Mort de deux humanitaires au mali : les ONG face au péril terroriste

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Mort de deux humanitaires au mali : les ONG face au p̩ril terroristeAvec la mort de deux humanitaires du conseil norv̩gien pour les r̩fugi̩s (NRC), tu̩s dans une explosion de mine sur la route de Gounda РTombouctou le 29 mai dernier, les humanitaires deviennent des proies de plus en plus faciles pour les pr̩dateurs djihadistes.

Les ONG seraient aujourd’hui directement menacées par Al Mourabitoune, le dernier né des groupes terroristes, après avoir consacré deux ans à réparer les dégâts causés par ses sinistres aînés, AQMI, le MUJAO et ANSAR DINE. Engagées dans une campagne de recrutement destinée à renforcer les postes au nord du pays, certaines ONG pourraient faire marche arrière si la menace se confirme.

 

Les ONG ont joué un rôle majeur au nord du Mali, en apportant leur soutien aux populations du nord touchées par la vague terroriste qui a submergé le Mali à partir d’avril 2012. Depuis, la mobilisation des forces de sécurité malienne et internationales avait permis de réduire considérablement la menace terroriste jusqu’à la faire pratiquement disparaître. Mais le sursaut récent des derniers membres de ces groupes armés laisse penser que le combat n’est pas encore tout à fait fini. Toute la population, à l’aide des forces de sécurité, doit se mobiliser aujourd’hui plus que jamais pour anéantir définitivement cette menace. Pour permettre aux ONG de travailler dans la sérénité à l’amélioration des conditions de vie de tous les maliens.

 

La mobilisation des ONG au nord du Mali est intervenue à chaque étape de la crise malienne.

 

On se souvient de celles qui ont dénoncé les crimes et exactions perpétrés par les groupes armés : Amnesty International et Human Rights Watch avaient publié deux rapports à cette fin en juin 2013. Le MUJAO, dont les membres sont aujourd’hui reversés dans Al Mourabitoune, en était est le principal condamné, pour s’être rendu coupable d’exécutions sommaires et d’enlèvements de civils, d’abus sexuels contre femmes et jeunes filles.

 

On se souvient de celles qui avaient apporté une aide d’urgence, dans des domaines extrêmement variés, de la sécurité alimentaire à la santé en passant par l’éducation la formation professionnelle ou les droits de l’homme. Les ONG regroupées dans l’organisation Coordination SUD (Solidarité Urgence Développement) en sont l’un des meilleurs témoignages. Action contre la faim a tenu un blog qui relatait au quotidien l’évolution de la situation, Acted a développé des programmes d’aide alimentaire pour les populations déplacées, en particulier à Gao, Care France et le secours catholique avaient demandé aux différentes parties de faciliter l’accès au nord pour favoriser l’aide d’urgence aux populations. Handicap International avaient exigé que les civils puissent être protégés des combats. Toutes, à leur façon, ont contribué à rassurer la population, à des moments critiques.

 

 

Au moment où le nombre de déplacés avait atteint des sommets, pour dépasser les 60 000 personnes à l’intérieur du Mali, Médecin du monde avait notamment ouvert un poste de santé à Tinzawatène, près de la frontière algérienne, à 300 km au nord-est de Kidal, pour apporter une assistance médicale et nutritionnelle aux centaines de familles arrivées sur le site dans un état de dénuement avancé. Des familles composées surtout de femmes, d’enfants et de personnes âgées.

 

Toutes ces ONG ont fait le choix courageux d’intensifier leurs efforts aujourd’hui en recrutant de nouveaux cadres et de nouveaux volontaires, par le bouche à oreille ou en diffusant des offres d’emploi sur les sites d’information maliens. Nous les humanitaires étrangers, nous les maliens, nous les forces de sécurité, tous ensemble, apportons chacun à notre niveau notre contribution pour empêcher que les terroristes ne reviennent et favoriser la reconstruction du grand Mali.

 

Patrick SCHWARTZ

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