«Cheikh Ag Aoussa : un monde sans partage »

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Aujourd’hui Cheikh Ag Aoussa n’est pas satisfait,  il n’a toujours pas obtenu l’obéissance absolue de son entourage et de ses lieutenants. Et cela ne risque pas d’arriver.

Dans ses délires de pouvoir, Cheikh Ag Aoussa ne rêve que d’une chose : instaurer  une charia qui sera contraire à tous les usages Touareg. Il veut une position de maitre incontesté, sur ses terroristes, sur ses proches, sur la femme en général en la maintenant  à un statut inférieur. Cette femme, qu’il voit dans ses rêves comme dépourvue d’intelligence et de religion sera obligé de servir le maitre sous peine d’être battue. Sa charia reconnaitra à Cheikh ag Aoussa le droit de corriger les femmes sans modération.

Il n’applique pas à lui-même ce qu’il veut appliquer aux autres. Il trahit aussi bien l’Islam que les coutumes de son peuple sans que personne ne puisse contester sa conduite, sous peine de représailles terribles.

Son emprise ne s’applique pas seulement à sa femme mais également à son armée de terroristes.  Pour les tenir sous son influence il leur recommande d’appliquer sa charia rêvée au travers de laquelle ses assassins auront la vision d’un paradis avec ces femmes éternellement vierges, description faite pour exciter leur convoitise d’hommes lubriques et les motiver au djihad et au sacrifice suprême.

Qui lui obéit encore ? 30 petits chefs politiques ou militaires qui, avec lui, ne s’imposent à des êtres réduits à la passivité que par la violence, le racket et les humiliations. Croit-il durer longtemps avec le peu de pouvoir qui lui reste, alors que les désertions se multiplient autour de lui ? Comment pourrait-on le respecter alors qu’il se cache en ce moment même de sa propre femme, comme un poltron, pour fréquenter sa maîtresse ?

Maitre absolu dans ses rêves mais lâche avec ses hommes qu’il expose dangereusement, lâche avec sa famille, lâche avec les habitants de Kidal qu’il prive de ressources à cause de son infériorité au combat.

Il a piétiné les coutumes ancestrales  alors que la civilisation Touareg est ancrée profondément dans la mémoire de chacun. Voilà ce que veut Cheikh Ag Aoussa, au lieu de respecter les besoins de la population de Kidal et les droits de sa propre famille : un monde ou tout lui sera permis, un monde où, tyran tout puissant, il aura le droit de vie et de mort sur ses sujets et où il pourra enfin fréquenter sa maîtresse au grand jour.

Mais que croit-il ? Il croit stupidement que son maître Iyad ag Ghali lui donnera ce pouvoir, alors que ce Iyad dont il est le pantin n’est lui-même qu’un fugitif, obligé de se cacher, privé de confort et de liberté.

Boubacar Samba

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