La CEDEAO pourra-t-elle parvenir au règlement de la crise malienne ?

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Le pouvoir confié à la CEDEAO dans cette crise l’est en vertu du principe de la subsidiarité. En fait, les Organisations Internationales et Régionales sont les premiers responsables de la prévention, du règlement et la gestion des crises et conflits qui interviennent dans leurs zones d’influence conformément à une solide jurisprudence en Afrique de l’Ouest avec l’ECOMOG au Libéria et en Sierra Leone.

Dr. Bakary Sambe

Mais, il apparaît, dans la gestion de cette crise, le constat général d’un cafouillage ou d’un manque évident de stratégie de la CEDEAO avant et pendant la crise.

Avant la crise : Il n’y a pas eu d’actions préventives à l’appui de l’armée malienne depuis l’incursion des « envahisseurs » alors que la CEDEAO est théoriquement dotée d’une unité d’alerte précoce pour les crises.

Toutefois, on pourrait concéder, à la décharge de la CEDEAO, le fait que le Mali n’a jamais, et jusqu’ici d’ailleurs (certainement par orgueil), voulu saisir l’organisation d’une requête pouvant déclencher une quelconque action.

Pendant la crise : il y a eu de nombreux Sommets tenus au plus haut niveau sans résultats palpables ; constat de l’absence d’une officine pour élaborer des stratégies adéquates au niveau de la CEDEAO.

Des précédents sont là pour illustrer cette absence de stratégie :

– La question de la reconnaissance de la Junte militaire du Capitaine Sanogho reste très problĂ©matique

– la saisine du Conseil de SĂ©curitĂ© pour faire endosser par la communautĂ© l’intervention militaire programmĂ©e montre une l’imprĂ©paration notoire. Le dossier sera d’ailleurs renvoyĂ© par le Conseil de SĂ©curitĂ© pour « absence d’une stratĂ©gie militaire claire de la CEDEAO ».

– La question sensible des armes destinĂ©es au Mali et dĂ©tenues dans quelques capitales des pays membres de la CEDEAO. (Est-ce une stratĂ©gie voulue ou une simple improvisation ?

– La question de l’implication souhaitĂ©e des troupes tchadiennes : très mal gĂ©rĂ©e par la CEDEAO. Il est Ă  dĂ©plorer que le Tchad qui est observateur de la CEDEAO n’ait jamais Ă©tĂ© impliquĂ© dans les consultations officielles au niveau de l’organisation sous-rĂ©gionale; d’oĂą son refus actuel de s’impliquer ; signe d’une crise profonde confiance mutuelle.

Le dossier du règlement de la crise malienne est jusqu’ici mal géré sous plusieurs aspects. Néanmoins, la CEDEAO a encore la possibilité de redorer son blason en cas d’intervention militaire réussie. Ce qui reste encore problématique avec le facteur Algérien à prendre en compte. Sans l’appui logistique de ce pays, on ne peut garantir la réussite d’une opération militaire dans le Nord du Mali. Rappelons que c’est l’Algérie qui a pu empêcher, pendant des décennies, que Khadhafi s’installe dans le Nord du Mali.

On pourrait trouver, néanmoins, des excuses à la CEDEAO, si on tient compte du fait que la récente crise institutionnelle qui a secoué cette organisation a eu un impact négatif sur la gestion de ce dossier. Finalement, c’est, seulement, avec l’appui des partenaires stratégiques (USA, France, ONU, UA et UE), que la CEDEAO pourrait néanmoins s’en sortir et peut-être sauver la face.

Hélas, on est encore loin du rêve de la CEDEAO ou de l’Afrique qui règle ses propres problèmes.

Par Dr. Bakary Sambe, Senior Fellow, European Foundation for Democracy (EFD- Bruxelles)

 

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2 COMMENTAIRES

  1. Tant que nous continuerons Ă  faire les mendiants, nous ne parviendrons jamais Ă  rĂ©soudre nos problèmes. Dans cette vie on ne peut compter que sur soi mĂŞme. Aide toi le ciel t’aidera. Si vous voyez Alger ne veut pas intervenir, c’est parce que, on n’a pas commencĂ© Ă  mater les bandits. Sinon elle interviendra de grĂ© ou de force, Ă  qu’elle laisse les bandits envahir son pays.

  2. Avec le double jeu, elle n’y parviendra pas. Blaise soigne ces traitres, accepte la tenue d’une rĂ©union de ces bandits sur ses terre et il est mĂ©diateur. Il devrait avoir au moins la sagesse de leur interdire toute activitĂ© contre le Mali sur son territoire. Mais hĂ©las! Le Mali doit se retirer des nĂ©gociations avec Blaise. La diplomatie a des limites, ils est grand temps que Dionkiss et TiĂ©man se montre fermes Ă  l’Ă©gard de Blaise et d’autres pays qui soutiennent les terroristes au nord.

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