Sommet ouest-africain consacré au déploiement rapide d’une force armée au Mali

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ABIDJAN – Les principaux chefs d’Etat et de gouvernement d’Afrique de l’Ouest se retrouvent samedi à Abidjan pour une réunion consacrée au déploiement d’une force d’intervention au Mali, où l’armée, appuyée par les troupes françaises, a repris la ville de Konna (centre) aux islamistes.

Sur le terrain, les informations demeurent contradictoires à Diabali, à 400 km au nord-est de Bamako, dont des combattants islamistes s’étaient emparés lundi. Plusieurs habitants et une source de sécurité régionale avaient affirmé que des jihadistes avaient abandonné la ville, après les bombardements. De son côté, le ministère français de la Défense a laissé entendre qu’elle n’avait pas été reprise.

A Abidjan, le président tchadien Idriss Deby – dont le pays ne fait pas partie de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) mais qui a promis d’envoyer des troupes – et le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius seront également présents.

Les participants au sommet vont évaluer la situation sécuritaire afin de donner de nouvelles orientations pour le déploiement rapide de la force ouest-africaine, selon la présidence du Burkina Faso.

Ils doivent convenir d’accélérer le déploiement de la Mission internationale de soutien au Mali (Misma), qui a reçu mandat de l’ONU pour aider le Mali à reprendre le contrôle du nord du pays, qui était occupé depuis plus de neuf mois par des groupes armés islamistes qui y ont multiplié les exactions.

La France a été obligée d’intervenir très, très rapidement sinon il n’y aurait plus de Mali, mais il est bien entendu que ce sont les Africains qui doivent prendre le relais, pour la reconquête du Mali, a déclaré vendredi Laurent Fabius à la radio RTL, à son arrivée à Abidjan.

Interrogé sur le temps qu’il faudra pour que la Misma soit opérationnelle, le chef de la diplomatie française a parlé de semaines.

Il a aussi insisté sur la nécessité d’une dimension politique dans le règlement de la crise, déclenchée en janvier par une offensive de rebelles autonomistes touareg, ensuite évincés du nord du Mali par les islamistes. Il faut une discussion entre le sud et le nord du Mali, où il n’y a pas seulement des terroristes, c’est l’aspect politique, et il y a aussi l’aspect développement car ces gens-là sont extrêmement pauvres, a souligné M. Fabius.

La France n’est au Mali que pour appuyer le Mali et l’Afrique, a jugé le président nigérien Mahamadou Issoufou dans un entretien au quotidien français Le Parisien, estimant que la crise malienne porte un risque de déstabilisation de l’ensemble des pays du Sahel.

Soldats africains pour relayer les Français

Quelque 2.000 membres de la Misma doivent être déployés au Mali d’ici au 26 janvier. Une centaine de soldats togolais et nigérians sont déjà arrivés à Bamako, et une trentaine de Béninois sont en route. Et les forces nigériennes sont prêtes à intervenir à tout moment, selon M. Issoufou.

Huit pays ouest-africains – Nigeria, Togo, Bénin, Sénégal, Niger, Guinée, Ghana et Burkina Faso – ainsi que le Tchad ont annoncé leur contribution à la Misma. Au total, quelque 5.800 soldats du continent africain doivent contribuer à prendre le relais de la France.

Celle-ci poursuit son intervention aux côtés de ce qui reste de l’armée malienne. Plus de 1.800 soldats français sont déjà présents au Mali et leur nombre devrait prochainement être porté à 2.500, selon Paris.

Bamako a annoncé avoir repris jeudi le contrôle total de Konna, à 700 km au nord-est de Bamako, tombée le 10 janvier aux mains des combattants islamistes, ce qui avait précipité l’intervention française.

Les troupes françaises ont été accueillies dans la joie et l’allégresse par la population. Tout est redevenu calme, les extrémistes sont partis et les gens vaquent à nouveau à leurs affaires, a témoigné Amadou Guindo, un adjoint au maire de Konna, joint par téléphone.

Vulnérabilité de la région

La chute de Konna au cours d’une offensive surprise des combattants islamistes le 10 janvier, alors que le front entre armée malienne et groupes jihadistes était gelé depuis des mois, avait déclenché l’intervention de la France – qui redoutait une percée des jihadistes vers le sud et Bamako.

L’aviation française a bombardé à plusieurs reprises Diabali, prise lundi par des islamistes, apparemment dirigés par l’Algérien Abou Zeid, un des chefs d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

En Algérie, l’agence de presse officielle algérienne APS affirme que douze otages et dix-huit ravisseurs ont été tués dans l’assaut donné aux islamistes qui avaient pris des centaines de personnes en otages mercredi sur un site gazier dans le Sahara exploité par les groupes norvégien Statoil, britannique BP et algérien Sonatrach. Ceux-ci détenaient encore vendredi sept étrangers à In Amenas, à 1.300 km au sud-est d’Alger, selon des sources islamistes citées par l’agence de presse mauritanienne ANI.

Les ravisseurs demandent à la France de négocier la fin de la guerre au Mali et proposent de libérer des otages américains contre des islamistes détenus aux Etats-Unis, a affirmé ANI.

Paris et Washington ont confirmé la mort d’un de leurs ressortissants.

Le secrétaire américain à la Défense Leon Panetta a rendu vendredi hommage à l’action au Mali de la France, qui a pris l’initiative de tenter de bloquer Aqmi.

Nous essaierons de l’aider dans cet effort comme le font d’autres pays, a-t-il indiqué. Washington a fourni des renseignements et promis des moyens de transport aérien à la France.

STATOIL

BP

(©AFP / 19 janvier 2013 11h57)

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3 COMMENTAIRES

  1. Oui, avec de tels satrapes, l’Afrique ne peut rentrer dans l’histoire; et c’est d’eux dont parle le discours de Dakar de Sarkozy qui connait bien ces bandes de nègro-maçons et d’élites pourries qui ont rendu les indépendances africaines vaines et criminelles contre tout patriotisme.
    Ces lobotomisés politiques et prédateurs efficaces ont saccagé les Etats, la société, pillé les institutions et débilité les masses.
    Suivez le lien; vous comprendrez ce que coute plus de 30 ans de régime néocolonial au Mali et à l’Afrique aux mains de tous ces nègres couchés du pré carré français ; je veux dire Compaoré, Ouattara, Yadéma, B. Yayi, ATT…et leurs héritiers politiques Dioncounda et autres à Bamako ou ailleurs.
    http://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=PkFBjBqWzAc
    Bien protégés contre leur peuple par l’ordre impérialiste, leur garde prétorienne en plus des barbouzes de la coloniale, pour tous ces criminels, la charia wahhabite et l’Etat failli restent le dernier de leurs soucis.

  2. LES ETATS DE LA CEDAO PEUVENT METTRE EN PLACE UN REGIMENT MOBILISABLE EN 72H MAXI DE 800 VOIRE 1500 HOMMES DE FORCES SPECIALES POUR DES OPERATIONS COUPS DE POINGS
    QUID DE L EQUIPEMENTS
    IL FAUT QUE LA CEDEAO METTRE EN PLACE CETTE ORGANISATION POUR DEVENIR
    INDEPENDANT

    UNE FORCE DE REACTION RAPIDE AVEC DES MOYENS CONSEQUENT

    3 SATELLITES 50 MILLIONS DE DOLLARS L UNITE
    15 DRONES 4 MILLIONS DE DOLLARS L UNITE
    3 AVIONS CARGO ANTONOV 124 : 200 MILLIONS DE DOLLARS L UNITE
    10 AVIONS DE CHASSSE 32 MILLIONS DE DOLLARS L UNITE
    25 HELICOS 12 MILLIONS DE DOLLARS L UNITE
    1500 FORCES SPECIALES EN ENTRAINEMENT PERPETUEL : 2000 DOLLARS PAR AN

    MAINTENANCES DES EQUIPEMENTS : 50 MILLIONS DE DOLLARS PAR AN

    TOTAL INVESTISSEMENT 1.4 MILLIARDS DE DOLLARS

    DEPENSES ANNUELLES :60 MILLIONS DE DOLLARS

  3. trop de protocole, quelle lenteur du reste des pays africians, c est décevant (mis a part togo tchad et nigéria) 😥

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