Yacoub Doucouré lauréat du prix mondial de la meilleure poésie : «Je demande à tout le monde, partout où il se trouve, de défendre notre pays»

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Yacoub Doucouré lauréat du prix mondial de la meilleure poésie : «Je demande à tout le monde, partout où il se trouve, de défendre notre pays»

Le Professeur Yacoub Doucouré a fait une intervention en tant que conférencier, avant de remporter le Prix de la meilleure poésie en arabe devant plus de 700 participants. Il a reçu son diplôme des mains de Jamel Al Qadiri Bouchichi, lors de la cérémonie de clôture de la 10ème  rencontre mondiale des Soufis. Nous avons eu un entretien lui.

10ème rencontre mondiale des Soufis, célébration de Mawlid au Maroc, les activités ont pris fin. Quelles sont vos impressions ?

Yacoud Doucouré : Ce qu’on peut dire, après ces activités, elles représentent quelques  grandes importances. La première est le fait que le Soufisme  traduit ce qu’on souhaite aujourd’hui dans le monde. Je veux dire la recherche de la paix, la fin des guerres sanglantes, les effusions de sang à ne pas finir dans le monde, la fin de la mésentente et des conflits dans le monde. Tout ce que nous voyons dans la religion musulmane, la mauvaise utilisation de la religion musulmane, même dans d’autres religions, la seule chose ou pratique religieuse qui peut mettre un terme à tout cela, c’est le retour au soufisme. Quand je dis le soufisme, je parle du vrai soufisme «Haqiqa». Le soufisme bien tamisé, sans saleté, la recherche de Dieu, ne pas parler de soi-même. Quand vous parlez de vous-même là dedans, ça sera deux. Dieu n’aime pas cela. Dieu est contre la dualité, religieusement parlant. Ce que vous pouvez avoir là dedans, en adorant Dieu, ce qu’il vous donne, c’est ça votre part. En adorant un seul Dieu, sans ajouter autre chose, ce que vous gagneriez dans cela, c’est pour vous. Le contraire n’est pas une bonne chose, faisant l’adoration de Dieu en pensant à vous-même, vos intérêts, la belle vie, le bonheur sur terre, ce n’est pas l’adoration de Dieu. Ce n’est pas le vrai soufisme, parce que le vrai soufisme ne demande pas les bonheurs du monde, les places, les postes et les avantages sur terre. Non, ce n’est pas le vrai soufisme «Haqiqa». Le vrai Soufi ne parle jamais de lui-même, ne demande jamais les grandes fonctions, les bonheurs et avantages du monde. Non, jamais de la vie ! Il parle de Dieu et de Dieu seul, pas plus, pas moins. C’est ce que nous avons vu ici. Tous les intervenants, personne n’a parlé de lui-même ; aucun conférencier, tout le monde dit Dieu, Dieu, et Dieu. Après Dieu, on nous parle du Prophète Mohammad (PSL), cela pour nous permettre d’avoir accès à Dieu. On ne peut rien sans le Prophète (PSL), c’est pour cela aussi que les Shyahk entrent dans la danse, parce qu’ils nous conduisent vers le Prophète (PSL) et vers Dieu. C’est ça leur rôle. Mais actuellement, ceux qui appellent les gens vers eux-mêmes, en tant que Shaykh, c’est ce qui a tout gâté. Le vrai Soufisme est fait pour Dieu seulement ; ce qu’on appelle Ahadia, koulhou Allahou, et on dit Lahilahalila, nuit et jour. Ça veut dire que tout ce qu’on fait dans le Soufisme, est dédié à Dieu. C’est ça la voie du Prophète (PSL) lui-même. Il y a des milliers de hadiths et témoignages qui illustrent cela. Juste vous dire que nous avons vu le Soufisme tamisé, propre et clair.

On peut dire que tout parfait ici ; le Soufisme propre est ici ?
Oui, nous l’avons vu et vécu. Mais chaque œuvre humaine est imparfaite, nous sommes des humains. Dieu même a fait le monde ainsi, rien sur cette terre n’est parfait à 100%. Ce sont les paroles du Prophète (PSL) aussi. L’être humain fait beaucoup d’erreurs, il est fait comme ça. Les erreurs sont pareilles chez nous tous, nous commettons des erreurs comme vous, les adeptes, disciples, les Shaykh font des erreurs comme ces disciples. Seul Dieu est parfait. Pourquoi nous faisons des erreurs, c’est pour montrer que nous sommes des esclaves de Dieu ; nous sommes sales ; nous commettons des péchés à longueur de journée. Seul  Dieu est propre, il est vérité, il est le Tout-Puissant, Lahilahila. Après Dieu, nous venons au Prophète (PSL). Sur le plan de la religion, il ne se trompe pas, mais quand on sort du cadre de la religion, pour parler d’autres choses, il y a des choses à dire. Mais il n’est pas comparable à nous autres.
Qu’est-ce que vous recommandez après les activités ?

L’entente, la paix et l’amour que nous avons vu sur place, ici. Si on parvient à faire ça, chez nous au Mali, et même partout dans le monde, le thème central, c’était le juste milieu. Le juste milieu veut dire être au milieu, c’est-à-dire de ne pas aller vers les radicaux ; il ne faut pas non plus suivre ceux  qui négligent trop la religion ; il faut rester au milieu. Ne pas aller du côté des radicaux, ne pas ajouter aussi ce qui n’est pas l’islam, c’est ce qui s’appelle «Wassakiya». On a vu ça aussi avec le Prophète. Je souhaite que nous parvenions à faire la même chose chez nous. Voir toute chose en bien, en beau. Voir la beauté de Dieu sur les choses. Il y a des choses que nous voyons, qu’on croit être vilaines, ce n’est pas vrai. Ce qu’on qualifie de vilain, c’est une beauté chez Dieu. La  vilenie a un sens chez Dieu, que nous ignorons ici-bas.  En résumé, on peut dire que la justesse, la beauté et le juste milieu ont dominé nos débats. Ce sont ces choses qui manquent à l’islam chez nous. C’est pourquoi les choses ne sont pas faciles.

Vous avez été premier en poésie arabe basée sur les concepts du Soufisme, dans la catégorie des grands chercheurs (700 chercheurs venus du monde). C’est un honneur ?

Je suis content pour le prix, mais ce n’est pas mon prix, c’est le prix du Mali. Parce qu’on a dit que c’est un chercheur qui est venu du Mali. Si on a eu ce prix mondial, qu’on appelle Alamou, ce n’est pas le prix d’un seul pays, mais du monde entier. Si cela a été donné au nom du Mali, c’est un honneur et une fierté pour mon pays, le Mali. Ma poésie a été primée devant les grands Shaykh, chercheurs, docteurs et autres imams du monde, et dire que c’est le travail d’un Malien ! Je demande à tout le monde, partout où il se trouve, de défendre notre pays. Qu’on défende l’islam partout ! Je vous remercie.

Kassim TRAORE

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1 commentaire

  1. TRES BIEN !! CA ÉVOLUE DANS LE BON SENS : LE PÉLERINAGE NE VA PLUS SE FAIRE Á LA MECQUE , MAIS UN PEU PLUS AU SUD , AU MAROC, EN AFRIQUE ….!!!

    J’ ESPERE, AU FINAL, SOUS PEU DE TEMPS, LE PÉLERINAGE SE FERA ENCORE PLUS AU SUD : DANS LES FALAISES DE BADIANGARA OU ENCORE DANS LA CITÉ DES BALANZA Á SÉGOUKORO, ET QUE LA PRÉSENCE DE TOUS LES ” DJÓ “, TOUS LES ” BOLI ” , TOUS LES ” KOROTÉ ” ET TOUS LES ” KOMO ” DU MANDÉN Y SERONT PRÉSENTS ET ADORÉS PAR TOUT LE MONDE ..!!

    VIVE L’ AUTHENTICITÉ AFRICAINE !! 😀 😀 😀
    MORT AU LARBINISME SPIRITUEL, ÉCONOMIQUE !!! 👿 👿 👿

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