Contribution sur le 26 mars ; La faim chasse le loup du bois, Morceaux choisis du Mali de 1968 Ă  2016

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Quelle indĂ©pendance pour quelle souverainetĂ© ? Le peuple souverain du Mali dĂ©bout sur les remparts vivra et vaincra. 25 ans aprĂšs, il se remĂ©more. C’est le texte d’une longue et excellente contribution d’un tĂ©moin et militant Ă©mĂ©rite de la longue lutte clandestine de notre peuple pour la DĂ©mocratie et la LibertĂ©. De son nom de lutte, Bakaridian Dantioko de Sebougou Ă  Lafiabougou Bamako, que beaucoup de vieux nostalgiques reconnaitront nous livre ici ses morceaux choisis de 1968 Ă  2016. Aujourd’hui, nous vous en dĂ©livrons l’acte I qu’il a Ă©crit par devoir de MĂ©moire Ă  ceux qui sont tombĂ©s sur le champ d’honneur dans la lutte pour la DĂ©mocratie et l’émancipation de notre peuple.

Acte I : par devoir de MĂ©moire

L’histoire du Mali avant, et, depuis l’indĂ©pendance politique formelle du 22 Septembre 1960, a Ă©tĂ© et demeure celle de la lutte des classes. C’est une lutte fĂ©roce, Ă  ciel ouvert et Ă  visage dĂ©couvert de la petite bourgeoisie fĂ©odalo-militaro-bureaucratique prĂ©datrice de l’Etat national, de l’Ecole, de l’ArmĂ©e, de l’Economie nationale, contre les patriotes, les dĂ©mocrates, les rĂ©publicains; contre l’indĂ©pendance, la souverainetĂ© nationale et contre le dĂ©veloppement national endogĂšne, Ă©quilibrĂ©, durable et respectueux de l’Environnement.

En effet : Pour son plus grand malheur, l’Afrique s’est trouvĂ©e enchainĂ©e par trois fois Ă  l’occident.

La premiĂšre, l’odieuse traite des esclaves nĂšgres pudiquement appelĂ©e «commerce triangulaire ». La seconde fois fut Ă  travers l’ignominieuse entreprise de colonisation avec son cortĂšge de barbaries et d’épisodes sanglants. La troisiĂšme Ă  travers la ConfĂ©rence de la Baule fardĂ©e sous la prĂ©tendue appellation de ‘’communautĂ© internationale ‘’ qui n’est en rĂ©alitĂ© que la forme dĂ©guisĂ©e de la nĂ©o colonisation. Car elle n’a de communautĂ© que la dĂ©fense des intĂ©rĂȘts des plus riches au dĂ©triment des plus dĂ©munis, une espĂšce de « compagnie des Indes » exploitant fĂ©rocement la misĂšre des plus pauvres. Elle est cruelle et cynique Ă  l’endroit du Tiers-Monde, mais lĂąche et obsĂ©quieuse devant les Grands de ce monde. Selon le Doyen Boubacar Keita in « LA ROUE>> spĂ©cial N°191 du 03 au 12 Novembre 1997, n’est rien d’autre qu’une colonisation Ă  distance, par procuration, plus subtile mais, plus pernicieuse. Autrement dit, partir tout en restant sur place.

La France, en accordant une indĂ©pendance factice et nominale Ă  ses anciennes colonies est partie pour mieux rester. Ses intĂ©rĂȘts vitaux sont toujours sauvegardĂ©s notamment l’approvisionnement en matiĂšres premiĂšres et minĂ©rales et des dĂ©bouchĂ©s pour ses industries sans avoir Ă  supporter les charges de la colonie. C’est un dispositif infaillible garanti par un arsenal juridique bĂąti autour des Accords monĂ©taires et Financiers, Franc C.F.A, culturels, commerciaux et militaires pour soutenir l’hĂ©gĂ©monie des affairistes Français sur l’Afrique. Le bon nĂšgre peut toujours s’agiter mais il reste ferrĂ© Ă  vie par un systĂšme des plus sophistiquĂ©s de coopĂ©rants techniques, de Francophonie et de Françafrique, mais aussi et surtout par l’usage imposĂ© du français qui parachĂšve le carcan et le maintient dans les liens de la dĂ©pendance.

Ainsi, aprĂšs avoir colonisĂ©, civilisĂ© et nĂ©o colonisĂ© le NĂšgre, il faut poursuivre cette logique en dĂ©crĂ©tant la dĂ©mocratie. Avec la Guerre froide, il fallait lĂącher l’Afrique au profit d’autres objectifs. Ce qui signifiait lui compter dĂ©sormais l’aumĂŽne qui la maintiendrait sous perfusion financiĂšre. Qui d’autre que l’ancien Ministre des colonies pouvait assurer une telle transition ? Et pourtant, nous n’avons invitĂ© personne, le NĂšgre n’a demandĂ© personne, on n’a demandĂ© ni traite, ni colonisation, ni nĂ©o colonisation, ni dĂ©mocratie. Avant AthĂšnes, nous avions bĂąti des sociĂ©tĂ©s dĂ©mocratiques vivantes et viables Ă  notre mesure.

Peut-on nous laisser un instant, régler nos problÚmes, concluait le doyen feu, Boubacar Keita.

« Nous sommes bien les hĂ©ritiers de ce pays qui, jadis, a su parler au monde Ă  travers les 7 articles du serment des chasseurs du mandĂ©, consacrĂ© de plus en plus comme l’une des premiĂšres DĂ©clarations Universelles des Droits de l’Homme. Que dire la Charte de Kurukanfuga que l’histoire retiendra aussi comme l’une des premiĂšres Constitutions Ă©tatiques que notre humanitĂ© ait connues » souligne O’ Bamba dans l’Editorial du N°83 du 25 janvier 2016 du Bihebdomadaire d’analyses et d’information gĂ©nĂ©rales « InfoSept ».

Dans le discours historique prononcĂ© par le PrĂ©sident du futur Etat indĂ©pendant du Mali, M. Modibo Keita, aprĂšs l’éclatement de la fĂ©dĂ©ration du Mali, il disait : « Dans un monde de plus en plus tourmentĂ©, oĂč la lĂ©galitĂ© n’apparaĂźt qu’à travers les intĂ©rĂȘts stricts du pays, la lutte, pour nous devra s’engager sur le plan politique
 La rĂ©publique du Mali est nĂ©e. Le Mali continue. Le mot Mali continuera Ă  rĂ©sonner comme un coup de gong sur la conscience de tous ceux qui ont ƓuvrĂ© Ă  l’éclatement de la fĂ©dĂ©ration du Mali ou qui s’en sont rĂ©jouis. Nous restons mobilisĂ©s pour l’idĂ©e de la fĂ©dĂ©ration qui, malgrĂ© tout, demeure une semence virile de l’unitĂ© africaine. Nous avons perdu une partie mais gagnerons la manche, Inchallah. Les puissances d’argent, les forces rĂ©trogrades et impĂ©rialistes n’y pourront rien
 »

AprĂšs l’indĂ©pendance, le systĂšme Ă©ducatif malien Ă©duquait et formait les cadres pour dix pays d’Afrique. La direction politique des ressources humaines ne lui Ă©chappait pas. A l’époque, c’est parce que le modĂšle de sociĂ©tĂ© Ă©tait en adĂ©quation avec le systĂšme de formation et d’éducation que la culture, la santĂ© et l’éducation n’étaient pas privatisĂ©es. Un Etat souverain et responsable ne privatise pas sa culture, sa santĂ©, son Ă©ducation. Dans le projet de sociĂ©tĂ© et le programme politique de dĂ©veloppement national initiĂ© et mis en Ɠuvre par l’Union Soudanaise R.D.A., l’Agriculture devrait constituer la base de l’industrialisation du pays. Parlant de l’aprĂšs pĂ©riode 1960-1968, M. Oumar Coulibaly, in « Mali Sadio » n° 024 du 15 septembre 2015 faisait les constats suivants dans son article intitulĂ© « ActualitĂ© : Bonne Gouvernance et vieux chevaux de retour » ; nous le citons : « Au Mali, la politique est devenue une bonne affaire pour s’enrichir au plus vite pour nombre des politiciens. La plupart des maliens n’a pas en rĂ©alitĂ© de patriotisme Ă©vident au fond. D’oĂč des machinations politiciennes continuelles au dĂ©triment du bien commun et du peuple
Ce peuple a la mĂ©moire longue, Ă  l’aune de sa lĂ©gendaire patience
poursuit-il. A l’époque du prĂ©sident Modibo Keita, le politicien Ă©tait une notabilitĂ©, un personnage quasi lĂ©gendaire dont la parole valait son pesant d’or. Ce n’est pas pour rien que l’on compare Modibo et ses compagnons, les Seydou Badian KouyatĂ©, Gologo, Madeira Keita et d’autres Ă  des baobabs. En effet, ces soudanais de bonne souche sont autant de monuments pĂ©tris de valeurs cardinales qui ont donnĂ© l’exemple du courage et de l’honnĂȘtetĂ© politique, de la probitĂ© morale et du patriotisme au service du Mali et de son peuple. Ils furent des phares qui ont conduit en moins d’une dĂ©cennie la nation malienne Ă  prendre place dans la civilisation mondiale, Ă  ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme une avant-garde des nations africaines. Malheureusement, cet Ă©lan fut arrĂȘtĂ© le 19 novembre 1968 par le coup d’Etat de jeunes officiers de l’armĂ©e malienne conduits par le lieutenant Moussa Traoré  une gabegie Ă  laquelle mettra fin le Mouvement DĂ©mocratique par l’extraordinaire RĂ©volution Populaire du 26 Mars 1991.

Les patriotes, les dĂ©mocrates, les rĂ©volutionnaires et les rĂ©publicains Maliens, dans une Alliance exceptionnelle avec le syndicat National des Travailleurs du Mali (UNTM), les Ă©lĂšves et Ă©tudiants de l’AEEM, la sociĂ©tĂ© civile et des militaires patriotes conduits par le lieutenant-colonel Amadou Toumani TourĂ© du rĂ©giment parachutiste de l’élite, ont rĂ©ussi Ă  mettre fin au rĂ©gime dictatorial, aprĂšs des jours d’émeutes sanglants. Ainsi, aprĂšs le rĂšgne du CMLN-UDPM, le triomphe de la rĂ©volution populaire, la confĂ©rence nationale souveraine, les premiĂšres Elections pluralistes jamais tenues au Mali, Ă  l’issue desquelles Alpha Oumar KonarĂ© de l’ADEMA fut Ă©lu prĂ©sident de la troisiĂšme RĂ©publique, un nouveau rĂ©gime, un gouvernement et une nouvelle AssemblĂ©e nationale dominĂ© par ce parti issu du Mouvement dĂ©mocratique, furent installĂ©s


Ce renouvellement de la classe politique a pourtant laissĂ© les vrais dĂ©mocrates sur leur faim, car on constate des tentatives de restauration et l’apparition d’une classe de nouveaux riches parmi ces dĂ©mocrates autoproclamĂ©s, les caciques du rĂ©gime, ministres, hommes d’affaires et prĂȘte-noms. Bref, une formidable alliance de prĂ©dateurs de l’Etat et de la RĂ©publique, sous l’ironique vocable de « multimilliardaires de la dĂ©mocratie ». Au total, d’aprĂšs des statistiques, plus de 78 multimilliardaires auront Ă©tĂ© fabriquĂ©s entre 1992 et 2013 par les rĂ©gimes AOK et ATT. De l’Etat parti-marmite ADEMA dans lequel, Ă  travers un PDES Ă©laborĂ© Ă  cet effet, on vient pour manger et faire manger ses marmitons et penser sa carriĂšre.

Comment cela a-t-il été possible en si peu de temps de voir la révolution du peuple confisquée aussi facilement par des prédateurs, des négationnistes, des opportunistes fieffés, des parvenus profiteurs jouisseurs de la démocratie ?

En rĂ©alitĂ©, constate Oumar Coulibaly, il fallait se rendre Ă  l’évidence que la RĂ©volution malienne admirĂ©e et citĂ©e en exemple dans le monde entier n’avait enfantĂ© que d’un monstre, une fausse dĂ©mocratie spoliatrice, une poudre aux yeux de l’occident qui ne tarissait pas d’éloges envers cette exception malienne de la dĂ©mocratie.

Elle n’allait pas tarder Ă  ĂȘtre dĂ©noncĂ©e violemment par l’opposition radicale rapidement formĂ©e par les compagnons d’hier, le COPPO. L’ADEMA est devenue une auberge espagnole ennemie de la rigueur toujours d’aprĂšs M. Oumar Coulibaly, qui renfermait tout et son contraire. Des socio dĂ©mocrates aux rĂ©volutionnaires purs et durs Ă  la trotsky en passant par des communistes radicaux technocrates capitalistes ceints du vernis socialiste aux maoĂŻstes nationalistes repentis. Tant et si bien que la gouvernance de l’Etat-ADEMA pendant les deux mandats d’Alpha Oumar KonarĂ© ne fut qu’une catastrophe nationale laissant des usages coupables, indĂ©lĂ©biles dans la pratique politique, une flopĂ©e de scandales financiers consĂ©cutifs Ă  la Corruption des Cadres, le tissu social exangue et des consĂ©quences tout aussi dĂ©sastreuses pour notre souverainetĂ© nationale avec le dĂ©sarmement systĂ©matique de l’armĂ©e, la gestion opportuniste de la rĂ©bellion du nord consacrĂ©e par le bluff de la « flamme de la paix.

Ces « dĂ©mocrates » Maliens selon Malick MaĂŻga in « Afrique fĂ©dĂ©rale » n°058 du 18 juillet 2014 pour mieux nous « entuber » au profit de la françafrique, procĂ©dĂšrent Ă  la dĂ©colonisation sociale, Ă©conomique et culturelle du Mali
 Ces dĂ©mocrates françafricains, prĂ©textant que le Mali est devenu une dĂ©mocratie, en dĂ©duisirent que le pays n’avait pas besoin d’une armĂ©e hyper Ă©quipĂ©e. Les dĂ©mocrates mirent alors une rare conscience Ă  dĂ©truire le systĂšme de dĂ©fense du pays. 22 MIG 17 en parfait Ă©tat de marche furent dĂ©sossĂ©s et vendus au kilogramme Ă  des artisans fabriquant de marmites en aluminium. Les Ă©quipements Ă©lectroniques d’une dizaine de MIG 31 furent vandalisĂ©s par des officiers de l’armĂ©e de l’air et vendus au marchĂ© noir international au vu et au su de leur hiĂ©rarchie. Ce qui constitue un acte de haute trahison. Il faut dire que lesdits officiers ne volaient plus, ils prĂ©fĂ©raient des primes pour ne pas s’entrainer, car, faire voler les MIG 31 revenait plus cher au trĂ©sor public. Or, au bout de six mois de non fonctionnement, l’électronique Ă  bord desdits MIG 31 est « out of use ». Les vĂ©hicules amphibis comme certains chars de l’armĂ©e nationale furent aussi dĂ©sossĂ©s et vendus au kilogramme Ă  des ferrailleurs qui les exportaient vers le Nigeria. Les engins de terrassement du gĂ©nie militaire furent cĂ©dĂ©s Ă  une entreprise de construction de route et Ă  un douanier malien, lit-on dans le n°058 du 18 /07/2014 de l’Afrique fĂ©dĂ©rale, 1991-2002. « Le bilan Ă©tait trop lourd pour ĂȘtre occultĂ© par la prochaine gouvernance. C’est alors qu’avant l’échĂ©ance redoutĂ©e du changement de rĂ©gime, pour parer Ă  toute Ă©ventualitĂ©, le chasseur ADEMA pista le GĂ©nĂ©ral ATT « le copain » de la Transition de 1991, comme un gibier de premier choix, pas du tout Ă©vident pour le profane, pour en faire son candidat. Ce choix dĂ©cidĂ© et le refus d’une candidature interne Ă  l’ADEMA entrainĂšrent la levĂ©e de boucliers de bon nombre de dirigeants et militants du parti. Une secousse tellurique, dĂ©vastatrice secoua de fond en comble et fractura le parti du professeur Dioncounda TraorĂ© et du prĂ©sident de la RĂ©publique Alpha Oumar KonarĂ©, dont les effets se font encore sentir», souligne Oumar Coulibaly. « ces hĂ©ros de la France au Mali qui clament haut et fort leur appartenance Ă  ce rĂ©gime contre lequel/Platon avait mis en garde l’humanitĂ© ! Car selon le philosophe Grec, la dĂ©mocratie Ă©tant la dictature de la majoritĂ©, finit toujours dans l’anarchie et la corruption, parce qu’une minoritĂ© sĂ©vit au nom d’une majoritĂ© qui, plus qu’une foule, ne peut prĂ©tendre   au qualificatif de peuple, en substance » soulignait M. Malick MaĂŻga.

Les dĂ©mocrates post 26 Mars 1991 Ă©cartelĂšrent ainsi, au nom de leur prĂ©tendue ‘’dĂ©mocratie’’ le systĂšme Ă©ducatif malien, non pas parce qu’il Ă©tait obsolĂšte, mais uniquement pour favoriser le retour de l’indigĂ©nat via un enseignement privĂ© qui ne saurait poursuivre des objectifs grandioses rimant avec souverainetĂ© du Mali, indĂ©pendance et libertĂ© du peuple malien. Non, cet enseignement est le retour de la France Ă  travers ses politiques de sous-traitance. Le Maroc et la Tunisie sont applaudis par des dirigeants myopes, alors que c’est justement de la faiblesse de nos dirigeants que la France tire sa gloire. « Le modĂšle dĂ©mocratique occidental cause des plaies d’Egypte en Afrique » selon Ibrahima KantĂ© (in « le sphinx » n°388 du 19-26/1/2012).

Dans son article de presse titrĂ© : « Bonne Gouvernance et vieux chevaux de retour : le rĂšgne des parvenus et exploiteurs de la dĂ©mocratie » Oumar Coulibaly constate (in « Mali Sadio » n°024 du 15 septembre 2015) que : « la rĂ©volution malienne de 1991 fut une chance dont le Mali devrait profiter pour avancer, avec des hommes politiques de valeur, des dirigeants accompagnĂ©s de collaborateurs qui savent gĂ©rer, qui ont en mĂȘme temps le sens de l’Etat et du sacrifice. Des gens qui aiment leur patrie, prĂ©fĂ©rant servir le peuple et non d’abord se servir. Ce fut le contraire
 La plupart des cadres en vue du sĂ©rail politique, toutes chapelles confondues, trainent un lourd passif dans la gestion publique. L’Adema qui aurait pu ĂȘtre une chance pour le Mali a gaspillĂ© son capital de confiance au sein du peuple en dĂ©viant de sa trajectoire politique. Comme lui, beaucoup de partis sont prĂȘts Ă  vendre leur Ăąme au diable pour le pouvoir ».

AprĂšs la transition de 14 mois par le CTSP, ce fut le coup d’arrĂȘt brutal de la rĂ©volution. DĂ©boutĂ©es du pouvoir le 26 Mars 1991, les forces sociales et Ă©conomiques ont eu le temps de se regrouper et de rĂ©cupĂ©rer la direction et le contenu de la rĂ©volution. Une fois leur panique estompĂ©e, elles se sont retrouvĂ©es, regroupĂ©es et ont rĂ©ussi Ă  aiguiser les contradictions internes du Mouvement DĂ©mocratique et Ă  Ă©merger.

L’agglomĂ©ration que constituait le Mouvement DĂ©mocratique historique n’a pas eu le temps de se coaguler en conglomĂ©ration. Tout cela faisait le beurre des prĂ©dateurs rentiers prĂ©bendiers d’Etat, d’occasion et de situation appelĂ©s « opĂ©rateurs Ă©conomiques » et/ou « hommes d’affaires ». En rĂ©alitĂ©, ce sont des opĂ©rateurs politiques vivant des prĂ©bendes et de la rente bureaucratique de l’Etat.

Face Ă  la dĂ©liquescence de l’Etat, Ă  l’efflorescence de la culture du mensonge de l’arbitraire et de l’irresponsabilitĂ©, Vu les menaces que font peser sur la dĂ©mocratie malienne la mal gouvernance, le bricolage, la crise politique nĂ©e du dĂ©sastre Ă©lectoral d’Avril 1997 et aggravĂ©e par une sĂ©rie d’élections non rĂ©guliĂšres, ni transparentes, aux coĂ»ts monstrueusement Ă©levĂ©s, la classe politique malienne a besoin de rĂ©flĂ©chir sur le parcours fait depuis 1991, en vue d’une Ă©valuation aussi exhaustive qu’objective, avait dit le professeur Mamadou Lamine TraorĂ©

Ce discours rĂ©vĂ©lateur du feu professeur Mamadou Lamine TraorĂ© restera longtemps d’actualitĂ© : «  comme il arrive souvent, notre conscience est en retard sur les choses et beaucoup de dĂ©mocrates se surprennent Ă  regretter la douce quiĂ©tude des temps morts d’avant, quand le pays ressemblait Ă  un lac aux eaux croupissantes que nulle brise ne ridait
 Afin de mieux coller aux rĂ©alitĂ©s mouvantes de notre pays et du monde, nous sommes convaincus que pour bien penser nos rĂ©alitĂ©s, nous devons chercher Ă  penser contradictoirement entre nous et aussi avec d’autres.

PensĂ©e non alimentaire !!! Celui qui ne pense qu’à sa carriĂšre ne peut penser que sa carriĂšre ; ne peut penser le bien gĂ©nĂ©ral sans lequel le 26 Mars 1991 ne sera qu’une date parmi tant d’autres, bonne uniquement Ă  mettre dans les manuels scolaires ! Entre trahir, se soumettre, s’agenouiller, infiltrer ou se taire, nous avons choisi et optĂ© depuis le 10 DĂ©cembre 1994 de nous assumer ici et maintenant, en faisant la politique autrement !… Depuis la date du 26 Mars 1991, plus rien au Mali ne peut se faire comme avant. Depuis cette date inoubliable, cet acte fondateur, acte fondamental, fondement nouveau de l’Etre Malien, nous vivons dans une Transition. Nous vivons la transition d’un espace politique clos, Ă©touffant, vers un autre plus ouvert plus riche en conflits parce qu’autorisant leur expression, un espace plus porteur d’avenir parce que parcouru de prise de parole se voulant toujours novatrices. La dĂ©mocratie, ce n’est pas camarades, l’absence de conflits ! C’est au contraire leur exposition au grand jour, accompagnĂ©e des mĂ©canismes de leur rĂ©solution
 Aujourd’hui, le Nil est enfin arrivĂ© au Caire. Personne ne dĂ©tient la vĂ©ritĂ© ; efforçons-nous cependant camarades militants d’ĂȘtre sur la voie qui mĂšne Ă  sa rencontre !…


 «Nous devons continuer Ă  nous battre pour les revendications majeures que vous tous connaissez. Chez camarades, je vais terminer en disant ceci : Ne sayons ni impatients, ni patients, sayons prĂȘts, mobilisables Ă  tout moment. La lutte peut s’accĂ©lĂ©rer ; la lutte peut trainer mais, il faut que nous soyons lĂ , ensemble, pour faire face Ă  leur mensonge, au dĂ©nigrement, au viol et au vol des consciences. Car, acheter une conscience, c’est la violer » disait le professeur Mamadou Lamine TraorĂ©.

Que voulaient les Maliens des villes et des campagnes en Mars 1991, derriÚre et à travers les slogans : « Anw Té Koro léfÚ fo Koura », «KoKadjiÚ », «yÚlÚma », «Anw ka Koura nanan » ?

 

Bakaridian Dantioko de Sebougou Ă  Lafiabougou Bamako (Ă  suivre)

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2 COMMENTAIRES

  1. Je remercie frere pkagame pour ses commentaires sur notre democratie de facades et ses actuers vampires. lollll
    Tout simplement, Je vous refere a l’article superbement redige par Mr.Doumbia du Challenger.
    A lire avec attention.
    Nos pseudo-democrates, leaders religieux, SociĂ©tĂ© civile, notre ArmĂ©e etc
.Quand tout est politisĂ© et acheter par ses postes et l’argent sale.
    Le Mali est allé de mal en pire sous AOK, pire-pire sous ATT et maintenant IBK president pire pire pire pire

    Pouvoir et Opposition ne sont sur la scene que pour la conquete du pouvoir. Je ne vois parmis nos pseudo-democrats qui est mieux que qui. un chef vampire vient avec sa racaille font pire que le precedent avec sa racaille, ma gang et famille d’abord et nos services serviteurs qui pays sont mis de cote pour ne pas les barrer les routes de leurs “don ka fa”.

    Pauvres martyrs que votre ame a tous et toutes repose en paix. Le peuple malien a été berné, ils ont menti, volés et continuent, diviser monopoliser , etc
.

    Vivement Un Maliba Nouveau partout des vrais patriots soucieux plus le peuple et de sa misĂšre que ces requins, crocodiles, coyotes, loups, vautours, anacondas, rapaces et vampires.

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