IBK et son procès contre le quotidien Le Monde : Pourquoi défendre l’indéfendable ?

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kalifa fabrice DEMBELEVoila encore un décor de dessous de table qui va clouer le Mali aux devants de la scène internationale. Tous y vont de leurs commentaires. Une histoire à dormir debout mais qui a allure de sentir le soufre. L’un des quotidiens les plus respectés de France et de la planète, Le Monde, dans sa publication du vendredi 28 mars, a cité le Président du Mali, Ibrahim Boubacar Keita, parmi les amis du cercle très restreint de l’homme d’affaires Français, Michel Tomi. Considéré aujourd’hui comme le cerveau d’une chaine de blanchiment d’argent à l’échelle mondiale, parrain des parrains, ce corse de 66 ans est dans le collimateur de la justice de son pays depuis belle lurette. Un personnage qu’on assimile à la magouille. Ce qui fait que ses déplacements et gestes sont surveillés de prêt comme du lait sur le feu. Opérant dans le pré-carré des nations en voie de développement, C’est-à-dire certains pays africains inefficaces, encore sous influences, complexes et intimidations, ce petit bonhomme en fauteuil roulant, à n’en croire Fabrice L’Homme et Gérard Davet, journalistes à l’origine de la débâcle, y a amassé une fortune colossale de plusieurs millions de dollars. Le Gabon qu’on lui connaît comme basse-cour; il a fait main basse sur plusieurs ressources financières du pays, corrompre ses hommes clés mais gelés pour bâtir son empire de rêve. On lui prête à peu près plus de  40000 salariés repartis  dans différents secteurs, tels, le Paris mutuel Urbain, le transport aérien, le logement, le bois, en fait tout ce qui peut rapporter gros dans ce pays.

 

Dans l’article en question, plusieurs zones citées clarifient la complicité des deux protagonistes au point que nous pouvons dire qu’il ya anguille sous roche. Un coup d’œil sur la contribution de notre confrère et ainé Sahouti Haidara, Directeur de publication du quotidien malien l’Indépendant prouve à suffisance les accointances et la durée de l’ambigüité entre Tomi le corse et l’actuel chef de l’exécutif malien. Ca ne date pas d’aujourd’hui.  Là où le bas blesse, c’est que le Président élu du Mali, Ibrahim Boubacar Keita, a placé son quinquennat sous le signe de la lutte contre la corruption. Ce mal qui a dévasté et continue de ronger le mali au plus profond de ses aspirations. Quel intérêt ont ces journalistes du quotidien le monde a salir IBK ou a déstabiliser une République souveraine  comme le Mali déjà mal au point ?  

 

Pour ceux qui suivent l’actualité malienne aux pas de caméléon, savent qu’il y a suffisamment de la matière dans cette investigation qui force la réflexion.  Je crois que le Gouvernement est si vite allé en besogne en communiquant dans de brefs instants qui ont suivi la publication, par la voie de son porte-parole ces mots: « Cet article vise à salir l’honneur d’un homme, Ibrahim Boubacar Keita, dont les valeurs d’intégrité et de rigueur morale n’ont jamais été remises en cause, et ce par qui que ce soit. Mais au- delà de la personne du Chef de l’Etat et de l’institution qu’il incarne, il veut jeter le discrédit sur les efforts inlassables de toute une nation pour sortir d’une crise sans précédent». Ensuite s’en est suivie une pluie d’articles qui ne fait honneur à aucune presse. Vouloir défendre sans comprendre ni analyser, mais écrire tout de  même pour faire plaisir. Il n’est nullement la peine que les principaux passages de cet article, connus déjà du citoyen lambda, soient repris en intégralité ici.

Monsieur Bernard Squarcini, l’ancien patron de la direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), proche de Nicolas Sarkozy et débarqué par le pouvoir socialiste mi-2012 ne l’a-t-il pas dit  au quotidien le Monde? Ces déclarations sont sans équivoque. « Il  fallait sauver le soldat IBK, protégé par la France, (qui pour nier ce passage ?). Je ne fais pas d’affaires avec Tomi. Ce n’est pas un ami, mais en revanche, j’ai eu des liens privilégiés avec un commandant de la police judiciaire… »

 

Pourquoi tant s’acharner sur une question qui devrait être  traité en toute  intelligence ? N’y a-t-il pas eu pire au Mali, dans la gestion des affaires publiques d’IBK depuis son plébiscite à la tête de la nation que d’être ami de ce parrain de Tomi ? Ce monsieur n’a-t-il pas le Mali dans sa ligne de mire depuis plusieurs décennies ? Le Fortune’s club date de 2009. Et bien avant les élections Bâclées de  1997, organisées par un certain IBK, Tomi savait déjà sur quoi faire main basse au Mali. Certes, IBK n’était pas Président,  mais l’article en question nous enseigne d’un soutien énorme du parrain, à l’accession d’Ibrahim Boubacar Keita au palais de Koulouba. D’ailleurs Tomi fut, à en croire nos investigateurs, l’un des invités de marque lors de l’investiture de septembre. Allez y savoir….

 

Pour ceux qui défendent d’indéfendable

 

Cette nouvelle forme de gestion les affaires publiques, en impliquant directement la famille, est une première au Mali et doit servir  de leçon. Que direz-vous de cet antipathique d’Hamada Ag Bibi du MNLA (mouvement rebelle), devenu député sous la bannière du parti au pouvoir, le RPM ? Voila comment on sape la mémoire des disparus d’Aguel’hoc. Plus grave encore, les commodités avec Sanogo Amadou Aya aujourd’hui tombé en disgrâce et incarcéré, et que même les moins avertis du pays savaient bougre et dangereux. Pour y arriver à ses fins, IBK su conjuguer les verbes collaborer et amadouer. Et le nord, Que reste t-il de Kidal, Gao, Tombouctou ? Quel malheur! Définissons alors au peuple, le  vrai sens du mot corruption. Ce sera ridicule.

 

Si le dit article mentionne la complicité des deux hommes, les maliens doivent savoir que IBK n’est défendable qu’après de sérieuses analyses, explications et enquêtes. La citation de l’individu, ne trimballe en rien la république. IBK S’en ira comme tant d’autres avant et après lui, et le Mali restera. Surement  et triomphalement.

 

Comme si on oubliait aussi vite, IBK dans un passé récent, en défendant son ami Gbagbo Laurent, ancien Président de la République de Côte-D’ivoire, geôlier international de nos jours, avait publiquement blasphémer son « Mali D’abord » en soutenant que ce dernier, n’avait aucun sang malien sur ses mains. Et pourtant……Une grogne nationale, lui fit ravaler ses mots et un pardon s’en  suivit. On en finira pas de citer les gaffes.

 

Ses conseils, l’estimé Maitre Mamadou Konaté, et confrères parisiens de choix, gagneraient à traiter avec la plus grande prudence et minutie cette affaire cocue qui risque de connaître des suites tragiques. Le journaliste d’investigation a toujours dans sa besace de la matière qui peut faire couler plus de morve que de salive avec une chronologie légendaire. Alors l’imprudence de mettre la charrue avant les bœufs, occasionnerait des graves conséquences.

 

Une contribution de Kalifa Fabrice Dembélé

New York

 

 

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3 COMMENTAIRES

  1. Voilà un article qui éclaire un peu les choses. C’est de ça que nous besoin. Tout ce qui est dit n’est pure vérité. Si je lis souvent certains se disant journaliste au Mali, j’ai peur pour la nation. Je cite ici ce adepte du moindre effort ALOU BADRA de l’enquêteur. Ils font honte a la profession. Nulle part il n’est dit que c’est le Mali qui était visé.

  2. “Quel intérêt ont ces journalistes du quotidien le monde a salir IBK ou a déstabiliser une République souveraine comme le Mali déjà mal au point?”

    Dembélé pose ici la BONNE QUESTION…

    “Monsieur Bernard Squarcini, l’ancien patron de la direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), proche de Nicolas Sarkozy et débarqué par le pouvoir socialiste mi-2012 ne l’a-t-il pas dit au quotidien le Monde? Ces déclarations sont sans équivoque. « Il fallait sauver le soldat IBK, protégé par la France, (qui pour nier ce passage ?)”

    Encore exact! L’interessé LUI-MEME confirme les faits énoncés dans l’article…

    “Que direz-vous de cet antipathique d’Hamada Ag Bibi du MNLA (mouvement rebelle), devenu député sous la bannière du parti au pouvoir, le RPM ? Voila comment on sape la mémoire des disparus d’Aguel’hoc”
    Et ça, c’est aussi de la “DIFFAMATION”? C’est aussi de “l’invention de journaliste”?…

    “Le journaliste d’investigation a toujours dans sa besace de la matière qui peut faire couler plus de morve que de salive avec une chronologie légendaire. Alors l’imprudence de mettre la charrue avant les bœufs, occasionnerait des graves conséquences.”
    C’est d’ailleurs pour cette raison que ni Bongo, ni Bya, ni Debi, n’ont eu l’inconscience de faire semblant de se “retourner contre le monde”… Ils ont été beaucoup plus fins en faisant profil bas…

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