Quel avenir pour le Mali ?

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L’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt, dit on! Le Mali, à la croisée de chemins, ne sait pour le moment quel sera son avenir immédiat. Le lointain, on peut spéculer car de toute vraisemblance, le pays sera débarrassé de tous ceux qui ne militent pas dans le vrai, l’honnête, le licite et le légitime. Quel qu’en soit le prix !

Sidi Coulibaly

Se proclamer d’une chose ne fait pas de l’auteur de cette proclamation ce qu’il prêtent être. Prendre ce qui se passe au Nord du Mali pour LA JURISPRUDENCE islamique me parait très réducteur de ce que l’Islam a pu ou peut donner comme référence à l’humanité. La ‘Shari’a’ serait trop facile à appliquer si elle se résumait aux mises en scènes utilisées au Nord du Mali pour soutenir d’application de la loi islamique. Allah n’a-t-il dit des musulmans qu’ils sont « la meilleure des communautés » ?

L’Islam, une école, des valeurs ?

Les savants musulmans nous apprennent que pour l’application de la ‘shari’a’ des préalables indispensables doivent être posés par les détenteurs du pouvoir. Faire fi de l’environnement et de l’effort qui est exigé des « gouvernants » pour donner un environnement où il fait bon vivre (les besoins essentiels à la vie satisfaits pour tout le monde) pour s’en prendre à de pauvres populations au nom de la religion, c’est très certainement aller à l’encontre des principes édictés par l’Islam. Tous vous diront que l’Islam est une religion de la tolérance même si Allah est ‘dur en châtiment’. L’un des principes de base dans une communauté c’est donner à chaque être humain sa dignité d’homme. Et qu’est ce qui fait de l’homme un vrai homme? Si la réponse peut varier d’un individu à un autre, tous doivent reconnaître que le travail est un trésor qui transcende toute appartenance religieuse et surtout en Islam où le travail bien accompli est élevé au rang de l’adoration d’Allah.  ” Le travail éloigne de nous trois grands maux : l’ennui, le vice et le besoin », dit le philosophe (Candide, Voltaire). En même temps qu’il lui procure les moyens de sa subsistance quotidienne, le travail donne à l’Homme, s’il le faut, une bonne occasion de remercier Allah pour Sa Grâce et Sa Miséricorde. Recruter massivement des jeunes pour faire d’eux de tueurs potentiels dans une cause dont ils ne croient vraiment n’est certainement pas cela qui va permettre à une société de subvenir ces besoins. Un « Etat Islamique » doit-il vivre que de financements extérieurs et de ressources issus d’actes illégaux et immoraux d’enlèvements ? Même si la réponse était affirmative d’un point de vu de leur ‘shari’a’, il apparait évident que cela ne soit pas durable à moins de faire « précipiter » la fin du monde en faisant appel à l’Antéchrist.

Ce préalable de base zéro (excusez du peu d’imagination) est il pris en charge par les ‘défenseurs de la foi’ qui prétendent se battre sur le chemin de dieu? ‘Et quiconque craint Allah, Il Lui donnera une issue favorable, (2) et lui accordera Ses dons par [des moyens] sur lesquels il ne comptait pas », nous dit le Coran (S 65 V.2 à 3). Ces voies sont elles celles qui causent du mal à d’autres hommes, créatures d’Allah? Les radicaux islamistes ont-ils mis en branle les mesures de sensibilisation, d’information et d’éducation des populations aux lois d’inspiration divine? Il est évident qu’un homme à qui l’on coupe le pied, la main est un handicapé dont la société devra s’occuper à vie ; Il est certainement un aigri social et quelqu’un qui va voir en Allah un créateur qui a suscité des ‘monstres’ pour « Sa Gloire ». Les règles des trois témoins oculaires ou de l’aveu ont elles été respectées ? Il y a lieu d’en douter à partir du témoignage de l’un des amputés pour un vol de bétail qu’il nie catégoriquement même si l’on ne devrait pas tirer de conclusion rien qu’à partir de sa seule déclaration. Pourtant ce sont là des principes de base internes au fonctionnement de la ‘shari’a’ islamique (la vraie).

Que croit-t-on résoudre comme problème dans la société islamique avec de tels comportements?

Un sentiment de devoir accompli anime certes ces personnes qui se ‘croient investies’ d’une mission sacrée au mépris de la volonté et du devoir de faire de la société islamique celle où il fait bon vivre. “La communauté du juste milieu” (c’est ainsi que le Coran qualifie la communauté musulmane) ne devra-t-elle pas être celle qui conseille, éduque, oriente avant toute punition? Si Allah se satisfait de tels actes que nous ne qualifierons pas, Sa Religion qu’Il a ‘parfait et autorisé’ serait-elle celle qui ne tiendrait pas compte de la nécessaire évolution que lui même a autorisée, puisse qu’Il a permis à la vie de continuer dans un contexte que Lui même a facilité pour les hommes ? Ce sont là des interrogations d’un musulman novice certainement, mais qui s’interroge sur des comportements d’autres musulmans qui mettent en mal le besoin d’expansion et de compréhension d’une religion que tous se fondent à reconnaître comme celle qui ‘parachève’ le cycle de la révélation divine et de ce fait est la voie à suivre. Le modèle de société que clame l’Islam n’est pas celle où les actes sont spectaculaires. Il faut plutôt de la mesure en toute chose. Si le Prophète de l’Islam avait été sur les extrêmes, il n’aurait pas pu avoir avec lui les hommes sans qui l’Islam n’aurait pas survécu à la mort de son prophète. Il s’agit notamment d’Umar, Aboubakar Siddik entre autres.

Une occasion manquée pour l’Islamisme ?

Les radicaux islamistes sont sans contexte ceux là même qui sont contre un Islam « humainement divine ». Ils ont eu là une occasion rêvée pour montrer que la religion pour laquelle ils croient se battre est humaine et d’inspiration divine. Ils ont plutôt renversé les choses en s’octroyant les pouvoirs et droits qu’ils ne peuvent aucunement assumer. Car comme nous le dit Said Muhammad Al Ashmawi dans son essai de part la nature des choses, seul un prophète comme Mohammad (pbsl), peut et doit être à la tête d’un État qui se réclame de Dieu. « Le gouvernement du Prophète est donc le gouvernement de Dieu, fondé sur les valeurs religieuses et sur les principes moraux, et qui ne dévie jamais du côté des règles du comportement politique. Il ne peut exister que dans la mesure où existe un prophète, et il n’est point de prophète après Muhammad » (Muhammad Saïd Al-Achmawi, « L’islamisme contre l’islam (Introduction) », Égypte/Monde arabe, Première série, Modes d’urbanisation en Égypte, mis en ligne le 08 juillet 2008. URL : http://ema.revues.org/index204.html.). Le Califat d’Umar b. Kattab qui se rapprochait le plus de l’Emirat du Prophète était dirigé par un être exceptionnel. « Le Prophète disait de ‘Umar qui était muhaddath (« celui qui reçoit une parole », c’est-à-dire inspiré, quasiment comme un prophète), que la vérité se trouvait dans son cÅ“ur et sur sa langue, et que s’il y avait eu un prophète après lui, c’eût été ‘Umar : c’est dire à quel point ce fut un être d’exception, une sorte de visionnaire. », nous apprend Al Ashmawi. « Mieux, ‘Umar comprit comment l’islam devait être mis à jour pour suivre le cours des événements et préparer l’avenir, au besoin en allant à l’encontre de règles coraniques : ainsi lorsqu’il abrogea le mariage temporaire, et lorsqu’il supprima les droits à l’aumône des tribus tardivement ralliées à l’islam, quoique ces institutions fussent fondées sur des versets explicites. De même, il sut interdire aux conquérants l’appropriation des terres conquises, contre l’avis de la majorité des croyants, fondé sur le Coran et sur la tradition établie par le Prophète lors du partage des terres conquises dans l’oasis de Khaybar. »

Aucun musulman en principe ne doit avoir peur de la ‘shari’a’. Ce qui fait peur, c’est le radicalisme/intégrisme islamiste qui se nourrit de haine et entretien l’obscurantisme que l’on essaie d’élever en règle de gouvernance, la paresse des musulmans pour apprendre les règles de leur religion leur facilitant les choses.

Malidenw an ka wili ! Allah ne donne rien aux passifs

Il apparaît au Mali à la lumière de cette crise que beaucoup de chosent nous échappent, jusque dans les détails élémentaires du renseignement (nous en avons parlé déjà), et que nous nous sommes assis sur des faux espoirs en pensant qu’Allah ‘habite’ avec chacun de nous et qu’Il ne peut pas ne pas être au courant de nos souffrances et par conséquent nous délivrer. En oubliant qu’Il a dit qu’Il ne viendra à l’aide qu’à ceux qui se débattront pour son aide mais pas ceux qui l’attendent passivement.

Qu’est ce qu’on observe depuis le déclenchement des évènements en janvier et mars 2012 ? C’est le passage au peigne fin de toutes les “stratégies” maliennes qui sont déversées, décortiquées, soumises à l’appréciation du public sur des antennes internationales alors qu’ il aura fallu seulement de la mort dans un accident de la circulation d’un dirigeant envahisseur pour que ‘nous’ sachions que les islamistes radicaux au nord du Mali se concertent et mettent en place des stratégies de combat contre “les mécréants du Sud”. Nous osons seulement souhaiter que cela ne soit vrai que pour le commun des maliens, que notre Gouvernement en sait plus sur ce qui se trame à travers un système « interne » d’information fiable. Si non, il y a fort a craindre que la guerre qui a été ‘déclarée’ après la mort des ‘prêcheurs’ risque bien de “surprendre” encore. Car comme l’a dit un verset du Coran ‘les mécréants  voyaient de leurs propres yeux deux fois plus de troupes plus nombreux qu’eux mêmes! (S3 v13). La psychose aidant, ils peuvent paraitre plus armés qu’ils ne le sont en réalité.

Il est évident que la Communauté internationale, à commencer par la CEDEAO, ne viendra pas de si tôt nous soulager de quelle que manière que cela soit.

Qui pourvoira notre armée en moyens?

Rien qu’a voir la manière dont la requête de moyens faite par le Président par intérim a été accueillie et que l’on a vite fait de mettre dans toutes les presses internationales de manière ridicule et insultante, on se doute bien qu’il va falloir du temps pour l’analyser.  À croire que la CEDEAO est un bureau de poste et/ou les bureaux de la Présidence du Mali un ramassis de personnes inconscientes des enjeux et voulant faire du faire valoir. Et pendant ce temps c’est très officiellement que la CEDEAO nous apprend (le Président de sa Commission) que c’est elle qui a demandé le blocage des armes destinées à l’armée par la très ‘sage conférence des Chefs d’Etat’. La cacophonie des appréciations de la requête à Bamako ne laisse aucun doute sur les difficultés de coordination de l’action nationale. Et quelle confiance peut on et veut on donner aux citoyens qui crie tous les jours ‘AU SECOURS!’ Non seulement ils sont assourdis par leur propre crie, mais pire, il n y a personne pour l’entendre, ce cri, malgré la présence de ceux qui viennent à leur secours malheureusement dans un vacarme que l’ennemi observe avec délectation.

Non, soyons sérieux et disons qu’il faut au Mali se mettre dans la peau d’un État, même faible, qui vit et sait entretenir l’espoir. Autrement, en laissant les autres faire de nous ce qu’ils veulent on est appelé à disparaître comme nation et finalement à ne gérer que des portions de terres que la “mansuétude internationale” consentira à nous laisser. Si c’est l’option, la voie est toute tracée. Mais je doute fort que les Maliens se laissent prendre à cette extrémité. En attendant, l’urgence, c’est de coordonner une action nationale pour libérer le territoire des envahisseurs car Allah ( !) ne vient en aide qu’à ceux qui lui en montrent la voie.

Sidi COULIBALY

Journaliste/chargé de Communication

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1 commentaire

  1. L’avenir ressemble a un trou noir dans le ciel si le peuple ne leve pas pour prendre ses destins en mains face aux multiples problemes crees par la classe politique.

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