Révision constitutionnelle: Les gouvernants de notre pays continuent à détourner la démocratie de son véritable rôle

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 Quel citoyen responsable serait partisan d’une révision constitutionnelle qui permettrait la mise en place de nouvelles institutions non adaptables et détachées de la notion de progrès moral de l’égalité, de la liberté, et de l’émancipation; et qui remettent en cause  la cohésion sociale dans notre pays. Des institutions misent en place par des politiques déconnectés de la vie sociale réelle, des institutions qui mettront le citoyen à découvert face à des gouvernants prédateurs. C’est donc tout à fait logique qu’il ait une fronde contre le système de gouvernance en place parce que les citoyens voient bien qu’on le leur a imposé et que ses valeurs et principes n’exprime point l’identité de notre société.

Les maliens doivent continuer à exiger un modèle de démocratie qui prend en compte la requalification des principes qui sous-tendent l’interactivité du citoyen et de l’Etat. Il s’agit de redéfinir un nouveau contrat social au moyen des mécanismes de dialogue franc et permanent avec la population malienne dans le sens d’intégrer ses besoins réels dans les programmes politiques et économiques appropriés et de les exécuter concrètement en faveur de cette même population.

Les gouvernants de notre pays continuent à détourner la démocratie de son véritable rôle qui est de permettre l’expression de la souveraineté de notre peuple et, à travers cela, de la souveraineté de chaque individu en tant que citoyen, qui permet à ceux-ci de décider en commun de leur destin.

Il est juste d’affirmer aujourd’hui que la gouvernance malienne est en crise. Les citoyens se rendent bien compte que les tensions et les conflits persistent. Les institutions sont impuissantes en face de questions dont l’échelle et la complexité les dépassent. Elles n’arrivent même plus à amortir la détérioration prévisible des conditions de vie des populations. Les conflits actuels ont des causes multiples : inégalités économiques, conflits sociaux, sectarismes religieux, disputes territoriales. Dans tous les cas, ils illustrent une profonde crise de la manière dont notre pays est gouverné.

Ces mêmes institutions n’arrivent pas à inverser la tendance généralisée d’une aggravation de ces conflits et d’une détérioration irréversible de notre tissu social. En effet, nos institutions politiques peinent à répondre aux besoins et aspirations de notre peuple. Force est de constater que le système de gouvernance actuel a failli.

Nos gouvernants pensent répondre à ces défis en jetant les bases de nouvelles institutions non adaptables aux différentes échelles de la société.

Notre conviction est qu’il faut transformer le Mali au niveau de ses structures politiques et sociales artificiellement édifiées dans l’intérêt d’une classe politique corrompue et capricieuse. Il faut un changement profond dans les politiques de gouvernance de notre pays pour faire émerger un système politique meilleur, nourri des valeurs et des structures sociales et culturelles maliennes. Encore une fois, nous disons haut et fort que l’avenir de notre pays ne passera certainement pas par les remèdes des Institutions Internationales. Il ne passera sans doute non plus par la copie de modèles de politiques de gouvernance non adaptées.

Nous sommes convaincus que le droit fondamental du Malien sera méconnu et transgressé davantage dès la finalité du processus de cette révision constitutionnelle. Alors, il est de notre responsabilité de réagir et de nous mobiliser, en contribuant à élargir et à mieux articuler nos aspirations. Nous devons intensifier les mobilisations non pas seulement pour critiquer et lutter contre les institutions en place, mais également et surtout pour assumer nos responsabilités citoyennes  en prenant part à l’écriture de notre destin collectif.

Que Dieu bénisse notre nation.

Une contribution de  Cheick Boucadry Traore

 

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2 COMMENTAIRES

  1. Le groupe d’individu à l’origine du désordre au Mali vient de la Libye où il s’était réfugié et avait soutenu le régime. A la chute du régime, il a opté pour le refuge le plus sûr: le pays d’origine(Mali).
    Mais à vouloir plus que ne peut donner le pays, les hostilités sont nées.
    Il se trouve aussi que le territoire concerné est la convoitise de beaucoup de pays à travers le monde.
    L’ordre sera difficile à instaurer entre les intérêts des puissances arabes, européennes et américaines.
    Notre constitution doit être relue pour prendre en compte ce désordre auquel vient se greffer la nostalgie de Kouroukanfouga.
    Laissons le peuple choisir.

  2. Que Dieu Benisse le Mali Il faut le dire
    Le Mali n’est pas a vendre si l’entetement continu le manuel vers la 4 eme republique du Mali est en Edition .
    La loi de la constitution ne doit pas etre interprete a differente maniere .
    L’article 118 est tres clair .La comprehension de cet article est on ne peut plus claire .Le pays est en guerre donc s’abstenir d’une revision de la constitution .Nous demandons le RETRAIT PUR ET SIMPLE .

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