Lettre Ouverte au Président de la République du Mali : Son « Excellence » Monsieur Ibrahim Boubacar Keïta

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Ce n’est nullement par gaité de Cœur si je vous écris ces quelques lignes.

Ma Sympathie à l’égard de ce peuple, qu’est le mien me pousse à sortir de mes réserves et à faire valoir les inquiétudes de mon peuple.

Soucieux du bien être et du devenir de ma patrie, permettez moi, mon cher Président de vous faire part de mon point de vue. Je n’ai nullement la prétention de me faire passer pour un donneur de leçon. Loin de moi cette incongruité. Je décide tout simplement de choisir un camp, d’être en paix avec ma conscience, d’écouter mon peuple aussi analphabète qu’il puisse paraitre et de rester fidèle à mes engagements et à ma conviction. Cependant  j’en ai la ferme conviction que ce peuple qu’est le mien est loin d’être imbécile, parce qu’il sait ce qui est bien pour lui et ce qui ne l’est pas. Je demeure ainsi convaincu que ceux là qui ont adopté la « Charte de Kouroukan Fouga » étaient soucieux du bien être de cette nation.

Je vous demande, Monsieur le Président de faire preuve de beaucoup plus de clairvoyance, d’écoute et de tact dans vos prises de décision.

Comme le dit le citoyen lambda : « Le Mali ne saurait appartenir à quelques individus que ce soit ». Il est l’héritage légué par nos pères, qui se sont battus corps et âmes pour que nous voyons ces jours.

Aviez-vous pris le temps de vous mettre à l’écoute de votre peuple ? N’oubliez pas que quand vous avez été aux commandes des affaires de ce pays que vous aviez dit : « Le Mali d’abord ». Cette promesse semble t-elle être mise aux oubliettes ?

Aviez-vous pris le temps de méditer sur l’éducation de vos concitoyens ? De la qualité de la formation, dont ils sont victimes ? Aviez-vous été voir l’état de nos universités ? Les conditions de nos étudiants, vos enfants ?

Et bien, moi, j’y ai été. Je sais et je connais tous les aléas de la vie auxquels ces pauvres et enfants de pauvres sont confrontés. Et pourtant ils ne baissent pas les bras. Face à l’adversité, ils ont choisi l’endurance et la persévérance.

Aviez-vous été voir ces chefs de familles que vous avez délibérément chassés de là où ils gagnaient leurs pains quotidiens ? Entendez vous la complainte de leurs enfants ? « Du pain Du pain ». Ils ne cherchent pas des millions ;

Non, non,

Tout ce qu’ils veulent c’est se mettre quelque chose sous  la dent. Et bien, moi, j’en connais. Ils ne sont pas loin de chez moi.

Monsieur, le Président démocratiquement élu ;

Aviez-vous entendu le cri de ce pauvre paysan, qui se retrouve chaque fois endetté, parce qu’obliger d’adopter une vie, qui n’est pas la sienne et dont il se sent obliger de faire face du fait de la cherté de l’engrais ou des herbicides ?

Aviez-vous entendu sa complainte ? Elle m’est parvenue.

Voilà ce qu’il dit : « Pourquoi quand je sème je ne récolte pas ? Pourquoi quand je récolte je ne peux subvenir à mes besoins, encore moins aux besoins de la famille ? Et pourtant ce n’est pas par défaut de travailler dur. Et bien, Monsieur le Président, ce pauvre paysan, c’est mon frère et c’est un malien comme vous et comme tous les autres élus de ce pays.

Tous n’aspirent qu’à un Mali libre, éduqué et prospère.

Ils me chargent de vous dire que :

« Qu’ils ne sont pas contre une reforme constitutionnelle, mais que leur chère patrie : « Maliba a besoin de bien d’autres choses plus importantes que ça. Que la situation est catastrophique au Nord, parce que leurs frères meurent chaque jour et qu’ils sont pour la plupart des jeunes de 25 à 30 ans, tandis que les généraux dorment sous les climatiseurs.

Que l’intégrité du Mali est remise en cause, parce que l’Armée n’est pas présente au Nord.

Que le Malien a faim, qu’il désespère, qu’il préfère aller mourir à Gibraltar que de mourir au Faso.

Que le Malien végète.

Que les fils et filles de ce pays ne sont pas bien formés, du fait du Laisser-aller dans les structures d’éducation. Et qu’à cause de ça, vous ne devriez pas vous étonner de tomber sur un universitaire, qui serait incapable de vous former une simple phrase : Sujet, verbe, complément.

Que la santé de vos concitoyens est bafouée.

Que les premiers à en payer les conséquences sont vos pauvres. Ils disent bien vos pauvres, parce que ce sont les décisions politiques de vos prédécesseurs et de vous qui les ont rendu comme ça.

Que nous avons perdu nos valeurs ancestrales à cause de vos reformes scolaires jamais interrompues.

Que les fonctionnaires maliens sont médiocrement payés, du fait de la corruption et de l’impunité.

Que la grogne sociale est explosive.

Que face à l’incivisme de certaines structures étatiques, les autorités maliennes acquiescent et cautionnent.

Que si vous ne vous y prenez pas garde que ce vent qui souffle à l’horizon vous emportera.

Ils disent tout simplement qu’ils n’ont pas besoin de changement constitutionnel pour le moment.

Et ils me chargent de vous poser cette ultime question, qui à leur sens devrait être au cœur de votre réflexion :

Que face à tous ces maux, dont souffre le Mali, quelle est le référendum que vous compter organiser, afin que les Maliens puissent sortir de ce bourbier » ?

Sur ce je vous prie, Son « Excellence », Monsieur le Président de la République, de bien vouloir être à l’écoute de vos concitoyens et de recevoir mes salutations les plus respectueuses.

Citoyen du Mali

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