Système d’information sur le secteur agricole de la Cedeao : ECOAGRI lance officiellement ses activités au Mali

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La cérémonie, qui s’est déroulée à l’Hôtel Salam, le vendredi 9 mars 2012, était présidée par le Chef de Cabinet du ministre de l’Agriculture, Ousmane Ag Rhissa.
Au regard des insuffisances des dispositifs d’information existants et avec l’avènement de la Politique Agricole Commune de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (ECOWAP) et du Programme Détaillé de Développement de l’Agriculture Africaine (PDDAA), la CEDEAO a, en collaboration avec les institutions partenaires, décidé de mettre en place un système d’information intégré sur le secteur agricole «ECOAGRIS».
Il faut noter que le processus de conception du «Système régional d’information sur le secteur agricole» (ECOAGRIS) a démarré en 2007. Il a connu plusieurs étapes, dont: la définition et la validation de la note conceptuelle de sa mise en œuvre au niveau régional et national (Ouagadougou, Mai 2007); l’adoption des principes directeurs (Cotonou, Avril 2008); l’adoption des objectifs et des résultats de ECOAGRIS (Dakar, Juin 2009); la validation d’une note d’orientation (Abuja, Août 2009); et, enfin, la réunion de Cotonou sur la formulation du cahier des charges définitif de la mise en œuvre du système ECOAGRIS (du 3 au 8 octobre 2010).
Par ailleurs, en réponse à la crise alimentaire de décembre 2008, l’Union Européenne a initié la «Facilité Alimentaire» (EUFF) pour une période de 3 ans, allant de 2009 à 2011. Dans ce cadre, un programme intitulé «Programme de Facilité Alimentaire UE FIDA CEDEAO» a été mis en place. La phase pilote de ce programme est actuellement mise en œuvre au Bénin, au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, au Ghana, au Mali, au Niger et au Sénégal par la CEDEAO et le FIDA. L’objectif général de ce programme est de renforcer l’intégration régionale par un appui visant à améliorer l’accès à la nourriture et la sécurité alimentaire dans la région.
Le Programme de Facilité Alimentaire UE FIDACEDEAO, soulignons-le, se concentre sur trois composantes. Il s’agit tout d’abord de la composante A, qui vise à accroître la productivité grâce à la disponibilité et à l’accès à des semences améliorées de riz, de maïs, d’arachides, de manioc et autres tubercules, et d’autres cultures de base régionales, moyennant le renforcement des capacités de production et de distribution dans la région. Cette composante sera mise en œuvre par le FIDA à travers ses projets dans les pays concernés.
La composante B, mise en œuvre par l’ICRISAT, est centrée sur le renforcement de la production de sorgho et de mil dans l’ensemble de la région, pour faire face à de graves problèmes de sécurité alimentaire dus à une faible pluviométrie qui a considérablement réduit les récoltes de sorgho et de mil en 2009.
La Composante C, quant à elle, est la composante CEDEAO qui vise à aider la région ouest africaine à se doter de moyens pour soutenir et gérer les interventions régionales, dans le cadre de la politique agricole commune, ECOWAP. ECOAGRIS en constitue l’une des activités-phares. Dans le cadre de la mise en œuvre de la composante C du Programme Régional de Facilité Alimentaire, la CEDEAO a, en collaboration avec les institutions partenaires, décidé d’opérationnaliser le système ECOAGRIS et mettre en place la Composante Sécurité Alimentaire du système d’information.
Un instrument de suivi agricole
Selon ses concepteurs, ECOAGRIS a été mis en place pour être un instrument dynamique de suivi de l’agriculture en Afrique de l’Ouest. La finalité d’ECOAGRIS est de permettre aux décideurs de la région de disposer et d’utiliser des données et analyses fiables et actualisées, en vue d’une meilleure formulation et d’un meilleur suivi des politiques et stratégies de développement agricoles. In fine, de mieux gérer les questions de sécurité alimentaire dans la région. ECOAGRIS se définit également comme un outil de promotion des échanges commerciaux entre tous les acteurs (publics et privés) du monde agricole de la Communauté.
Démarche participative
La CEDEAO a délibérément opté pour une démarche participative et a impliqué les acteurs du secteur agricole des Etats membres dans toutes les étapes d’élaboration et de mise œuvre d’ECOAGRIS. Ainsi, c’est de manière consensuelle et fédérative que la Note conceptuelle de sa mise en œuvre au niveau national et régional a été définie et validée, que ses principes directeurs ont été adoptés et que la Note d’orientation pour sa mise en œuvre effective a été validée.
D’autre part, une évaluation conjointe entre la CEDEAO et les systèmes d’information opérant dans le domaine de la sécurité alimentaire dans les 7 Etats Membres actuellement bénéficiaires du programme a permis de définir l’architecture générale du Système d’information ECOAGRIS, d’identifier les bases de données à créer ou à améliorer et de cerner les besoins en équipements de Technologie de l’Information et de la Communication dont ils devraient être dotés. C’est également de façon participative qu’en Avril 2008, la Task Force d’ECOAGRIS a adopté à Cotonou les principes majeurs pour régir la production, la gestion et l’accès aux données générées par les différents systèmes et dispositifs, tant au niveau national que régional.
Le Chef de Cabinet du ministère de l’Agriculture, Ousmane Ag Rhissa, n’a pas manqué de d’exhorter les uns et les autres à «ne ménager aucun effort pour la réussite d’ECOAGRI au Mali», compte tenu de l’importance que revêt le programme, qui permettra de doter notre pays et la région d’un instrument dynamique de suivi des performances de l’agriculture nationale et régionale.
Paul Mben

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