Session extraordinaire de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la Cedeao : Communiqué final

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1. La Session Extraordinaire de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) s’est tenue les 11 Novembre 2012 à Abuja, République Fédérale du Nigéria, sous la Présidence de S. E. M.

Alassane Ouattara, Président de la République de Côte d’Ivoire, Président en exercice de la

Conférence.

2. Le Sommet a été convoqué à l’effet d’évaluer les dernières évolutions des défis sécuritaires et institutionnelles inhérents au processus de transition au Mali et en Guinée Bissau.

3. Etaient présents à cette Session, les Chefs d’Etat et de Gouvernement suivants ou leurs représentants dûment mandatés:

- S. E. M. Thomas Boni YAYI, Président de la République du Bénin

- S. E. M. Blaise COMPAORE, Président du Burkina Faso

- S. E. M. Alassane OUATTARA, Président de la République de Côte d’Ivoire

- S.E.M. Manuel Serifo NHAMAJO, Président par Intérim de la République de GuinéeBissau

- S.E.M Alpha CONDE, Président de la République de Guinée

- S.E.M. Dioncounda TRAORE, Président par Intérim de la République du Mali

- S. E. M. Mahamadou ISSOUFOU, Président de la République du Niger

- S.EM. Goodluck Ebele JONATHAN, Président de la République Fédérale du Nigeria

- S. E. M. Macky SALL, Président de la République du Sénégal

- S. E. M. Faure Essozimna GNASSINGBE, Président de la République Togolaise

- S.E.M. K. B. AMISSAH-ARTHUR, Vice Président de la République du Ghana

- S.E.M. Jorge Alberto BORGES, Ministre des Relations Extérieures de la République du Cap Vert

COMMUNAUTE ECONOMIQUEDES ETATS DE L’AFRIQUEDE L’OUEST

COMUNIDADE ECONOMICA DOS ESTADOS DA AFRICA OCIDENTAL ECONOMIC COMMUNITY OF WEST AFRICAN STATES

- S.E.Mme. Susan Waffa OGOO, Ministre des Affaires Etrangère de la République de

Gambie

- S. E.M Augustine KPEHE NGAFUAN, Ministre des Affaires Etrangères de la

République du Liberia

- S. E. Mme. Ebun JUSU, Vice Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération

Internationale de la République de Sierra Léone

4. Les pays et organisations suivants ont pris également part à ce Sommet en qualité d’observateurs :

• L’Algérie

• La Mauritanie,

• Le Maroc

• L’Afrique du Sud

• Le Tchad, représenté par le Premier Ministre, SEM Emmanuel NADINGAR,

• L’Union Africaine, représentée par le Haut Représentant de l’UA pour le Mali et le

Sahel, SEM Pierre BUYOYA

• Les Nations Unies, représentées par SEM Said DJINNIT Représentant Spécial du

Secrétaire Général des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest

5. Les Chefs d’Etat et de Gouvernement ont pris acte des memoranda du Président de la Commission sur la situation au Mali et en Guinée Bissau ainsi que du Rapport de la Session Extraordinaire du Conseil de Médiation et de Sécurité du 9 Novembre 2012 présenté par le Président du Conseil. La Conférence a également pris note du compte rendu de S. E. M. Blaise Compaoré, Président du Faso, Médiateur de la CEDEAO au Mali, et de celui de S. E. M. Goodluck Ebele Jonathan, Président de la République Fédérale du Nigeria, Président du Groupe Régional de Contact sur le Mali et la Guinée Bissau.

6. Après examen approfondi, les Chefs d’Etat et de Gouvernement ont entériné les principales recommandations contenues dans les différents rapports. Tout en réaffirmant leur détermination à accompagner le Mali et la Guinée Bissau dans la résolution de leur crise sécuritaire et institutionnelle et ce dans le cadre des normes et principes régissant les Protocoles de la Communauté, les Chefs d’Etat et de Gouvernement ont pris les décisions spécifiques suivantes :

A-/ Sur le Mali :

7. La Conférence réitère que le dialogue reste l’option préférée dans la résolution de la crise politique au Mali. Toutefois, en ce qui concerne la situation sécuritaire, l’usage de la force s’avère indispensable contre les réseaux terroristes et de criminalité transnationale qui menacent la paix et la sécurité internationales.

8. La Conférence se félicite de l’adoption de la Résolution 2071 du Conseil de Sécurité des Nations Unies (CSNU) en date du 12 octobre 2012 comme une étape importante dans les efforts internationaux visant à résoudre les crises sécuritaires et institutionnelles au Mali.

Elle se félicite également de l’adoption du Concept Stratégique pour la résolution des crises au Mali au cours de la seconde réunion du Groupe d’appui et de suivi sur la situation au Mali, tenue le 19 octobre 2012, ainsi que de l’approbation du Concept par le Conseil de Paix et de

Sécurité de l’UA, le 24 octobre 2012.

9. Le Sommet décide d’adopter le Concept harmonisé des Opérations pour le déploiement de la Force Internationale conduite par l’Afrique puis demande au Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine d’entériner ledit concept et d’en assurer la transmission et celle du Concept Stratégique au Secrétaire Général des Nations Unies dans les délais prescrits par la Résolution 2071. Le Sommet exhorte le Conseil de Sécurité des Nations Unies à procéder à l’examen diligent de ce Concept en vue d’autoriser, le déploiement de la Force militaire internationale au Mali conformément au chapitre VII de la Charte des Nations Unies.

10. Tout en reconnaissant le rôle de premier plan du Mali dans les efforts militaires et diplomatiques visant à restaurer l’ordre constitutionnel ainsi que l’unité et l’intégrité territoriale du pays, le Sommet souligne le rôle de leadership de la CEDEAO dans le déploiement de la force internationale sous conduite africaine ainsi que dans le commandement de la Force et la mobilisation des ressources en étroite collaboration avec l’Union Africaine et les Nations Unies.

11. Le Sommet réitère ses instructions à la Commission pour le maintien de la force en attente en état de préparation avancée, en prévision d’un déploiement imminent et exhorte les Etats membres à honorer leurs engagements relatifs à la fourniture de troupes et de logistique.

12. Concernant le processus de transition, la Conférence prend note de la déclaration du Président par Intérim que la feuille de route de transition sera disponible dans les prochains jours. Elle exhorte le gouvernement du Mali à expédier les actions à ce sujet et à en assurer la mise en œuvre scrupuleuse visant à assurer le rétablissement de l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du territoire, ainsi que la tenue d’élections libres, justes et transparentes, durant la transition.

13. A cet égard, la Conférence réitère sa décision selon laquelle ni le Président par intérim ni le Premier Ministre et les autres membres du gouvernement de transition ne pourront être candidats à la prochaine élection présidentielle.

14. Les Chefs d’Etat et de Gouvernement invitent les autorités de la transition à procéder, avec diligence, à la mise en place du Comité National chargé de conduire, avec la facilitation du Médiateur, le dialogue interne entre les différentes parties prenantes à la transition et aussi avec les groupes armés non impliqués dans les activités terroristes et criminelles et qui acceptent, sans conditions, de reconnaitre l’unité et l’intégrité territoriale du Mali ainsi que le caractère laïc de l’Etat.

15. La Conférence réitère ses préoccupations face aux flagrantes violations des droits humains et humanitaires dans les territoires occupés ainsi qu’aux conséquences humanitaires qui pourraient résulter du déploiement envisagé. Les Chefs d’Etat et de Gouvernement saluent la prise en compte du volet humanitaire dans le concept stratégique et la planification des opérations et lancent un appel aux agences humanitaires et à la

Communauté Internationale à continuer d’apporter leur assistance au Mali et aux autres pays affectés de la région.

16. La Conférence se félicite des efforts déployés par SEM Alpha Condé Président de la

République de Guinée pour faciliter le transfert des armes au Mali et l’encourage à prendre les mesures nécessaires additionnelles pour assurer leur transfert rapide et sécurisé aux autorités maliennes.

17. Le Sommet exprime sa profonde gratitude pour les efforts de médiation consentis par S.E.M. Blaise Compaoré, Président du Faso et par le Médiateur Associé, S.E.M. Goodluck Ebélé Jonathan, Président de la République fédérale du Nigéria, et les encourage à persévérer dans la recherche d’une solution pacifique à la crise.

18. La Conférence se félicite du rôle joué par les pays voisins du Mali ainsi que par tous les autres partenaires internationaux de la CEDEAO dans le cadre des efforts visant à aider le Mali dans la résolution des crises sécuritaires et institutionnelles auxquelles est confronté le pays.

B-/ Sur la Guinée-Bissau

19. Le Sommet se félicite des efforts engagés par des Bissau-guinéens afin de promouvoir le dialogue interne et considère la décision de convoquer l’Assemblée nationale en session prochaine comme un autre moyen de parvenir à un consensus sur la transition et de favoriser une gouvernance inclusive.

20. La Conférence instruit la Commission d’accélérer la conduite de la mission d’évaluation conjointe en Guinée Bissau par la CEDEAO, l’UA, la CPLP, les Nations Unies et l’UE et considère cette mission comme un processus important dans la formulation d’un consensus au plan international. Elle encourage les partenaires à conjuguer leurs efforts afin de renforcer la transition et d’assurer la crédibilité du processus, en prévision de la tenue d’élections au plus tard en avril 2013.

21. A cet égard, la Conférence réitère sa décision selon laquelle ni le Président par intérim ni le Premier Ministre et les autres membres du gouvernement de transition ne pourront être candidats à la prochaine élection présidentielle.

22. Les Chefs d’Etat et de Gouvernement condamnent fermement la tentative de déstabilisation du 21 octobre 2012 et dénoncent tout recours à la violence ou à des moyens anticonstitutionnels pour exprimer des revendications politiques. Ils exhortent les autorités de transition à veiller au respect de l’Etat de droit ainsi que des droits humains dans le cadre des investigations et éventuellement des poursuites liées à cette affaire.

23. Le Sommet salue la signature du Protocole d’Accord sur le Programme de Réforme du

Secteur de Défense et de Sécurité (PRSDS) et instruit la Commission de prendre des mesures nécessaires afin d’assurer le démarrage immédiat de sa mise en œuvre. Il invite l’UA et les autres partenaires à participer activement au processus.

24. Les Chefs d’Etat et de Gouvernement font appel à l’Union Africaine de reconnaître le gouvernement de transition établi en Guinée Bissau avec la facilitation de la CEDEAO. Par ailleurs, ils exhortent l’Union Africaine de suspendre les sanctions imposées à l’encontre de la

Guinée Bissau, comme un encouragement aux autorités de transition et en reconnaissance des progrès que le pays continue à faire vers la formation d’un gouvernement de transition plus inclusif pour faciliter la restauration paisible et total de l’ordre constitutionnel dans le pays. A cet égard la Conférence a invité S.E.M. Thomas Boni Yayi, Président en Exercice de l’Union Africaine, à s’assurer de la mise en œuvre de cette décision.

25. Le Sommet exprime ses félicitations aux éléments de l’ECOMIB et aux pays contributeurs de troupes, pour les efforts consentis en Guinée Bissau. En vue de l’expiration, le 17 novembre 2012 du mandat initial de six mois de l’ECOMIB, la Conférence décide de prolonger ledit mandat pour une nouvelle période de six mois.

26. La Conférence renouvelle son appel aux Etats membres pour une assistance financière au Gouvernement de la Guinée Bissau et en appelle aussi à la communauté internationale pour un assouplissement des sanctions appliquées à l’encontre du pays afin de réduire les souffrances des populations.

27. La Conférence exprime sa profonde gratitude à S.E.M. Goodluck Ebele Jonathan pour les efforts de médiation entrepris et l’assistance financière apportée à la Guinée Bissau.

Elle exprime également ses remerciements aux membres du Groupe de contact régional et les encourage à poursuivre leurs efforts de médiation dans le pays.

28. Les Chefs d’Etat et de Gouvernement expriment leurs chaleureuses félicitations à S.

E. M. Alassane Ouattara Président de la République de Côte d’Ivoire, Président en Exercice de la CEDEAO pour sa vision et son rôle de leadership dans la recherche des solutions à la crise au mali et en Guinée Bissau ainsi que son engagement à la promotion et à la consolidation de la paix et de la sécurité en Afrique de l’Ouest.

29. Les Chefs d’Etat et de Gouvernement décident de rester saisis de la situation au Mali et en Guinée Bissau.

Fait à Abuja, le 11 Novembre 2012

La Conférence

22 Réactions à Session extraordinaire de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la Cedeao : Communiqué final

  1. Coulibaly J

    Il est temps la bataille commence au nord afin que nos parents du nord puissent regagner leurs domiciles.

  2. Izabella

    Que’ le tout puissant nous gardes amen :( :( :( :( :(

  3. 1FILSDUMALIBA

    Il est temps de mettre fin a ce theatre de diplomatie et de passer en action. Apres a ce sera le tour de l’ONU et son conseils de securite. Alors a quand la fin de ballet folchloriques??? Dans certaines circonstances il n’y a le feu de bruler des etapes quoi. Bientot cette crise durera un an. Et Je suis convaincu que cette action militaire ne sera pas de city tot. :twisted: :twisted: :twisted:

  4. Basky

    Les déclarations de l’ua sont claires et nets aucun dirigeant de la transition ne peut être candidat aux prochaines élections mais comme le PM se croit au dessus de tous les maliens il n’a qu’à essayer de forcer la donne c’est la qu’il découvrira la nature du malien car ce monsieur ne mérite pas respect

  5. pointeur

    taba votre analyse est réaliste et j’y adhère en parti mais la solution d’une négociation après les hostilité présente plusieurs risques qui a mon avis n’est pas la démarche à entreprendre.
    1)d’abord une guerre achèvera le Mali économiquement
    2)une guerre où on ne peut distinguer les combattants de la population est un génocide annoncé;
    3)Une guerre d’idéologie (contre ansardine) est une guerre à long terme qui ne fini que quand ils seront tous morts (impossible) contrairement à une guerre de revendication de territoire qui fini quand le territoire est conquis
    4)l’après guerre coûtera plus chère en humain et en argent car il risque d’avoir des attentats des attaques beaucoup de mine sur les routes dans les champs, les plaines etc.
    4) Les élection sont donc renvoyé aux calandres grecs.
    Bref la guerre doit être menez pour reconquérir les territoires et les sécuriser et non pour combattre une idéologie

  6. Taba

    ne demarche ambigue

    Il n’y a pas de groupes armes qui ne soient pas impliques dans les activites terroristes et criminelles au Nord du Mali. De plus, ces deux organisations armees ne remplissent pas les conditions fixees par la resolution finale du Sommet de la CEDEAO a Abuja.Le MNLA declare qu’il est pret a se battre pour chasser le MUJAO et AQMI de son territoire et etablir l’autorite d’Azawad sur ces provinces du Mali.Cela signifie que le MNLA ne renonce pas a l’independance et qu ‘il est resolu a se battre contre l’armee Malienne pour garder ce territoire.En optant pour l’autodetermination dont il ne satisfait pas les deux criteres clefs (Population representant un peuple et dont la grande majorite possede un territoire specifique),le MNLA ne se demarque pas de l’independance puisqu’il reclame le droit a l’independance.Quant a Ansar Dine,un responsable du Mouvement a declare que l’organisation juge contraire a l’ethique du mouvement le combat contre d’autres musulmans comme AQMI et MUJAO consideres par Ansar Dine comme ni criminels ni terroristes.
    Ces deux organisations se plaisent donc a faire des declarations contraditoires. Si, comme le dit le Mediateur de Ouaga et le Gouvernement Algerien ,ces deux organisations sont credibles, ils doivent montrer la preuve de leur sincerite :ils doivent deposer les armes et se mettre a la disposition de l’Armee Malienne ,sans conditions.
    Le Gouvernement Malien devrait preparer un Dcument technique pour rejeter les allegations du MNLA sur son Droitb a l’Autodetermination.Les Touaregues constituent une minorite au Mali parmi d’autres minorites aussi representatives. Ils doivent beneficier des droits ( sociaux, culturels ,et politiques) et des libertes fondamentales comme les autres groupes ethniques minoritaires du pays.
    La CEDEAO doit defendre les fondements culturels de l’Afrique de l’Ouest. Nos valeurs culturelles et morales nous sont notres.La tolerance ,l’entraide, le respect de l’etre humain et de la vie ,la compassion, le respect du a l’age et a l’autorite, le partage, etc sont quelques traits de notre societe.Nous devons rejeter ce qui semble contraire a notre societe, au temperament du peuple et etre dispose a recevoir les nouvelles valeurs qui vont renforcer les relations sociales.L’Afrique doit s’opposer avec vehemence aux actes qui violent les droits humains, l’egalite , incitent au racisme et qui sont contraires au progres .
    Le Gouvernement Malien devrait faire savoir a l’Union Africaine, a la CEDEAO et aux Nations Unies , qu’il n’a pas trouve de terrain favorable pour initier des negociations avant les affrontements au Nord .Les deux organisations qui ne cessent de faire des declarations contradictoires ne presentent aucune credibilite. Les negociations seront entamees dans ce cas des la fin des hostilites et apres la realisation des objectifs adoptes par le Conseil de securite, a savoir le retablissement de l’integrite territoriale de la Republique du Mali et l’organisation des elections.