De l’inconvénient d’être indépendant acte III: Les raisons de la mise sous tutelle et les prolongations.

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Un pays majeur peut être mis sous tutelle si elle présente de tels symptômes: une altération de ses facultés régaliennes pour cause de menaces ou d’incapacité â gérer une crise qui peut lui être fatale ou à d’autre pays, des actions pouvant empêcher l’expression de la volonté des acteurs légitimes. En gros une tutelle est mise en place pour aider un pays gravement atteint dans son fonctionnement. Mais dans le cas malien c’est avant tout le Président de la république, « chef suprême des armées » comme le dirait Fabius qui a lancé un S.O.S à la France, pays amis du Mali n’en déplaise aux intellectuels douteux  et autre Néo-Gauchiste qui accusent la promptitude de celle-ci pour préserver des intérêts, (lesquelles nous attendons qu’ils nous édifient sur les richesses invisibles du Mali qui valent mieux que son intégrité et sa laïcité).

 

Etat des lieux: 

Sur le front politique, des regroupements avaient fait irruption sur les places publiques avec barricades, pneus brulés, et écoliers buissonniers pour exiger des concertations dites nationales et souveraines tout de suites, les plus vindicatifs demandaient même la démission du Président de l’Intérim. Hélas pour eux celui-ci a été « sauvé par le Boom » venu du front… le vrais front, car pour ceux qui semblaient l’avoir oublié, le Mali est occupé depuis un an (Même si l’Ortm semble avoir intégré l’agenda de la guerre dans son programme depuis le début de la riposte), dans d’autre circonstance moins grave, le Président pourrait même remercier Iyad.

Alquaida et alliés ont décidé de passer à l’acte, attaque éclaire et percée en direction de Sevaré (Hub de la riposte) et l’encerclement de Diabaly et la prise de Konna allait non seulement rendre impossible l’action internationale mais surtout à dominer l’ensemble du Nord du Mali si ce n’est tout le pays, car avec la chute de Sevaré ils auraient disposer d’un boulevard pour aller a Kaye, Sikasso et par ricochet toute la sous régions était accessible… L’adversaire du Mali n’est pas inintelligent et sait où mettre les pieds, mais dans son schémas il n’avait pas escompté sur  la spontanéité de la réaction du “grand” ami des maliens, qui a circonscrit leur attaque et les a bouté hors des grandes villes du nord (Gao, Tombouctou, Kidal ?), cette défaite temporaire a ébranlé l’organisation très professionnelle de l’ennemi et redonner une confiance aux troupes maliennes.

Maintenant, qu’est ce qui justifie cette rapide décision de la France ? A mon avis si Paris a agis vite à la demande de Bamako c’est par devoir en tant que grande puissance militaire il était de sa responsabilité d’agir, car la puissance de feu d’un ennemi fanatisé qui a résisté 9 mois à l’Otan en Libye peut anéantir n’importe quel force de défense Africaine. Cette rapidité s’explique aussi par sa capacité militaire dans la sous-région mais surtout  parce que Sévaré ne devait pas tomber, le Mali ne devait pas devenir la Somalie, les salafistes non armés pullulent dans toutes les capitales de la sous région et si jamais, Aqmi avait réussi à prendre Bamako, financé ces cellules mortes n’allait pas seulement constituer une menace pour l’Afrique de l’Ouest mais c’est le monde entier qui serait menacé, le Mali avec ses voisins et ses frontières ne pouvaient devenir un foyer ou un nouvel Afghanistan toléré, Et la France a des intérêts économique dans cette région plus qu’ au Mali et ce n’est pas un tabou, qui n’a pas d’intérêt ? Qui ne les défend pas ? et je crois que ce sont nos alliés qui peuvent nous aider à préservé nos intérêts et nos acquis, et sans manquer de respect au Président Bozizé, cette rapidité de décision montre tout le respect que l’actuel Président français porte au Mali et la fidélité.

Mon petit orteil me dit que nos pseudos cérébraux et patriotes africains et d’origines négro-africaines aidées en cela par des colons en puissance, les altermondialistes en manque de sensations et les gauchistes en manque d’audiences : Ils vont commencer à être visible sur les plateaux de télés pour parler de Françafrique ou pire de recolonisation. Ces intellectuels « nègres » de la 2eme génération qui n’ont vécue ni la colonisation ni les luttes pour les indépendances sont enfermé dans ces théories et ces dogmes dans lesquelles ils sont confinés ne marchent pas sur les jeunes générations, eux ils sont décomplexé face aux « blancs » contrairement à eux. Ces intellos ne parlent jamais du présent et des perspectives pour l’Afrique qui pourraient permettre son émergence dans un monde ou les coopérations inter-états sont indispensables pour survivre à la mondialisation, hélas pour nous Africains lambda, ces gymnastes sont toujours dans des acrobaties dans lesquelles le grand méchant blanc est toujours méchant et le petit innocent Africain est toujours, innocent, difficile pour eux de mobiliser la jeunesse autour de leurs thème et il est temps qu’ils arrêtent de nous faire honte, l’Afrique n’est pas puissante et son passée est trop lointain pour qu’ils servent de moteur pour son épanouissement, attendez qu’on trouve les moyens de manger à notre faim. Chers patriotes et fiers nationalistes Africains qui sont contre l’intervention française avant d’aller affronter les occidentaux et l’histoire si vous ne voulez pas nous arranger ne nous déranger pas.

Maintenant « les prolongateurs »?

Malgré une sur-motivation de l’Armée malienne il faut reconnaitre qu’elle ne peut pas faire face à une guérilla urbaine et tenir les villes seul. Pour éviter l’enlisement et une guerre d’usure, les troupes commando du Tchad et les forces spéciales maliennes laisseront la garde de ces villes à la Misma et à nos autres forces de sécurité pour traquer les assaillants dans les grottes. Il faut penser à un moyen de rapatriement de nos déplacés et que le fond  de l’effort de guerre doit être utilisé en partie pour cette cause, étant donné que les partenaires vont prendre en charge la guerre.

Au niveau Politique, le marigot semble agiter, les caïmans vont s’affronter bientôt et je crois qu’il est indispensable pour le Mali de se doter d’organe inclusif pour organiser ces élections pour avoir une certaine capacité de décision nationale malgré l’internationalisation du conflit, il serait hasardeux d’aller aux élections sans un large consensus autour des modalités d’organisation et je pense que l’implication de tout les acteurs de la crise à sa gestion ne pourra qu’être bénéfique et facilitatrice. Les résultats de l’audit du fichier doivent être publié. Négociation ? Un dialogue national est plus opportun et doit être initié dans ce sens, car les belligérants ont une crédibilité mise à mal, ils se sont auto-disqualifié, la voie est ouverte pour châtier jusqu’à rédemption les récalcitrants qui ne veulent pas déposer les armes, dans ce dialogue il serait peut être bon de prévoir les Etats Généraux de l’Armée pour permettre au peuple de savoir comment nous avons perdu la guerre et de sortir des rumeurs et des accusations faciles, la manifestation de certaines vérité telle que la perte de 2/3 du matériel au nord pourront édifier à souhait la population. Et quant aux aspirant amateurs de prolongation de l’intérim ou de la transition je crois qu’ils doivent comprendre que le Mali n’a pas intérêt à rester à mi chemin entre l’informel et la constitution, le Mali a besoin de force pour se relever, pour travailler, pour progresser et seul la démocratie peut nous permettre de revenir dans le concert des nations par la grande porte.

Une contribution de Idrissa S. Maïga  Président du Collectif VTT (Votes ou tais-toi)

 

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