Sélection plutôt qu’une élection

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Les peuples qui ne questionnent pas leur histoire sont condamnés à répéter les mêmes erreurs dit-on.  Pourtant, quoi qu’on dise, l’histoire ne se répète jamais ce sont plutôt les hommes qui la font qui n’arrivent pas à se refaire.

 

Mr CHERIF HAIDARA

Mr CHERIF HAIDARA

Doit-on, dans ce Mali désagrégé institutionnellement, politiquement et socialement demander au peuple, perdu dans ses priorités immédiates, de choisir parmi ses enfants de malheurs, ceux là par qui la calamité s’est installée durablement dans la cité, et ses fils malheureux qui, malgré leur bonne volonté et leur bonne foi, seront jugés par leurs concitoyens à l’aune des premiers qui ont défini la chose politique comme l’œuvre de choix des immoraux et des amoraux. Hélas ! Malheureusement !

 

Après la chute du général Moussa Traoré par un coup d’Etat militaire (il faut le dire), une opportunité s’offrait au Mali de rentrer dans l’air démocratique par la grande porte. Ce peuple venait de dire à la face du monde que tout pouvait être perdu fors l’honneur ressort essentiel d’une nation. Cette révolution du peuple, va échoir dans les mains d’une élite militaro-civile qui va baliser le parcours du Mali dans les labyrinthes du mal. C’était Napoléon, de sa voix de  sagesse qui nous soufflait déjà qu’une révolution, il y a ceux qui la font et il y a ceux qui en profitent. Nous connaissons aujourd’hui mieux qu’hier, les dessous de ce qui s’est tramé contre la revolution du peuple. Les faits sont têtus n’est ce pas ?

 

Le 22 Mars 2012, un autre coup d’Etat va emporter ce qui restait de l’état malien sous le prévaricateur ATT. Une autre opportunité s’ouvre à nouveau devant le Mali, les mêmes effets venants des mêmes causes, l’aubaine ainsi ouverte va étaler la gloutonnerie, l’absence du sens élevé du devoir et le manque d’esprit patriotique de l’homme politique malien. Avions-nous retenu que la précipitation qui nous avait envoyé aux élections en 1992 n’a pas fait du Mali des pseudos démocrates une démocratie ? Avions-nous retenu que l’alternance au sommet de l’état n’a pas signifié alternative dans la gestion des affaires de l’état ? Rappelons que le vote n’a jamais été la quintessence du gouvernement du peuple par le peuple.

 

Le Mali de 2013 est en pire situation que celui de 1992, en fait, le Mali ne s’est jamais trouvé dans cet état de déliquescence depuis des temps immémoriaux. Cela n’est ni le fait du hasard ni le fait d’une malédiction.  Demander au peuple d’aller au vote vaille que vaille quand on sait que : c’est la nature de pouvoir politique, de même que les conséquences réelles ou perçues comme telles de la prise du pouvoir et du maintien de celui-ci, qui est la source majeure de conflit chez nous, c’est préparer des lendemains encore plus troubles que l’actualité nous sert. L’autorité de l’état malien ne s’exerce toujours pas sur toute l’étendue de son territoire et cela bien avant la chute du régime défunt, le déplacement des populations, l’insécurité, la liste électorale de toujours bâclée, bref, la guerre continue dans les massifs des Iforas doivent nous amener à démêler patiemment et méthodiquement le mélange de trahison d’une élite affairiste, de la connexion sulfureuse entre islamisme et trafic de tous genres, de la complicité d’une organisation sous régionale, des voisins mi figue mi raisin et de la résurgence d’une domination à peine voilée de l’ancienne métropole. Le savant, comme l’a dit Sartre, est celui qui pose les questions essentielles. En effet, qui tire les ficelles au Mali ? Qui rend muet les intérimaires du pouvoir malien ? Cet état d’urgence continue est fait pour qui et profite à qui ? La France a-t-elle intervenu au Mali par simple altruisme ? Pourtant, une des voix des plus officielles de cette France, le General De gaulle, disait : La règle de fer des états est de ne rien donner pour rien.  Le grand succès des ennemis de l’Afrique, c’est d’avoir corrompu les africains eux-mêmes dixit Frantz Fanon.

 

Le citoyen moyen est le « censureur » le plus efficace qui existe. Sa propre mentalité est la plus grande barrière entre lui et les faits. Sa classification de la logique et son absolutisme son des obstacles qui l’empêchent de voir en termes d’expériences et voit plutôt en termes de réactions du groupe. Au Mali, il semble pour certains que tout a commencé avec l’acte posé le 22 Mars 2012 par de jeunes officiers grugés par une hiérarchie embourgeoisée, que c’est la junte qui a plongé le pays dans l’abysse, que la démocratie  avait pris ses quartiers sur les bords du Djoliba. Ceux là, délibérément, consciemment ou inconsciemment, feront fleurir le même acabit de leader qui n’honorera ni le Mali ni les maliens. Posons encore des questions : N’y avait il pas de complicité avec les autorités dans le débarquement des avions « air cocaïne » dans le nord du Mali ? Les accords d’Alger étaient au profit de qui et de quoi en réalité ? Pourquoi toutes les prises d’otages ne se dénouaient que sur le sol malien avec toujours les autorités maliennes ? Comment se fait il que cette armée soit si défaillante sans qu’un seul élu ou responsable n’en ait soufflé un traitre mot au peuple qu’elle est sensée défendre ?

 

A quelque chose malheur est bon dit-on. Si il y a du positif dans la chute de ce régime moribond, c’est bien d’avoir étalé au grand jour vingt ans d’arnaque, c’est de permettre aux maliens de dire : plus jamais de leaders fourbes et poltrons, c’est de se poser des questions sur la culture profonde du pouvoir tel qu’incrusté dans nos mentalités.

 

Il a fallu le cri de cœur des maliens d’ici et d’ailleurs afin que certains candidats dénoncent la mise à l’écart de l’armée malienne à Kidal, il a fallu la grogne des uns et des autres pour que la Commission Electorale Nationale Indépendante dise que la date du 31 Juillet est intenable bien que Mr Hollande le président français nous dise qu’il sera intraitable sur l’échéance. Il nous faut aussi demander au peuple de poser à certains hommes politiques des questions violentes. Ou étaient-ils quand le ciel s’assombrissait des lueurs d’espoir ? Qu’admettent-ils de leur responsabilité dans la débâcle nationale ? Que savent-ils des milliards perdus selon le Bureau du Vérificateur Général ? Qu’ont-ils fait depuis vingt ans pour éviter au Mali l’humiliation et le « monnê kissê » de l’écrivain ivoirien de génie Amadou Kourouma ? Enfin, pourquoi veulent-ils toujours servir ce pays où ils se sont continuellement servis depuis si longtemps ?

 

La classe politique africaine ne se renouvelle presque pas. Peut on résoudre un problème avec ceux la mêmes qui l’ont créé ? Si les élections doivent se tenir comme annoncées au Mali, le sélectionné pourra bien sortir du rang de ceux là qui nous doivent tant de réponses par la volonté d’une communauté internationale indélicate et insouciante des vrais enjeux qui guettent ce pays. Tout est comme déjà scellé pour ne pas laisser choir le fauteuil du président à un « inconnu » des tractations secrètes et qui ne garantirait pas les investissements colossaux mis en branle pour « sauver » le Mali depuis Janvier. Un député français ne demandait il pas : A qui remettre les clefs de l’édifice Mali ? Bien sûr qu’il trouvera un de prêt à assouvir sa soif d’argent et « d’honneur ».

 

Le chantage du MNLA, qui, d’ailleurs ne parle que sous dictée de qui de droit et comme dit l’adage bambara : ce que crépite le tambourin vient du tambour, cette force de 12.600 hommes qui dit on vient s’interposer entre ce qu’ils appellent les « populations » du  Nord Mali que nous appelons les régions du nord du Mali car, il y a une nuance de la taille d’un pays (ex : Sud Soudan), et l’armée malienne, cette réconciliation nationale imposée par d’autres que des maliens même en dit long sur ce qui se trame dans la pénombre. Il y a certes nécessité que des maliens débattent de ce qui les lie et des problèmes inhérents à la vie communautaire mais, la tribune doit être construite loin des tumultes du moment et par les concernés eux-mêmes.

 

Le mensonge central au Mali est de faire croire que ce pays a été un exemple démocratique et que ce qui s’y joue actuellement est pour restaurer le gouvernement du peuple par le peuple. Que du captieux ! Que d’affabulations ! L’élite qui s’est sucrée du peuple avec la complicité de leurs bailleurs de fonds internes et externes sont en pole position avec la baraka des mêmes qui nous interdisent d’avoir un autre son de cloche discordant de leurs desiderata. Encore des questions : Pourquoi ces candidats sont ils tous pour des élections en Juillet comme dictée par Paris? Pourquoi ne disent-ils mots de la situation renversante de Kidal ? Pourquoi effectuent-ils tous le pèlerinage chez « Macky Sall » au Sénégal ? Que des questions pour nourrir nos lanternes voyez-vous !

 

« Le caractère du héro c’est de vivre avec la vérité et de s’en faire le serviteur malgré tout jusqu’au bout ». Que des maliens deviennent des héros, il est temps de dénoncer, au nom de la patrie, au nom des générations à venir, au nom de l’amour de la verite les tares de notre société, d’indexer ceux qui ont trahi et qui, contre vents et marées, essayeront de se faire passer pour des candidats candides et de se souvenir que : choisir un homme sur la seule base de son talent, de ses mérites, de son prestige, de sa fortune est une abdication du peuple. L’heure n’est plus dans les palabres de clochers, nous sommes devant notre destin et responsables de la vie de millions de personnes d’aujourd’hui et de demain.

 

Une contribution de Mr. Haïdara Chérif

Haidara01@sbcglobal.net

 

 

 

Une Réaction à » Sélection plutôt qu’une élection

  1. ben khalil

    POUR QUE LE MALI SE RETROUVE ET POUR QUE TOUS CES TAPAGES UNITILES

    CESSENT , LE TEMPS EST VENU POUR LES MALIENS DE DSCENDRE DANS LA RUE,

    PRENDRE L’ASSEMBLEE NLE EN OTAGE TOUT DE MEME POUR TTES LES AUTRES

    INSTITUTIONS AFIN DE VOTER <> COMME VIENT DE NOUS PROUVER LE VAILLANT PEUPLE LYBIEN.

    FORCE EST DE RECONAITRE QU’IL EST TEMPS DE METTRE HORS JEUX TOUS LES

    HOMMES ET FEMMES QUI ONT FLIRTES OU AYANT EU DES ACCOINTANCES AVEC LES

    REGIMES CORROMPUS D’ATT et ALPHA

    Ô PEUPLE DU MALI REVEILLONS NOUS POUR LA PRISE EN MAIN DE NOTRE DESTINEE

    SACHONS QUE NI DIEU NI ANGES NI DEMONS NE FERONT LE MALI A NOTRE PLACE

    ANKA WILLI POUR INSTAURER LA LOI << D'EXCLUSION TOTALE POUR LES

    COLLABOS

    GOD BLESS MALI, AMEN!