Sommet de la CEDEAO à Accra : Un surcroit de vigueur dans le processus d’intégration sous – régionale

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Sommet de la CEDEAO à Accra : Un surcroit de vigueur dans le processus d’intégration sous-régionaleLe sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) s’est ouvert hier à Accra. Le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta a participé à la conférence. Le chef de l’Etat était arrivé la veille dans la capitale ghanéenne.

La cérémonie d’ouverture a été marquée pars les discours du président ghanéen John Dramani Mahama, président en exercice de l’organisation sous-régionale, du président de la Commission, Kadré Désiré Ouédraogo, du Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en Afrique de l’Ouest ainsi que de la présidente de la Commission de l’Union africaine, Mme Nkosazana Dhlamini Zuma.

Evoquant la situation dans notre pays, le président de la Commission de la CEDEAO a fait part de la gratitude de l’organisation aux soldats des pays membres pour leur contribution importante dans la lutte contre le terrorisme dans le Nord. « J’ai du reste eu déjà à exprimer notre reconnaissance à ces vaillants soldats puis que j’ai récemment assisté à N’Djamena à la remise de médailles commémoratives décernées par la Communauté aux troupes tchadiennes de la Minusma », a déclaré Kadré Ouédraogo tout en saluant les autorités algériennes dont « le pays est fortement impliqué dans la recherche d’une solution durable à la situation au Nord du Mali ».

Il faut rappeler que le présent sommet se tient à quelques semaines de la prestation de serment, le 18 juin, devant le président en exercice, des sept nouveaux juges de la Cour de justice de la communauté. « L’entrée en fonction des sept nouveaux juges de la Cour parachève le renouvellement de l’ensemble de nos institutions. L’étape ainsi franchie devrait consolider le surcroit de vigueur qui marque, depuis quelques temps, les activités de la CEDEAO », a ajouté le président de la Commission.

Concernant la création de la zone monétaire unique, la mise en œuvre de la feuille de route a connu une avancée significative, avec les recommandations issues des réunions tenues à Dakar du 25 au 30 juin et celles des gouverneurs des banques centrales, sur les actions d’harmonisation des politiques monétaires, de réglementation bancaire et de réforme du secteur financier. Cela, en application de la décision du 44ème sommet ordinaire. Lesdites recommandations ont été soumises aux chefs d’Etat, au terme de la réunion du Groupe de travail présidentiel qui a eu lieu à Accra les 7 et 8 juillet.

Pour les échanges commerciaux, le président de la Commission estime qu’il faut « hisser le taux et le volume » de ces échanges intracommunautaires au niveau des ambitions que l’organisation nourrit en matière d’intégration. « Ce nécessaire accroissement des échanges commerciaux intracommunautaires ne sera pas possible sans une application totale des protocoles sur la libre circulation des personnes et des biens et un renforcement des infrastructures régionales », a plaidé Kadré Désiré Ouédraogo.

Lors du sommet, les chefs d’État ont discuté d’une recommandation visant l’introduction de documents d’identité biométriques pour tous les ressortissants de la CEDEAO, ainsi que de l’abolition de l’exigence de permis de résidence pour tous les ressortissants des pays membres.

Etait également à l’ordre du jour la mise à jour sur la situation en Guinée-Bissau, où le nouveau président, José Mario Vaz a prêté serment le mois dernier après des élections législatives et présidentielle organisées avec succès grâce à l’implication de l’organisation régionale.

Les dirigeants ouest-africains se sont également penchés sur le dossier de l’épidémie de la fièvre Ebola qui sévit dans certains pays membres comme la Guinée, la Sierra Leone et le Liberia. Une semaine avant le sommet des chefs d’Etat, les ministres de la Santé de 11 pays africains se sont réunis à Accra à l’initiative de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour discuter de l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest. Ils ont appelé les dirigeants des pays de la CEDEAO à inscrire dans l’agenda de leur rencontre le dossier de la fièvre hémorragique.

Arrivé à Accra mercredi, le président de la République Ibrahim Boubacar Keita avait été accueilli à l’aéroport par le vice-président du Ghana, Amissah-Arthur. Le chef de l’Etat a ensuite rencontré la communauté malienne installée dans ce pays depuis des décennies. La rencontre a eu lieu au Centre de conférence d’Accra où des centaines de nos compatriotes sont venus à la rencontre de leur président.

Pour Albachar M. Maïga, un compatriote vivant au Ghana, mieux vaut entendre le point de la situation du pays de la bouche du président que de se contenter des rumeurs. Plus de vingt mille Maliens vivent au Ghana, selon leur représentant Mohammed Seidu Lilo, originaire de Bourem.

Parlant de l’actualité du pays, le président Keita a abordé la question de l’achat de l’avion présidentiel. « La location d’avion revient tellement cher qu’elle nous coûterait le prix d’un avion en deux ans. Cet avion n’est pas pour IBK, il est pour la République du Mali », a-t-il précisé en évoquant aussi l’avion qu’utilisait son prédécesseur. « Le même type d’appareil était utilisé par les présidents sénégalais et ivoirien. Mais ces avions sont garés. Je ne parlerai plus de cet avion», a tranché le chef de l’Etat.

Ibrahim Boubacar Keita a défendu le bien-fondé de la mission du Premier Ministre Moussa Mara à Kidal. Il a révélé à ce propos qu’il a dû appeler le président français François Hollande durant la nuit que le chef du gouvernement et sa délégation ont été contraints de passer dans le camp de l’armée malienne à Kidal.

Concernant les pourparlers initiés par le voisin algérien, le président Ibrahim Boubacar Keita a indiqué qu’« aujourd’hui, l’Algérie a réussi à convaincre tout le monde » sur les contours des négociations qui « débuteront ces jours-ci ». Il a expliqué qu’un éventuel accord de paix « sera signé au Mali ».

Le chef de l’Etat a également évoqué des sujets domestiques en rejetant les accusations de favoritisme pour sa famille. « On m’accuse de ne penser qu’à ma famille et d’avoir financé la campagne législative pour mon fils. Je vous le dis : toute ma vie, je l’ai dédiée à l’honnêteté et l’intégrité », a martelé le président Keita.

Nous reviendrons sur les conclusions du sommet dans notre prochaine édition.

Envoyé spécial

A. DIARRA 

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2 COMMENTAIRES

  1. Si les autres pays de la CDEAO, pensent être à l’abri de cette catastrophe, il n’y a rien de pire comme ignorance de leur part. Le monde bouge et il ne nous laisse que deux choix: Bouger avec lui, ou périr. Si vous continuer de gérer des pays entiers comme des familles ou des gangs d’amis, le réveil sera brutal. Bandes d’incompétents, apatrides majoritaires mal élus marionnettes manipulés par des petits dirigeants d’occident et d’orient. Les peuples doivent se repentir et cesser de faire du mal (vol, mensonge, adultère, corruption, abus de pouvoir, maltraitance des faibles, entre autres). Si non, le prochain démon sera pire pour la Mali.
    À bon entendeur salut.

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