Faire payer les arriérés de salaires, les indemnités de licenciement, le fonds de réinsertion et les droits des travailleurs des sociétés et entreprises d\'Etat.
b) Le contenu de l\'accord entre le gouvernement et l\'Association des Travailleurs Partants Volontaires à la Retraite.
Point N°3 : Faire baisser les tarifs d\'eau, d\'électricité, de téléphone, des produits pharmaceutiques et des hydrocarbures.
Point N°4 : Faire amener les prix des produits de première nécessité à un seuil de comptabilité avec les revenus des consommateurs.
Point N°5 : Faire relire le décret instituant le service minimum en cas de grève.
Point N°6 : Faire diligenter la relecture des conventions collectives.
Point N°7 : Faire publier le bilan de la privatisation.
Point N°8 : Faire renforcer les mandats des responsables syndicaux en les protégeant contre certains abus : TRANSRAIL, SOMAPIL, GRAPHIC INDUSTRIE, BETRAM-SA, METAL-SOUDAN.
Point N°9 : Faire revoir la contractualisation des emplois dans la Fonction Publique d\'Etat.
b) Réexaminer l\'équilibre des grilles par catégories.
Point N°10 : Faire accorder une subvention conséquente à l\'UNTM.
Point N°11 : Faire diminuer l\'Impôt sur les Traitements et Salaires (ITS).
Point N°12 : Faire augmenter le taux des allocations familiales.
Point N°13 : Faire octroyer une indemnité de départ à la retraite à tous les travailleurs du secteur public, para public et privé.
Point N°14 :a) Faire diligenter le processus de privatisation de la SOTELMA.
b) L\'application du Plan Stratégique de Relance de l\'ONP adopté par le gouvernement le 4 janvier 2006.
Point N°15 : Faire diligenter la réinstauration du fonds minier.
Point N°16 : Faire renforcer et étendre la protection sociale à l\'ensemble des travailleurs.
Point 17 : Faire revoir les politiques d\'ajustement structurel en vue de leur adaptation réelle aux besoins du pays.
Point N°18 : Revoir les conditions de privatisation de la CMDT.
Point N°19 : Accorder une augmentation générale de salaires aux travailleurs des secteurs publics, para public et privé.
Point N°20 : Faire élaborer au niveau tripartite un chronogramme de mise en œuvre de l\'Agenda du Travail Décent.
Alou Daou
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