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Le 29 Novembre 2009 représentait la sixième date inamovible pour la présidentielle en Côte d’Ivoire. Six reports de date des élections en seulement deux ans, ça fait trop. La prochaine date reste, elle-même menacée, du fait du délai non tenue de la date de clôture du règlement des contentieux, reportée aussi au 6 Janvier 2010. Face à ces reports intempestifs, la lassitude gagne du terrain au sein de la population qui voyait déjà une lueur poindre à l’horizon, avec l’affichage des listes électorales et les assurances données par la Commission Electorale Indépendante (Cei).
La récente déclaration du chef de l’exécutif Laurent Gbagbo sur la tenue des élections, à savoir : « s’il y a pas d’élection en Côte d’Ivoire, ça fait quoi ? », n’a pas été faite pour ramener la sérénité au sein de cette population. De plus en plus de voix s’élèvent contre la torpeur du Cadre Permanent de Concertation et son principal superviseur qu’est le Président Blaise Compaoré, dont la compétence est de plus en plus contestée par l’opinion nationale ivoirienne.
En effet, depuis le 19 Septembre 2002, la Côte d’Ivoire connaît une crise qui a conduit ses fils, dans une pérégrination, à la recherche de la paix à travers le monde. De Lomé, Bamako, Marcoussis à Ouagadougou, en passant par Accra et Pretoria, les résolutions onusiennes ont fait suite aux communiqués sans que les fils d’Eburnie ne réussissent à souffler dans la même trompette. Si les premières étapes de cette longue médiation n’ont pas été couronnées de succès, ce ne fut pas le cas pour les négociations de Ouaga où Blaise Compaoré fut désigné Facilitateur.
Le « dialogue direct » inter Ivoirien aboutit à la signature, d’un accord historique nommé Accord Politique de Ouaga (APO), le 04 Mars 2007, soutenu par un organe de suivi appelé Cadre Permanent de Concertation (CPC). Placé sous la supervision du Président Burkinabé Blaise Compaoré, le CPC constitue l’organe de contrôle de l’APO et devient un espace où les quatre grands acteurs du conflit Ivoirien, à savoir Laurent Gbagbo, Président de la République ; Henri Konan Bédié, Président du PDCI RDA ; le Dr Alassane Dramane Ouattara du RDR et le Premier Ministre Guillaume Soro se rencontrent périodiquement pour lever les éventuels blocages dans l’application du chronogramme tracé par l’Apo et faire avancer le processus de paix.
Deux ans après, le bilan est mitigé, avec certes des avancées, mais aussi beaucoup de points d’ombres et surtout plusieurs reports dans son application, notamment au niveau de l’organisation de l’élection présidentielle. La dernière réunion du Cadre Permanent de Concertation (CPC), 7ème du genre, a retenu la période allant de la fin Mars à début Avril 2010, pour l’organisation de la présidentielle en Côte d’Ivoire. Loin d’être convaincue de l’efficacité du remède »APO » et de la mauvaise foi de certains acteurs de la scène politique, l’opinion le traite déjà de « canard boiteux ».
En ce sens que depuis mars 2007, date de la signature de l’Accord Politique à Ouagadougou, aucun point sur les 11 inscrits dans son chronogramme n’a été traduit dans les faits. Il y a comme une réelle volonté du clan présidentiel à traîner le pas, histoire de gagner encore du temps au Palais, avant l’organisation d’élections crédibles et transparentes qui s’éloignent de jour en jour du pays. Tandis que d’autres vont jusqu’à mettre en doute la capacité réelle du Facilitateur Blaise Compaoré à mener la médiation Ivoirienne jusqu’à son terme.
L’opinion nationale commence à lorgner sérieusement du côté du Facilitateur, vers lequel les critiques les plus acerbes fusent. Selon le dernier né des journaux ivoiriens «…Demain » « le facilitateur ne facilite pas toujours les choses, certainement soucieux de préserver les intérêts de son pays qui, à coup sûr, tire des dividendes au plan diplomatique et économique de cette situation confuse. ….Quand dans un match, continue-t-il, la rencontre a du mal à prendre fin, c’est surtout du fait de l’arbitre qui n’a pas su définir clairement les règles du jeu ».
C’est dire à quel point, la question de la crédibilité du facilitateur est d’actualité en Côte d’ Ivoire ces derniers temps. Pour le confrère, le président Blaise persiste à jouer une partition qui commence à donner des sons discordants. Il conclut en disant : « si on ne change pas une équipe qui gagne, ce n’est pas le cas de celle du Président Blaise Compaoré, abonnée aux reports successifs de dates des élections où elle a battu le record ; six (6) en deux ans. Le moment n’est-t-il pas venu de faire le bilan de cette médiation et d’en tirer les leçons ? ».
Sur le terrain, rien n’incite à l’optimisme. La grève des greffiers qui bloque la phase du contentieux électoral est loin de voir son épilogue, tellement les points de vues divergent avec ceux du pouvoir qui a décidé de fermer le dialogue, tant que ceux-ci ne reprennent pas le chemin des tribunaux. Le problème de la sécurisation des élections se pose avec acuité, parce que le Centre de Commandement Intégré (CCI) n’est pas encore opérationnel, pour cause de manque de moyens financiers, comme l’a dit récemment à la presse, son Commandant le Colonel Nicolas Kouassi.
Le regroupement des ex-combattants et le désarmement, dans les deux camps, restent aléatoires, compte tenu des difficultés de tous genres. L’unicité des caisses de l’Etat dans les zones ex- assiégées, le redéploiement de l’administration et le déploiement des 8000 éléments dans les zones Centre Nord Ouest et au Sud restent un casse tête chinois pour les autorités ivoiriennes. Tel un nuage qui assombrit le tableau, les tergiversations de la médiation burkinabé deviennent un fardeau dont la classe politique cherche à se débarrasser. Blaise restera-t-il à la barre ?
De Gildas, correspondant du Républicain à Abidjan
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