Agonie d’un pays perdu entre alliances et mésalliances de ses politiciens et de son armée en débandade

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Le peuple malien, tout muet,  regarde  son pays en proie à des pactes, alliances et plaisanteries.

Mr Sidy Danioko

En cette heure sombre de l’histoire de notre pays, on assiste à une spectaculaire floraison d’alliances et de  mésalliances entre certains acteurs (leaders, partis politiques) et  même au sein de l’armée si l’on ose le dire ainsi.

Pourtant ces alliances de contre nature suscitent autant d’analyses que d’interrogations dans le monde entier. Tous les pronostics de sortie de crise rapide du Mali ont été déjoués et pire on voit un peuple larmoyant, désenorgueillit, meurtri dans son âme, impuissamment qui accepte son sort dans l’espoir de son armée laver l’affront.

Alors on se pose la question pourquoi notre cher pays est tombé si bas ? Quelle est la part de chacun dans ce triste bilan ? Notre combat du 26 mars a-t-il eu son sens ? Une autre révolution se doit d’y arriver ?

Chers lecteurs, je tenterai d’apporter mes analyses sur ces points tout en me nourrissant de notre passé si glorieux, si riche comme rétroviseur ou référence. Nous pouvons voir les réponses à travers les causes suivantes :

  1. 1.       Causes politiques

Inutile de revenir sur les multiples coups volontairement infligés au peuple malien par les régimes pseudo- démocratiques (AO.K, ATT). La démocratie, vue comme la forme de gouvernance la plus appropriée de nos jours, n’a servi que de moteur à la montée en puissance progressive des scandales politiques et financiers. Rien ne nous manque d’affirmer  que la démocratie a amplement servi de renforcer le fossé de l’injustice, et de l’inégalité sociale. Pire, avec le temps elle continue à œuvrer comme une machine de destruction massive des citoyens ordinaires. A certains égards, l’instauration de la démocratie fut le moyen plus efficace pour perpétuer l’asservissement des plus vulnérables. Et de fait, les pseudo-grands partis politiques qui ont participé à l’effritement du pays se présentant aujourd’hui avec une panoplie d’alliances, sous formes de partenariats soit disant pour l’intérêt du peuple malien et celui de la nation. Est-ce vraiment la raison ? Quel manque de patriotisme ? De prime abord, les cadres engagés et les éléments moteurs de ces alliances obéissent uniquement aux raisonnements personnels, économiques et financiers. De toute façon, ces manœuvres politiciennes poussent à l’évidence la réflexion, le questionnement et le  doute.

L’enchevêtrement de ces attitudes est devenu le moyen le plus efficace pour certains de nos leaders pour non seulement s’entre-camoufler, mais aussi pour chloroformer et assommer le peuple malien afin de lui distancer des vrais problèmes. En tout cas, ils continuent à décevoir ce peuple larmoyant.

  1. 2.       Causes militaires

Le régime militaire, en mettant fin aux foyers de patriotisme, aux zèles de développement de notre nation, à l’euphorie du socialisme du père de la nation Modibo Keïta, conduite par  Moussa TRAORE a décidé dès lors de fouler au sol tous les acquis de son prédécesseur. Et pourtant l’état doit une continuité, une poursuite des bonnes actions et un redressement des dérives héritées.

Hélas, ces actions militaires viennent d’assombrir le devenir du Mali, ainsi se succèdent la peur, l’exécution sommaire, le désespoir et l’humiliation du peuple. Sous ces 23 ans de règne de Moussa que tout a commencé à basculer (début de corruption, manque de leadership, l’égoïsme, l’amorphisme dans la gestion du pays).

Alors il a procédé en partie à tuer le sens aigu du patriotisme et le respect de soi que son valeureux prédécesseur avait chérit  et implémenté aux maliens. Il a déposé les fondements de la destruction des valeurs du Malien (le génie malien,  créativité et compétitivité)  tout en laissant place à la médiocrité.

Le CMLN (comité Militaire de Liquidation Nationale) au pouvoir, qui a enfin  donné l’occasion aux militaires de prendre le goût du pouvoir et de ses différents attributs, a donc facilité la cooptation des officiers supérieurs à la tête de l’état malien et des grandes instances de L’UDPM (parti unique qui  marginalisa le peuple pendant 23 ans). Ainsi l’armée devint un instrument du pouvoir. Il fut le premier a décapité l’armée malienne en lui retirant ses vaillants et patriotes soldats comme Diby Sylas Diarra et ses valeureux compagnons.

C’est ainsi que l’armée malienne a commencé à se perdre dans ses missions régaliennes pour finalement devenir une armée regressiste, seulement efficace dans les coups d’état, et plus bonne dans la répression de ses citoyens civiles.

Avec l’arrivée triomphale d’ATT, ce dernier prôna un retour à la vie civile chose faite mais se déguisa rapidement sous un masque folklorique de la musique démocratique. Il entraîna dans son sillage, suite à l’adhésion de tous les partis politiques et profitant d’un peuple croyant à la facilité et à la corruption, notre pays à une gestion catastrophique des finances, et notamment de l’armée.

Ainsi, une évasion de l’armée s’accélère avec une multitude de généraux incompétents, un recrutement et une formation défiant toute règle militaire.

Sous son régime l’armée a été vidée de son essence, démoralisée et prise en sandwich par des slogans une armée de développement et non une armée de guerre comme l’avait souhaité A.O.K. Quelle trahison ? Nous assistons à une débandade de l’armée, des retraits dits tactiques, une défiguration de notre armée par l’intégration et réintégration massive et incontrôlée des rebelles touarègues sans engagement patriotiques. Il distrait son peuple des projets de routes et de logement sociaux jusqu’à l’avènement de la journée de mutinerie du groupe de Sanogo.

Avec l’arrivée de Sanogo dans la scène militaire, la dégringolade du pays s’est accélérée en exponentielle, il ne  parvient pas à réorganiser l’armée malgré ses allocutions fallacieuses. L’héritage est lourd à gérer seuls sans l’aide de la communauté internationale.

Causes sociales : responsabilité du peuple, des élus du peuple

Malgré les bavures militaires tout au long de notre histoire, Nos élus parlementaires et autres sont aussi responsables de notre triste sort actuel. Comme disait Kant “ le people est un tout ou rien” au fait les dirigeants ne sont qu’à l’image de leur peuple .Je pense que durant les régimes de AOK et ATT l’assemblée est restée manipulée et défendait plutôt l’état que le peuple dont elle est issue.

Une autre responsabilité incombe aux maliens en général: la corruption, en effet tous ces dirigeants (Moussa, AOK, ATT) ont profité de cette faiblesse du peuple malien pour nous manœuvrer et hélas voici le résultat. Nous devons tirer des enseignements de l’histoire, faire en sorte désormais d’élire un fils qui mérite notre confiance au lieu des corruptions électorales (sucre, argent).

  1. 3.       Alliances actuelles

Très surement, certaines alliances politiques de l’heure sont vues être profitables à un grand nombre de protagonistes qui utilisent cette technique comme derniers recours pour reproduire leurs jeux politiques habituels. D’autres visent à précipiter le rebond politique d’une petite minorité qui doit être sur le banc des accusés de l’histoire de notre pays.

De toutes les alliances,  celle vue comme regrettable est toute relation éventuelle entre Sanogo et Moussa. Elle est la plus audacieuse et la plus menaçante à l’endroit la démocratie malienne. Ceci est un drame absolu. Elle reflète le caractère non révolutionnaire du coup d’état du 22 Mars. En toute honnêteté, une telle  alliance contraste avec le contenu des grands discours d’espoirs, de justice sociale et redressement de la démocratie que Capitaine/commandant Sanogo nous faisait avaler au lendemain du coup. Si Capitaine/Commandant Sanogo entend s’inspirer de MOUSSA Traore ou prendre des conseils auprès de ce dernier il se trompe et c’est vraiment triste pour quelqu’un qui  justifie son geste pour un redressement de la démocratie. Quand on sait surtout, que Moussa a refusé au peuple malien la démocratie qui l’a pourtant fait profiter le droit de rester à la vie, chose qu’il a refusé au Président Modibo Keita.

Capitaine/Commandant Sanogo, n’oubliez pas que l’apparent soutien populaire que les Maliens ont montré au lendemain du coup d’état n’est pas synonyme de mandat du peuple accordé et ne doit pas être interprété comme tel. Vous avez une obligation de libérer le nord  du pays, mais  pas un mandat de  réintégrer ou de suivre qui que ce soit , surtout quand il s’agit de quelqu’un qui n’a jusqu’à preuve de contraire présenter ses excuses à son peuple auquel il a nié les droits fondamentaux comme le droit d’être un être, et le droit de jouir a son être.

De toute façon, ces manœuvres militaro-politiciennes poussent à l’évidence la réflexion, le questionnement et le  doute. Elles nous démontrent que les acteurs (politiques et militaires) sont si indigents en ressources idéologiques. Elles nous justifient le manque de conviction de nos leaders politiques et militaires. Elles nous rassurent qu’ils sont démunis de projets de société bien définis pour le peuple malien. Elles nous valident aussi leur inefficacité éloquente. Et, Ceci se voit dans la gestion calamiteuse de la crise actuelle.

Prudence, appel au réveil du people

Que c’est paradoxal d’entendre parler Capitaine/Commandant Sanogo de redressement de la démocratie et au même moment aller se procurer des conseils auprès de l’un des plus grands dictateurs du siècle écoulé ! Que c’est très alarmant de voir certains falsifier l’histoire du Mali. Que c’est déconcertant de voir une confusion entre être gracié  et être acquitté des crimes commises. Que c’est d’hommage de voir certains faisant semblant d’ignorer qu’un pays ne se détruise pas du jour au lendemain. Que c’est dément de croire que Moussa ait quelque chose à offrir au Mali après l’avoir mis à genou. Que c’est révoltant de voir les victimes du 26 mars 1991 être remboursées de la sorte ! Que c’est endolorissant et infamant d’accuser seulement les présidents AOK et ATT comme les premiers responsables et épargner Moussa Traore dans le chaos de l’armée malienne. Evidemment, ceci n’est qu’une méconnaissance de l’histoire de l’armée malienne par un commandant/capitaine qui se prétend la reformer. Au regard de tout ce qui se passe aujourd’hui, il apparait clairement et de manière impérieuse que les alliances et mésalliances au Mali n’aboutissent qu’à leurs jeux ordinaires juste pour avoir une place sous le soleil.

En tout cas, de nombreux événements survenus depuis la chute du régime d’ATT illustrent à suffisance que certains profitent de la passivité du peuple malien pour se permettre du n’importe quoi. Ils prennent le peuple malien comme le dindon de la farce. Mais, force est de noter que, selon Abraham Lincoln, “You can fool some of the people all the time, and all of the people some of the time, but you cannot fool all of the people all the time.”  Car, certains ne seront ni des victimes de l’effet d’entrainement (Band wagon effect), ni des moutons de Panurge.

Quand même, les maliens sagement assis et muets pour l’instant interpelleront un jour beaucoup de gens sur le banc des accusés de l’histoire du Mali pour les différentes manigances.

Une contribution de Mr Sidy Danioko

 

Une Réaction à » Agonie d’un pays perdu entre alliances et mésalliances de ses politiciens et de son armée en débandade

  1. La démocratie, vue comme la forme de gouvernance la plus appropriée de nos jours, (OUI Mr. JUSQU’A PREUVE DE CONTRAIRE LA DEMOCRATIE EST LE SEUL SYSTEME POLITIQUE LE PLUS EFFECTIF) n’a servi que de moteur à la montée en puissance progressive des scandales politiques et financiers A QUI LA FAUTE? SINON QU’A CE MEME PEUPLE (dans nos villes en tout cas) QUI RESTE TOUJOURS BOUCHE BEE OU INDIFFERENT A TOUT SAUF SI IL Y A L’ARGENT. POUR CE DERNIER, ILS SONT PRET A TOUT, IMAGINEZ TOUT. POUR QUE LA DEMOCRATIE MARCHE, IL FAUT UNE PARTICIPATION DE TOUS SINON DE LA MAJORITE. MAIS AU MALI, ON REFUSE D’ALLER VOTER ET LE LENDEMAIN, ON FUSTIGE CELUI QUI A ETE DESIGNER PAR LES AUTRES. Rien ne nous manque d’affirmer que la démocratie a amplement servi de renforcer le fossé de l’injustice, et de l’inégalité sociale. RIEN NE SERT AUSSI DE S’ATTAQUER AU CONCEPT. C’EST PLUTOT AUX HOMMES QU’IL FAUT EN VOULLOIR. PAS SEULEMENT LES DIRIGEANT, MAIS PLUTOT LA MAJORITE SCONSCIENTE OU INCONSCIENTE ET SILENCIEUSE.