Un remaniement fortement politicien, un gouvernement partisan, unijambiste et incohérent.

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Encore de l’incohérence dans ce remaniement du nouveau gouvernement sans fin ! Comment peut-on nommer un ministre de la santé, quelqu’un qui y est étranger, en remplacement de surcroît, de celle pour qui, la santé est son domaine professionnellement, et qui plus est professeur en la matière. Mais, ce qui est davantage bizarre, c’est lorsqu’on la ramène dans le gouvernement, comme ministre d’Etat, donc sans portefeuille. Un ministère, considéré comme celui de récompense, de voie de garage pour les fins de carrière ou les préretraités, parce que ceux qui les occupent sont payés à ne rien faire. Mais, dans le cas d’espèce, il y a un véritable problème de bon sens ! Certes, en Afrique, l’incohérence est la chose la plus partagée par nos gouvernants, mais tout de même, lorsqu’on remercie ou renvoie un ministre du gouvernement, c’est parce que, logiquement, il a dû commettre une faute, soit a dû mal travailler ou, en tout cas, n’a pu donner satisfaction à son poste donc, au président de la République. Dès lors, son retour, immédiatement dans le gouvernement, ne peut s’expliquer de façon rationnelle. Ou alors, quelqu’un a dû commettre une erreur sur la personne et que l’on tente, maladroitement, de réparer.

Le second cas, également d’incohérence, est celui du ministère du renouveau et du service public, qui habituellement, s’intitulait, la Fonction publique.  Un tel département, qui est un grand ministère très important, parce que renfermant la fonction publique et devant opérer une modernisation dans les plus brefs délais afin de résorber le retard important que notre pays accuse dans le domaine du numérique. Un tel ministère, à n’en pas douter, exige forcément, quelqu’un d’une solide expérience avérée, indiscutablement, et  il doit aussi , connaitre parfaitement l’Administration générale et être  doté de solides connaissances en NTIC et du numérique spécifiquement, donc à l’air du temps. En tout cas, jusqu’à plus amplement informé, nous n’avons pas la preuve formelle que, tel est le cas du récipiendaire du poste. Mais, pourquoi un tel choix aussi hasardeux, si réellement, le pari, c’est bien la performance ? Sans aucun, là aussi, c’est le sentiment politicien aveugle et, bien sûr, le vent partisan qui ont, malheureusement, pris encore le dessus sur les critères fondamentaux de compétences, d’expertise et d’intégrité, qui priment en de pareilles situations.

Pourtant, le président Macky Sall, ne devait pas quand même pouvoir déjà oublier, l’important travail d’audit de contrôle du personnel de la Fonction publique, qui a été effectué à l’entame de son magistère et, au terme duquel, des fraudes et magouilles inimaginables, dans l’Administration générale précédente, y ont été décelées, à la satisfaction des Sénégalais intègres.  Ce résultat avait été rendu possible, en grande partie, grâce à un syndicaliste ferré, qui était placé à la tête de ce ministère. Ce dernier, connaissait bien les rouages de l’Administration, les lois du travail et, était rompu aux négociations avec les organisations syndicales. Assurément, ces facteurs décisifs ont beaucoup contribué à la réussi te de l’audit de contrôle du personnel de la Fonction publique, qui a été mené avec un succès sans précédent. Surtout, nous savons tous, que notre Administration générale est au bas de l’échelle et, est complètement décriée par les citoyens, à cause de la profondeur de la corruption, devenue même une gangrène, des fraudes, des faux et usages de faux, etc., en son sein.

Comme le montrent éloquemment, les éléments qui précédent,  l’expertise et la compétence, dans le domaine en charge d’un ministère, sont capitales, pour avoir plus de chances de succès, dans la bonne gestion d’un département donné. L’exemple des ministères tels que, Economie, Finances et plan, avec Amadou Ba ; l’Agriculture, avec Papa Abdoulaye Seck ; l’Enseignement Supérieur, avec Mary Teuw Niane ; la Justice, avec Ismaila  Madior Fall, etc. en sont, au moins, quelques exemples de cohérence. Mais pourquoi, l’on n’a pas procédé ainsi, partout où cela est possible ?  Mystère !

Par voie de conséquence, et en toute logique, un département comme celui du Renouveau et du service public qui exige effectivement et appelle à une modernisation et rationalisation, tout azimut, tant au plan  de la gestion intrinsèque du personnel que celui technique et numérique, afin de débusquer les rescapés tapis encore dans les rouages de l’Administration, doit être sous la direction d’une personne ou équipe, qui en a le profil indiscutable, comme les exemples cités plus haut.

Assurément, la politique obnubile et rend amnésiques certains politiciens, dès qu’ils accèdent au pouvoir. Ainsi, une fois au trône, ils mettent une croix sur toutes leurs promesses qui étaient en faveur des populations et, ne pensent plus, qu’à obtenir un prochain mandat. Le président Macky Sall est bien pris dans ce piège au point d’oublier que, c’est le peuple souverain, seul, qui donne le pouvoir, à qui il veut. A cet effet, nous lui rappelons ce passage fort intéressant, qui figure sur son programme de yoonu yookute à propos de son engagement : « Mettre fin aux injustices sociales »    « Les injustices sociales sont la principale menace sur la cohésion sociale de notre pays. Les émeutes de la faim, la crise énergétique, montrent qu’à tout moment le pays peut s’embraser. Depuis trop longtemps les réponses ont été laissées à la seule charge des familles et des
communautés. L’Etat et ses partenaires ont trop souvent considéré qu’il s’agissait là d’un coût ou d’une dépense inutile alors qu’il s’agit de l’essence même de tout développement : la
protection de ses concitoyens. »
Alors, c’est sans commentaire.

Voilà, nous pensons que le moment est venu à présent, 57 ans d’indépendance suffisent largement, pour une maturité.  Il faut donc arrêter les colmatages et bricolages enfantins qui se font à chaque remaniement du gouvernement. Car, notre pays dispose suffisamment d’hommes et de femmes capables, et répondant aux critères que nous venons de souligner plus haut, pour diriger convenablement notre pays. Par conséquent, il est temps maintenant, d’arrêter et de mettre fin, à cette manière archaïque et infondée de former le gouvernement de la République, sur la base de régions, de religions, d’ethnies, de confréries, de familles, de genres et que sais-je encore, et non, sur celle de compétences et d’intégrité avérées, que les Sénégalais confirmeraient eux-mêmes.

Nous pensons qu’il est bon et encore utile de rappeler à nos concitoyens leur souveraineté, et si besoin en est, de préciser que le président de la République, comme les ministres, les députés et les fonctionnaires, etc., sont tous des serviteurs la République et à ce titre, ils doivent être à son service exclusif et, par delà, à celui du peuple sénégalais tout entier, sans exclusive aucune. A cet effet, notre pays doit, réellement, tendre vers l’objectif si louable et noble, à savoir disposer d’un gouvernement dans lequel la compétence, l’éthique et l’intégrité y seront les maîtres mots et les seuls critères objectifs de choix des membres du gouvernement. A cette fin et pour cette raison majeure, Il nous revient de militer effectivement, à l’envoi des meilleurs d’entre les Sénégalais, dans ce gouvernement, dont la mission sera de conduire à bien notre pays, vers un développement harmonieux, rationnel et équilibré  dans la paix, la démocratie, le respect et l’égalité de tous les citoyens au même pied, la concorde, le partage équitable des richesses nationales, etc., pour le mieux vivre ensemble, sans exclusion, de tous les Sénégalais.

Par ailleurs, à l’attention de ceux qui nous gouvernent. Qu’ils sachent, une bonne fois pour toutes, que la politique politicienne partisane et insensée a atteint maintenant ses limites objectives, dans notre pays. Et que dorénavant, le fait de fermer les yeux et de refuser d’admettre cette réalité crue et incontestable, à savoir qu’un seul parti politique, à lui tout seul, ne pourra plus diriger le Sénégal.  Et tout parti politique ou toute coalition qui penserait le contraire et voudrait passer outre, risquera de fait, de conduire notre pays vers des lendemains sombres et lugubres, autrement dit, d’aller droit dans le mur. Surtout, si toutefois, le président de la République prêtait, en plus, une oreille attentive aux sirènes de ses flagorneurs, aux transhumants de la dernière heure et, à ceux-là qui veulent aussi, à tout prix, participer aux festins du dernier instant. Comme, également, le fulminent et souhaitent ces vermines et opportunistes de tout bord, partisans des thèses de l’enrichissement illicite à tout vent. En somme, de tous ceux, pour qui, la Patrie, le patriotisme et le patrimoine sacré de la nation sont de vains mots, qui ne signifient rien à leurs yeux

Voilà, pour toutes ces raisons et pour d’autres d’ailleurs, les forces vives et patriotiques doivent se mobiliser et cesser d’être à l’avenir, d’éternels indifférents à tout et simples spectateurs, sans voix au chapitre, particulièrement, lorsqu’il s’agit  de tout ce qui touche ou a trait à la gouvernance de notre pays. Soyons vigilants envers nos gouvernants, c’est un devoir impérieux pour tout citoyen digne de ce nom,  nombreux et en masse à militer contre cette tendance de mange-mille, qui prend de l’ampleur, dilapide nos richesses et le patrimoine de notre pays, par l’intermédiaire de nos institutions, qu’ils envahissent, accaparent et prennent en otage, par le biais de la politique politicienne et partisane, au détriment du reste de la nation.

Par consĂ©quent, Les forces vives et patriotiques de notre pays ont l’obligation de s’unir et d’être solidaires dans les actions et objectifs entrepris pour l’intĂ©rĂŞt gĂ©nĂ©ral. Cela dit, il faut que nous disions aussi, halte, Ă  cette forme de « kedkedoo » (partage entre politiciens au pouvoir et leurs suppĂ´ts) dans la formation du gouvernement de la RĂ©publique, comme du reste, dans le fonctionnement de l’AssemblĂ©e nationale et de toutes les institutions de la RĂ©publique. Une telle hypothèse, signifierait ou voudrait dire concrètement de mettre : « l’homme, en gĂ©nĂ©ral, qu’il faut Ă  la place qu’il faut. » Ainsi, « chacun son mĂ©tier et les vaches seront bien gardĂ©es. »

Mandiaye Gaye

Mandiaye15@gmail.com

Dakar le 12/09/2017

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