Tous pour UN Mali

2
Salif Ouattara
Salif Ouattara

Le Mali est plongé dans une crise sans précédent depuis maintenant deux années. Celle-ci est partie, s’il est besoin de le rappeler des massacres d’Aguelhok du 17 janvier 2012.

 

En effet, après que des militaires maliens aient été froidement assassinés par les indépendantistes connectés aux narcotrafiquants et aux djihadistes, le peuple malien s’est senti humilier. Ainsi, les proches des victimes notamment leurs mères, femmes et enfants ont manifesté leur amertumes par rapport à la situation (dans la ville-garnison de Kati notamment où seraient établies la plupart des victimes) et surtout ont souhaité que les autres militaires qui étaient restés au front soient mis dans les conditions d’assurer leur mission qui n’est autre que la défense de la patrie. La suite de cette situation explosive est connue : une descente aux enfers du pays avec un putsch contre le Président Amadou Toumani TOURE (ATT), l’occupation des deux tiers du pays par les narco djihadistes, l’entre déchirement sociopolitique mais aussi militaire au sud du pays entre pro et anti-putschistes qui aura atteint son summum par la bastonnade du Chef de l’Etat de la transition, et des mutineries d’abord des militaires arborant le béret rouge contre les bérets vert et ensuite entre les bérets verts eux-mêmes pour ne pas dire entre les deux ex chefs des putschistes.

 

Dans ce contexte chaotique, les autorités de la transition ont réussi tant bien que mal à organiser des élections présidentielles et législatives dont les résultats ont été acceptés par tous. Nous voici alors un pays qui a désormais des autorités légitimes. Les « déçus » de ces résultats se retrouveront bien naturellement dans l’opposition. Quoi de plus normal pour un Etat démocratique que d’avoir une majorité qui gouverne et une opposition qui mène des critiques objectives et surtout constructives ! Tel est-il le cas au Mali ? On peut en douter.

 

Ainsi, cet article a pour objet de mener une réflexion sur cette attitude de ceux qui doivent constituer un contrepoids aux décideurs actuels ; mais au-delà, l’attitude de ceux qui chercheraient actuellement à opposer les maliens.

Depuis l’investiture du Président élu, les opposants essayent de s’assumer ! Tant mieux pour notre naissante démocratie. D’aucuns le font avec virulence tandis que d’autres le font modérément. Cela ne constitue à mon sens, guère de souci. L’essentiel est que cette mission soit accompli pour le bien du Mali et des maliens. Par contre, ce qui dérangerait, ce sont les sujets, les situations, les « problèmes » qui retiennent l’attention des opposants. Faut-il se focaliser sur des problèmes primordiaux ou secondaires ? La réponse est forcément sans appel. Il conviendrait de s’intéresser en priorité au niveau des élèves et des étudiants maliens, à leurs conditions de travail, aux soins qui sont prodigués dans nos établissements de santé, à l’employabilité des jeunes, à la sécurité alimentaire…, non à l’achat d’un avion pour le déplacement des autorités, à la place que le fils ou le beau-père de celui-ci occuperait dans la sphère publique (même si ces deux personnages ne sont pas exempts des critiques dans la mesure où la compétence de notre cher Président de l’Assemblée nationale laisse à désirer). L’opposition serait dans son rôle quand elle fustigera le fait que le médecin malien a du mal en 2014 à déterminer avec netteté le groupe sanguin d’un patient, quand elle dénoncerait avec vigueur le fait qu’il y a encore au Mali des femmes qui meurent en donnant la vie ! Cette même opposition sera dans son rôle quand elle dénoncera le fait que les autorités maliennes ont du mal à résoudre la situation de Kidal ; elle serait toujours dans son rôle en s’offusquant du fait que les années universitaires sont tronqués. Elle sera encore dans son rôle quand elle déplorera le fait que les jeunes sont en manque d’emploi etc…

 

En revanche, l’opposition n’est pas dans son rôle, quand elle cherche à affaiblir le Président élu dans un contexte qui ne s’y prête pas. Elle aurait pu jouer à ce jeu si la patrie n’était pas en péril ; tel n’est pas le cas actuellement. Nous savons tous que le Mali en l’état n’est pas à l’abri de la disparition. Chaque fois qu’une telle menace de péril existe, nous devons pouvoir enterrer la hache de guerre pour sauver la patrie. Une fois la patrie sauvée, les entre-déchirements pourront partir de plus belle. C’est dommage que les leaders de l’opposition, respectables à première vue, n’aient pas compris cela. Le pays n’a pas besoin, dans ces moments difficiles, d’un Président faible ; il nous faudrait un Président porté par son peuple entier afin qu’il puisse faire face aux menaces extérieures qui pèsent sur notre pays. Hélas ! obstiner par les élections prochaines de 2018, ils chercheraient à affaiblir un Président qui est déjà en difficulté dans le but de l’achever avant même que son mandat ne soit remis en jeu ; sauf qu’en agissant de la sorte, ces opposants s’enfoncent eux aussi car il y’a un peuple qui « les tient à l’œil » et dont la sanction risque d’être fatale pour eux.

 

Tout ça pour dire qu’actuellement le Mali a besoin de toutes ses filles et de tous ses fils, unis comme un seul homme pour sortir le pays du complot international qui se trame contre lui. Nul ne doit agir ab irato contre qui que ce soit. Ce n’est pas le moment des querelles de personnes. Ce qui est en jeu est plus important que chacun de nous pris individuellement. Ce qui est en jeu, c’est le Mali ; ce pays qui a permis à nombre d’entre nous de devenir ce que nous sommes aujourd’hui ! Alors nous ne pouvons plus attendre, nous devons ex abrupto laisser nos différences de côté pour faire face à la mère patrie. Nous devons aller presto dans cette mission pour ne pas culpabiliser dans les années à venir.

 

Alors digne fils du Mali, nous devons illico, nous unir dans ces moments difficiles pour notre pays afin de le sortir de l’ornière et nous devons le faire bona fide !

Salif OUATTARA

Doctorant en droit Université de Reims (France)

PARTAGER

2 COMMENTAIRES

  1. Il est bizarre le sieur Ouattara dans son gymnastique. Il s’offusque que l’opposition dĂ©nonce les mauvaises pratiques d’un pouvoir menteur, despotique, irresponsable et inconsĂ©quent au lieu de s’offusquer de la mauvaise condition du peuple, chose que l’opposition fait d’ailleurs en dĂ©nonçant avec vigueur l’irresponsable IBK et son pulain Mara que personne ne veut voir dans le monde tant ils sont dĂ©cevants et irresponsables. Dans le mĂŞme temps, Ouattara ne s’offusque pas que le regime IBK, qui a pourtant la charge des affaires du pays , ait optĂ© pour satisfaire les caprices megalo d’un vieux noceur au lieu de s’intĂ©resser au peuple. C’est le comble de la malhonnĂŞtetĂ© intellectuelle Ă  chez Ouattara qui a très tĂ´t pris les habitudes des vieux intellectuels sous nos tropiques. Pauvre afrique. Je suis sĂ»r qu’il roule pour le RPM d’IBK ou le Yelema de Maramenteur. Nous, nous ne nous unirons jamais autour de meneurs et d’irresponsable, car cela ne servira pas le Mali.

  2. Une manière de voir qui doit ĂŞtre celle de la majoritĂ© des maliens eu Ă©gard aux menaces qui pèsent sur la republique.Les politiques maliens sont sur le point de manquer une occasion de se montrer GRAND en ne se mettant pas au service de l’essentiel :LE MALI

Comments are closed.