Sommet Afrique-France : une chance aussi pour la sécurité

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Sommet Afrique-France : une chance aussi pour la sécurité

Les 13 et 14 janvier 2017 a eu lieu le 27ème Sommet Afrique-France. Outre des bénéfices économiques, quelles retombées peut-on attendre pour le Mali ? La réponse d’un expert indépendant de passage à Bamako : « améliorer la sécurité face aux groupes armés, surtout terroristes ! »

Certains Bamakois privilégiés ont déjà vu les bénéfices économiques du SAF au cours de ces derniers mois. Le financement par des partenaires internationaux (OPEP, Koweït, Banque Islamique de Développement) a permis à l’Etat de terminer (enfin !) les travaux de l’aéroport international de Modibo Keita, le père de la nation. Le quartier ACI 2000 et la plupart des hôtels de luxe de Bamako ont pu rénover leurs infrastructures pour accueillir les présidents du continent et leurs délégations. D’un autre côté, les mesures en faveur de la formation pour les chauffeurs ou pour les entreprises de sécurité, auront profité à plus de 350 maliens et leurs familles. Des projets ambitieux ont été montés et sont en cours de cartographie par la Banque Mondiale dans plusieurs régions. Après le SAF, ils devraient obtenir un financement grâce au MEDEF et à des investisseurs de tout le continent.

Alors que l’attentat du Radisson Blu est encore dans toutes les mémoires, les maliens attendaient surtout une amélioration de la sécurité dans tout le Mali. Alors que cette dernière a été renforcée partout dans Bamako ces derniers mois, une discussion avec un expert indépendant appelé en renfort peut nous éclairer sur les conséquences et les bénéfices du sommet : « L’insécurité grandissante au Mali, en particulier dans les régions de Tombouctou et de Gao, a mis en péril plusieurs droits fondamentaux des maliens. Pourtant, toutes les discussions sur le MOC ont permis à des éléments des groupes armés de voir un début d’avenir pour eux, notamment avec un salaire facile à obtenir et régulier pendant les prochaines années ».

Par ailleurs, des négociations avec des informateurs de la mouvance terroriste ont également été entreprises pour assurer la sécurité du dispositif. Confirmation de notre correspondant : « Cela a permis aux services secrets maliens de reprendre contact avec des sources chez les groupes armés signataires mais aussi au sein d’Ansar Dine et AQMI pendant toute l’année 2016. Bien sûr, il est plus difficile de négocier avec des membres d’Ansar Dine car Iyad Ag Ghali a déjà tous ses réseaux en place à Bamako. Il fait monter la pression dans le centre avec des groupes pour lesquels il a peu d’intérêt réel [ndlr : le groupe de Front du Macina – groupe Peul] afin, espère-t-il, de pouvoir mieux négocier son retour personnel avec Koulouba. Il a renoncé depuis longtemps à l’indépendance de l’Azawad. Quand le gouvernement sera prêt, Iyad fera sauter les jeunes embrigadés dans le centre du Mali pour se réhabiliter ».

Et d’ajouter sur AQMI : « Les vraies avancées des services de sécurité ont eu lieu avec Al Mourabitoune. Même ce qui semble être une insécurité momentanée dans le nord favorise les trahisons entre cadres ! Le MOC, et encore dernièrement l’enlèvement de la française Sophie Pétronin, ont permis d’avoir de nouveaux canaux pour négocier des recrutements de sources. Les services secrets maliens auraient rapportés de vrais succès à l’encontre d’un des groupes terroristes mais personne ne souhaite communiquer autour des opérations en cours, ou qui viennent d’être menées. Ce qui est sûr, c’est que la situation a été propice et que les services secrets ont réussi à la mettre à profit pour recruter des informateurs de haute valeur ».

Si le 27ème SAF a été l’occasion pour François Hollande de dire au revoir à ses collègues africains, il a été peut-être aussi l’occasion pour notre pays de reprendre sa place de plein droit dans la communauté des nations africaines, pour nos entrepreneurs de valoriser leurs projets auprès d’investisseurs internationaux et pour tous les maliens de connaître enfin un espoir de retrouver un peu de sécurité.

Ousman Kouaré

Twitter : @kouare

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1 commentaire

  1. Arrêtez de raconter des âneries. Si le Mali recrute des informateurs, ceux qu’on appelle communément les taupes, chez les Al Mourabitoune et autres Ançar Dine, vous serez certainement la dernière personne à en être informée. D’où tenez-vous toutes ces histoires? Le Mali sait où se trouvent les gens d’Ançar Dine. Ils sont autant dAnçar Dine que de la C.M.A. Ce sont les mêmes personnes. Si tel est que la C.M.A s’est engagé dans une dynamique de paix, l’occasion lui est offerte de communiquer aux forces Maliennes et étrangères, les noms et les positions des djihadistes, notamment leurs caches. Ce serait un gage de leur engagement pour la paix, mais aussi l’occasion de prendre leurs distances avec les fondamentalistes. Ce que vous ignorez, c’est que Iyad contrôle toujours les mouvements djihadistes reclus à Kidal. C’est lui qui commandite les poses de mines et les attaques contre la Minusma et Barkhane. Les capacités de Iyad ne sont pas réduites, ni encore son autorité sur son mouvement. Il est toujours en rapport avec Amadou Kouffa. IL n’y’a aucune brouille entre les deux hommes. Leurs émissaires font la navette régulièrement entre le nord et le sud. Peut-être que l’autre, Amadou Kouffa prend des initiatives personnelles, sans avoir à rendre compte au maudit guide comme aiment l’appeler ses homme ce fils de pute d’Iyad.

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